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Juil/17
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Le mot du jour : wrap, roulé ou sandwich roulé

Textes et recherches de Jacques Lanciault

Je consigne ici le fruit de recherches sur le sens, l’étymologie, l’écriture ou encore la prononciation de certains mots ou expressions sur lesquels je bute, ou qui tout simplement suscitent ma curiosité au fil de mes lectures...

Roulé ou sandwich roulé... et non wrap

Dimanche 2 juillet 2017

Source de la recherche
La phrase suivante tirée d’un de mes textes (corrigée depuis) :

« Vers 16 heures, les agents de bord prennent les commandes pour le repas. Nous nous laissons tenter. Céline commande un wrap au poulet… »

Définition
Le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française (OQLF) considère ceci : « Bien que le terme wrap soit attesté en français depuis la fin des années 1990, qu’il soit implanté et accepté en langue courante, il ne s’inscrit pas sans réserve dans la norme sociolinguistique du français au Québec. En effet, il est linguistiquement non intégrable et de ce fait, perçu négativement par certains.

L’OQLF recommande l’utilisation de roulé ou de sandwich roulé au lieu de wrap pour désigner un “Sandwich composé le plus souvent d’une tortilla enroulée autour d’aliments chauds ou froids.”  

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Juil/17
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Le mot du jour : quenotte

Textes et recherches de Jacques Lanciault

Je consigne ici le fruit de recherches sur le sens, l’étymologie, l’écriture ou encore la prononciation de certains mots ou expressions sur lesquels je bute, ou qui tout simplement suscitent ma curiosité au fil de mes lectures...

Notre petit Chloé.

Samedi 1er juillet 2017

Source de la recherche
La phrase suivante tirée de la page 272 du roman « L’instant présent » de Guillaume Musso :

« Ses deux premières quenottes qui le faisaient ressembler à Bugs Bunny, ses petits pas hésitants… »

Définition
Le dictionnaire du correcteur électronique Antidote définit le nom féminin quenotte comme suit : « Petite dent d’enfant ».

Le dictionnaire de français « Larousse » propose, quant à lui, la définition suivante : « Dent, dans le langage enfantin ».

Photo ci-dessus : Notre petite Chloé… et ses jolies quenottes.

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Juin/17
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Quand les dictionnaires ouvrent leurs pages à l’anglais

Revue de presse

Sylvio Leblanc, Montréal, La Presse Plus, le 11 juin 2017

Chaque année, à pareille période, les grands dictionnaires français lancent leur tout dernier cru lexicographique. Pour nous appâter, ils misent sur les mots nouveaux, en particulier ceux d’origine anglophone (vu que c’est in), tels, cette année, « e-sport », « gameur », « hacktivisme », « liker », « playlist », « showcase » et « storytelling ». On nous réserve probablement « helper » (bénévole), si cher au président français Emmanuel Macron, pour l’année prochaine.

Il faut réécouter la chanson du clairvoyant Léo Ferré, La langue française, sortie en 1960, pour se rendre compte que l’attachement immodéré de nombreux locuteurs européens de langue française pour l’anglais ne date pas d’hier. Toutes les occasions sont bonnes pour émailler les propos de ces derniers d’expressions ou de mots anglais qui font le tour de la ville, bientôt repris et relancés par les médias traditionnels et sociaux, jusqu’à ce que les grands dictionnaires les décrètent « consacrés par l’usage ». Je voudrais leur dire ceci : « Cessez d’être subjugués par le chant des sirènes anglo-saxonnes. Résistez plutôt au bulldozer culturel conduit aujourd’hui par Donald Trump et Theresa May. »

Cette déplorable mode du tout-à-l’anglais, qui contamine toutes les sphères de la société, ne fait qu’appauvrir la langue française.

À l’inverse, c’est enrichir la langue française que de nommer les nouvelles réalités et choses dans des mots qui lui font écho (et c’est aussi faire preuve d’inventivité). Ainsi « courriel », « égoportrait » et « cyberactivisme » sont-ils apparentés à des mots qui nous sont familiers, alors que « e-mail », « selfie » et « hacktivisme » sont pour ainsi dire orphelins. Voici ce que pense l’Office québécois de la langue française de ce dernier terme : « L’emprunt intégral adapté "hacktivisme" ne s’inscrit pas dans la norme sociolinguistique du français au Québec. De plus, il ne s’intègre pas au système linguistique du français sur les plans morphologique et sémantique. » Comment ne pas être d’accord ?

Plus on attend avant de suggérer un équivalent sonnant français, plus on risque l’adoption définitive de l’original indésirable. Et si en sus ce dernier est sanctionné par un dictionnaire, la côte n’en est que plus dure à remonter. Cependant, si un équivalent n’est pas adopté rapidement par ceux censés l’utiliser, il faut avoir le courage de s’en débarrasser. Ainsi, « gaminet », un mot ridicule mort-né que personne n’ose dire au Québec de peur de faire rire de lui (« tee-shirt » semble avoir remporté la mise).

Pour protéger l’islandais, une très vieille langue, les nouveaux mots créés dans le monde sont systématiquement traduits.

Une espèce d’office de la langue islandaise supervise le tout. Par exemple, le mot « téléphone », qui a pourtant été largement adapté dans le monde, n’a pas trouvé grâce aux yeux des Islandais et a été traduit par « síminn », un vieux mot sorti des oubliettes pour l’occasion. Les Vikings de la langue sont peu nombreux, environ 338 000, mais ils nous montrent la voie à suivre.

UNE ENTITÉ POUR PROTÉGER LE FRANÇAIS
Cette idée n’est pas nouvelle, mais je la réitère : il faudrait créer une entité qui veillerait à la protection du français dans le monde, à son enrichissement et, pourquoi pas, à son rajeunissement (si on pouvait réussir à faire disparaître ses irritants, le français serait peut-être moins difficile à maîtriser). Une espèce d’Académie française internationale, alerte et moderne, constituée des meilleurs professionnels qui soient, qui interpellerait tous les locuteurs de langue française de par le monde et qui gagnerait leur respect et leur confiance. Une Académie qui pourrait même éditer son propre dictionnaire ou influencer les dictionnaires existants.

Pour finir, quelle est cette idée saugrenue de vendre un dictionnaire « 2018 » plus de six mois avant l’arrivée de ladite année (cela fait penser aux vendeurs d’autos) ? Si les éditeurs attendaient décembre, les omissions seraient forcément moins fréquentes, comme celle relevée dans Le Petit Larousse illustré 2005, qui n’indique pas, page 754, dans le tableau des Jeux olympiques d’été, ceux d’Athènes, qui se sont pourtant déroulés en août 2004.

En outre, est-il vraiment nécessaire de lancer chaque année sur le marché un nouveau dictionnaire papier ? Ne vaudrait-il pas mieux laisser les mots nouveaux mûrir et subir l’épreuve du temps ? Ce qui me fait dire aux intéressés : ne tombez pas annuellement dans le panneau du dico nouveau, dépensez plutôt votre pécule sur deux bouquins d’un auteur peu connu, qui gagnerait à l’être. Un nouveau dictionnaire tous les cinq ou dix ans devrait être amplement suffisant. La grande Marguerite Yourcenar n’a-t-elle pas écrit ses chefs-d’œuvre avec un dictionnaire datant de 1927 ? Prenons-en de la graine !
 
Revue de presse publiée par Jacques Lanciault.

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Juin/17
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Le mot du jour : marronnier (un sujet marronnier)

Textes et recherches de Jacques Lanciault

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Mercredi 7 juin 2017

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Les paragraphes suivants d’un texte de Stéphane Baillargeon publié dans le quotidien Le Devoir du 3 juin 2017 :

« “Nous obéissons à la logique ancienne, celle du papier”, reconnaît Marie-Hélène Drivaud, directrice éditoriale au dictionnaire Le Robert, rejointe à Paris. “Nous imprimons pour une année et l’édition est l’occasion pour nous d’ajouter des mots. C’est aussi un sujet marronnier, qui revient régulièrement. À la rentrée scolaire, autrefois, les enfants avaient leurs nouveaux cahiers, leurs nouveaux livres de classe et on parlait aussi des nouveaux mots à ce moment-là. Ce rythme annuel a été conservé”. »

Définition
Le dictionnaire du correcteur électronique Antidote définit, au sens figuré, le nom marronnier comme suit :

« Dans la presse, article saisonnier sur un événement qui se renouvelle chaque année (retour du beau temps, rentrée des classes, etc.).

Tout sujet rebattu qui reparaît régulièrement dans les médias. Exemple : C’est devenu un véritable marronnier ! »

Photo ci-dessus : L'arbre, le marronnier… au sens propre!

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Juin/17
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La cuvée 2018 du beaujolais lexicographique laisse encore un arrière-goût

Revue de presse

Stéphane Baillargeon, Le Devoir, le 3 juin 2017

Le dictionnaire Robert illustré donne maintenant le droit d’utiliser le terme post-vérité, pour décrire notre ère « dans laquelle les discours pédagogiques ont plus d’influence que les faits objectifs ». Le nouveau mot dérive de l’anglais post-truth désigné mot de l’année en 2016 par le dictionnaire Oxford.
 
Le président Trump incarne à la perfection cette propagande originale, comme l’a à nouveau montré son discours de jeudi annonçant le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat. Le New York Times a encore dû épuiser une armée de vérificateurs de faits pour démonter les prétentions post-véridiques du président, fondées sur « des données douteuses et des recherches tordues ».
 

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Juin/17
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Aurel Ramat, la correction faite homme

Créateur d’une bible de la typographie, l’apôtre de la langue est mort à 90 ans

Revue de presse

Jean-François Nadeau, Le Devoir, le 1er juin 2017

Rares sont les livres québécois qui n’ont pas profité par la bande de son savoir. Pourtant presque personne dans le grand public ne connaît Aurel Ramat, père d’une grammaire typographique célèbre. Il est mort le 20 mai, à l’âge de 90 ans.

Faute de règles fixées par un institut de normalisation comme il s’en trouvait dans d’autres pays, c’est l’ouvrage personnel de ce typographe qui a été adopté largement depuis plus de 30 ans pour fixer les usages typographiques au Québec.

Depuis 1982, date de la première édition de son livre, le nom de Ramat résonne de façon unique dans le monde de l’édition. On dit « passe-moi le Ramat » comme on dit passe-moi le Robert ou le Grevisse. Le Ramat de la typographie s’est vendu depuis à des centaines de milliers d’exemplaires. Il a été mis à jour à l’occasion d’une dizaine de rééditions.

Photo ci-dessus : Personnellement, j'utilise le le "Ramat de la typographie" depuis la fin des années 1990.

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Mai/17
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Le mot du jour : parigot

Textes et recherches de Jacques Lanciault

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Mardi 16 mai 2017

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Le paragraphe suivant d’un texte d’Odile Tremblay publié dans le quotidien Le Devoir du 13 mai 2017 :

« Le noir et blanc parigot colle à sa mémoire, lui qui aimait pourtant la couleur et se montrait fasciné par l’architecture des banlieues. Ça prenait la petite-fille de Robert Doisneau pour livrer un portrait hors clichés, pour ainsi dire, du grand homme de photographie. À travers Doisneau, le révolté du merveilleux, Clémentine Deroudille montre les faces cachées du photographe du Baiser de l’hôtel de ville et des enfants en culottes courtes. »

Définition
Le dictionnaire du correcteur électronique Antidote définit l’adjectif parigot comme suit : « Parisien. Exemples : Manières parigotes. Accent parigot. »

Photo ci-dessus : La photo culte, le Baiser de l’hôtel de ville, de Robert Doisneau.

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Mai/17
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Le mot du jour : cis et cisgenre

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Lundi 15 mai 2017

Source de la recherche
Les paragraphes suivants d’un texte de Martine Delvaux publié dans le quotidien Le Devoir du 11 mai 2017 :

« Le 4 mai dernier, un projet de loi a été adopté, de justesse, par les républicains de la Chambre des représentants, un projet de loi visant à réformer Obamacare. Certes, le projet de loi doit maintenant être adopté par le Sénat. Néanmoins, les modifications apportées à l’Affordable Care Act ont de quoi faire trembler les femmes.

Si Barack Obama était parvenu, dans un régime de santé malgré tout inadéquat, à faire adopter l’interdiction pour des assureurs de refuser d’assurer des gens pour cause de maladie préexistante, Trumpcare non seulement refuse de subventionner le Planned Parenthood (dont on sait combien il est important non seulement pour la santé des femmes, mais pour celle de la communauté LGBTQI +) mais donne aux États la liberté de décider si un assureur peut ou non discriminer en fonction des dossiers médicaux et de maladies préexistantes.

Et parmi celles-ci : avoir subi une agression sexuelle, de la violence conjugale, une césarienne, une dépression post-partum… Comme l’écrit Christina Cauterucci dans Slate : sous Trump, être une femme (cis ou trans, hétéro ou queer) est une maladie préexistante qui coûte trop cher aux compagnies d’assurances. »

Définition
Le dictionnaire du correcteur électronique Antidote ne définit pas le mot cis. Il faut donc encore une fois se tourner vers l’encyclopédie libre Wikipédia.

Celle-ci précise ce qui suit : « Dans les Gender studies et les études sur le transgénérisme, ou pour certains militants LGBT, cis est une abréviation de cisgenre »… qui signifie :

« Dans les études de genre, cisgenre décrit un type d’identité de genre où le genre ressenti d’une personne correspond au genre qui lui a été assigné à la naissance.

Le mot est construit par opposition à celui de transgenre, pour une personne qui remet en question le genre qui lui a été assigné.

De même, dans le domaine corporel, cissexuel est l’opposé de transsexuel. »

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Mai/17
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La force de l’anglicisme

Revue de presse

Claude Vaillancourt, Le Devoir, 5 mai 2017

Photo ci-dessus : Jacques Nadeau Le Devoir

Quand tous les emprunts au vocabulaire proviennent d’une seule et unique langue, l’anglais, qui s’infiltre un peu partout, sans véritable réciprocité, il faut se poser des questions.

Les langues se nourrissent tout naturellement les unes et les autres par des emprunts constants. Les mots qui viennent d’ailleurs sont à la fois un enrichissement et l’expression du dynamisme du langage. Cependant, quand tous les emprunts proviennent d’une seule et unique langue, l’anglais, qui s’infiltre un peu partout, sans véritable réciprocité, il faut se poser des questions.

Photo ci-dessus : Jacques Nadeau Le Devoir

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Le mot du jour : oustachi et Oustachis

Textes et recherches de Jacques Lanciault

Je consigne ici le fruit de recherches sur le sens, l’étymologie, l’écriture ou encore la prononciation de certains mots ou expressions sur lesquels je bute, ou qui tout simplement suscitent ma curiosité au fil de mes lectures...

Drapeau croate, Nin, Dalmatie du Nord, Croatie.

Vendredi 28 avril 2017

Source de la recherche
Le paragraphe suivant d’un texte de l’Agence France-Presse publié dans le quotidien Le Devoir du 24 avril 2017 :

« Situé à une centaine de kilomètres au sud-est de Zagreb, le camp avait été mis en place en 1941 par le régime oustachi pronazi qui a exterminé des centaines de milliers de Roms, de Serbes, de juifs et des Croates antifascistes. Environ 75 % des quelque 40 000 juifs de Croatie ont été tués. »

« Comme l’année précédente, des représentants des victimes avaient annoncé qu’ils boycotteraient la cérémonie officielle pour reprocher aux autorités leur mansuétude face à un regain de l’idéologie des Oustachis dans le pays. »

Définition
L’encyclopédie libre Wikipédia définit Oustachis ainsi :

« Les Oustachis, c’est-à-dire les insurgés, étaient un mouvement séparatiste croate, antisémite et fasciste et anti-yougoslave. Le mouvement lui-même était appelé Oustacha (Ustaša), le nom d’oustachis étant donné, de manière générique, à l’ensemble de ses membres.

Après des années de clandestinité, les oustachis prirent le pouvoir en Croatie en 1941 avec le soutien de l’Allemagne et de l’Italie, après l’invasion et le démembrement de la Yougoslavie : ils instaurèrent l’État indépendant de Croatie, une dictature particulièrement arbitraire et meurtrière, qui se signala par de nombreux massacres des populations serbes, tziganes et juives de Croatie et de Bosnie-Herzégovine.

Photo ci-dessus : Le drapeau croate, dont les couleurs du blason croate traditionnel ont été inversées afin de ne pas reprendre les symboles de l'État indépendant de Croatie qui exista de 1941 à 1945. (Photo : Jacques Lanciault, 20111)

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