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Déc/11
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Une ville-musée : Trogir

Texte et photos de Céline et Jacques Lanciault

Voici le 11e d'une série de reportages relatifs à une longue balade en Croatie, à laquelle se sont greffées de trop courtes incursions en Bosnie-Herzégovine et au Monténégro, le tout réalisé à l’automne 2011.

Trogir vue du haut du campanile de la Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Šibenik, Trogir, Split, Dalmatie centrale, Croatie, samedi 8 octobre 2011 – En matinée, Šibenik nous a éblouis! En après-midi, ce sera au tour de Trogir de nous émouvoir grâce à ses magnifiques petites ruelles et surtout à sa place Jean-Paul II, la plus importante trg de la ville (1). C’est à cet endroit d’ailleurs que se retrouvent les plus beaux bâtiments historiques de la cité, dont la magnifique cathédrale Saint-Laurent, où nous grimperons le campanile pour graver en nos mémoires, tout comme sur les cartes électroniques de nos appareils photo, des images inoubliables de cette cité!

(1) : Trg est un mot croate signifiant place.

Photo ci-dessus : Du sommet du campanile de la cathédrale Saint-Laurent à Trogir, la vue sur la ville et la mer est imprenable!

Pour agrandir les photos, il suffit de cliquer sur celles-ci.

Au terme de notre très intéressante visite de la ville de Šibenik et après notre pause-dîner tout italienne, nous reprenons la route, toujours vers le sud, cette fois-ci en direction de Trogir.

« Une véritable ville-musée », nous assure notre guide locale Ivana. « Un petit îlot où l’on retrouve quelque 200 maisons datant de l’époque médiévale », précise-t-elle. D’ailleurs, la ville historique de Trogir est inscrite à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997.

Un peu après 14 heures, soit après un trajet d’une trentaine de kilomètres, nous y allons d’un arrêt photo au bord de la route, sur un petit plateau surplombant la mer. Tout en bas, au cœur le l’Adriatique, il y a une petite île rattachée au continent par un pont. C’est l’île de Primošten. Le point de vue est exceptionnel!

Île de Primošten, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Ouf, mais qu’elle est belle l’île de Primošten!

Île de Primošten, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Vogue, vogue mon petit voilier!

Avant de regrimper dans le car, on nous sert un verre de grappa! Nous nous demandons, Céline et moi, si nous allons un jour nous habituer à cette boisson de feu.

Un petit arrêt grappa Primošten, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Notre accompagnatrice de Voyages Lambert, notre chauffeur et notre guide locale… nous sommes choyés!

Nous poursuivons notre route en longeant la mer. « Il y a 85 marinas dans cette région », nous annonce notre guide. Nous en voyons de magnifiques.

Dans les champs, des deux côtés de la route, nous apercevons des oliviers et des vignes qui sont cultivés en terrasse. Comme nous avons vu dans les environs de l’île de Pag, les cultures sont entourées de murets de pierres.

Près du rivage, nous pouvons voir de longues zones où les Croates procèdent à l’élevage de moules. On dirait des cocons. « On élève également des huitres », complète Ivana.

Dans la région, il y a beaucoup d’arbres fruitiers. « À cette période de l’année, nous sommes au début de la saison des mandarines », précise notre charmante guide.

Au loin, Ivana attire notre attention sur une montagne. « La ville toute blanche que vous voyez sur le flanc de la montagne, c’est Split ». C’est notre destination finale pour aujourd’hui. Mais, pour l’heure, nous arrivons à Trogir.

Trogir… est ses charmantes petites ruelles
Il est 15 h. À notre descente du car, le mercure indique 21 degrés Celsius.

Trogir est une île accessible par deux ponts. L'un d’eux la relie au continent, tandis que l’autre la rattache à la petite île de Čiovo.

Trogir compte 13 000 habitants… durant l’hiver, alors que sa population double en été.

Selon la légende, les Grecs, au IIIe siècle av. J.-C., auraient constaté la présence d’une multitude de chèvres en accostant sur l’île. Ils auraient alors nommé la ville Trogir, ce qui en grec signifie chèvre.

Nous amorçons une promenade dans la ville par la porte nord, dite la « Porte de la Terre-Ferme, elle qui date du XVe siècle. Nous pouvons pénétrer dans Trogir par deux portes datant du Moyen-Âge, celle-ci et la porte sud que nous franchirons en fin de visite.

 Porte de la Terre-Ferme, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Porte de la Terre-Ferme à Trogir.

La porte de la Terre-Ferme est dominée par une statue de Jean-le-Bienheureux. Ce dernier, né à Rome en 1032, était évêque dans la ville éternelle lorsque le pape l’a envoyé en mission ici à Trogir.

Jean-le-Bienheureux, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Jean-le-Bienheureux a été béatifié par l’Église catholique, mais il n’a jamais été canonisé.

Campanile de la Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : De la porte de la Terre-Ferme, nous pouvons apercevoir ce magnifique campanile, celui de la Cathédrale Saint-Laurent.

Nous entrons dans la vieille ville. Notre guide attire notre attention sur un immeuble abritant les archives de la cité, sa bibliothèque contient 4 500 ouvrages importants.

Nous empruntons un lacis de petites ruelles pour nous rendre à la place principale, la place Jean-Paul II.

Ivana en profite pour nous mentionner que l’État croate verse au Vatican une partie des impôts payés par la population!

Petite ruelle de Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Très jolies les petites ruelles de Trogir.

La cathédrale Saint-Laurent
Nous arrivons sur la place principale de la ville médiévale de Trogir, là où se trouve, entre autres, la cathédrale Saint-Laurent, elle dont la construction a été entreprise au XIIIe siècle et terminée deux siècles plus tard. L’église possède un campanile haut de 47 mètres, composé de trois étages… tous les trois de style différent!

Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : La cathédrale Saint-Laurent de Trogir.

Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Une statue de Saint-Laurent que l’on reconnaît à la grille qu’il tient de sa main droite, les statues de martyrs affichant généralement l’objet représentant le supplice qui leur a été imposé. Rappelons que Saint-Laurent est mort sur un gril, en 258 à Rome.

Campanile de la cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Le campanile de la cathédrale Saint-Laurent où nous grimperons au sommet pour admirer la ville et ses environs.

Nous contournons l’église pour arriver devant la porte principale, là où il y a un portail superbement sculpté.

Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Deux lions supportent des statues d’Adam et Ève, un peu comme nous avons vu à la cathédrale Saint-Jacques de Šibenik.

Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Le tympan de la cathédrale Saint-Laurent est l’œuvre de l’artiste-sculpteur croate du XVe siècle, Radovan. Ce dernier a créé son chef-d’œuvre en 1420! Le tympan vient tout juste d’être admirablement restauré.

Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photos ci-dessus : Sur les deux colonnes entourant le portail nous pouvons voir des effigies des apôtres, des créatures fantastiques et des scènes de la vie quotidienne de gens de l’époque.

Nous entrons dans la cathédrale où, surprises, nous pouvons prendre des photos.

« C’est une église où il n’y a pas de vitraux, nous précise notre guide, les vitraux étant rares en Croatie. »

Il y a des stalles en bois de noyer dans le chœur qui datent du XVe siècle, un grand crucifix en bois et des statues sculptées des quatre évangélistes. La chaire ouvragée est superbe avec ses colonnes ciselées.

Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Un crucifix en bois.

Dans une des absides, il y a une petite chapelle dédiée à Jean-le-Bienheureux. Elle date de la Renaissance, mais a été rénovée en 2002. La rénovation s’est d’ailleurs mérité un important prix international.

La chapelle se compose de trois parties représentant : le monde sous terrain, la vie sur terre avec les apôtres et finalement le ciel! Il y a des fenêtres rondes tout autour de la chapelle. Au-dessus de l’autel, il y a un gisant, c’est celui de Jean-le-Bienheureux coiffé de sa mitre d’évêque.

Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Le gisant de Jean-le-Bienheureux.

Nous entrons dans une petite salle où sont exposés des livres anciens et des objets précieux.

Puis, nous accédons au baptistère, une pièce rectangulaire datant du XVe siècle. Les murs sont sculptés d’angelots et de fruits arborant des feuilles en mouvement, œuvres d’Andrija Aleši.

Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Coquins, les petits angelots.

Il y a aussi une représentation de Saint-Jérôme dans une grotte avec un lion.

Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Saint-Jérôme dans une grotte avec un lion.

Nous sortons de la cathédrale 15 h 45, où dans quelques instants, soit à 16 heures une cérémonie de mariage sera célébrée.

Cathédrale Saint-Laurent, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Une dame est à décorer le chœur de l’église où un mariage doit avoir lieu dans quelques minutes.

Les autres trésors de la trg Ivana Pavla II
La place principale de Trogir, la place Jean-Paul II, est vaste et regorge de palais anciens, d’édifices civils et de bâtiments religieux, comme la cathédrale que nous venons de visiter.

D’ailleurs, en sortant de celle-ci, nous nous retrouvons face à l’hôtel de ville où apparaissent dans la pierre de la façade des blasons d’illustres familles de la cité.

Hôtel de ville, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Hôtel de ville, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photos ci-dessus : Cet ancien palais construit au XVe siècle a été transformé en théâtre avant de devenir l’Hôtel de Ville de Trogir. Sur sa façade, on peut voir les armoiries de familles importantes de la ville.

Dans la petite église Santa-Maria, des « Trogirois » ont déposé des fleurs et ont allumé des bougies, en ce jour d’indépendance du pays, et ce, pour commémorer la mémoire des habitants de leur ville ayant perdu la vie lors à la guerre 1991-1995.

Hommage aux victimes de la guerre 1991-1995, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Sur le mur du fond de la petite église Santa-Maria, il y a des photos de résidents de Trogir morts à la guerre.

Nous nous arrêtons quelques instants devant le palais Čipiko, une demeure princière construite pour l’une des plus illustres familles de Trogir. La construction de ce palais s’est terminée en 1457!

Palais Čipiko, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Encore une fois de superbes fenêtres.

Palais Čipiko, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Au premier étage du palais Čipiko, on peut voir cette sculpture d’un coq en bois qui fut jadis la proue d’un navire de guerre turc. Des Croates l’ont ramené en 1571 de la bataille de Lépante!

Nous entrons dans une « loggia », une petite salle à aire ouverte surélevée, là où se tenaient les séances de la Cour de justice au XIVe siècle. Le toit repose sur des chapiteaux romains. Son plafond est en bois de couleur datant du XIXe siècle.

Tour de l’horloge, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : La tour de l’horloge se dresse au-dessus de l’église Saint-Sébastien.

En route pour la porte sud et la mer
Nous continuons notre promenade de la ville dans ses petites ruelles. Nous croisons la petite église Santa Barbara et le couvent de Saint-Nicolas.

 Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Les charmantes petites ruelles de Trogir.

Nous sortons de la ville par la porte sud, sise tout près de la mer.

Il y a une petite loggia tout à côté… pour les retardataires, car les portes de la ville fermaient de minuit à six heures du matin.

Nous poursuivons notre promenade le long du rivage. Il y a une très jolie école primaire juste en face de la mer.

 Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : « Osnovna škola Petar Berislavič », ce qui signifie école primaire « Petar Berislavič »! Wow! Il serait surprenant que les enfants qui étudient ici réalisent leur chance d’étudier dans un cadre aussi enchanteur… tant par l’édifice que par sa situation face à la mer!

Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Et quel travail artistique!

Nous voyons des bateaux amarrés au quai et la forteresse de Kamerlengo qui date du XIVe siècle. C’est là que l’administration vénitienne de l’île gardait l’or et l’argent de la ville.

Une des tours de la forteresse de Kamerlengo, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Une des tours de la forteresse de Kamerlengo!

Nous entrons de nouveau dans la ville. Nous passons devant l’église Saint-Dominique et nous empruntons de petites ruelles. Il y a de nombreuses terrasses.

Église Saint-Dominique, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : L’église Saint-Dominique et une des nombreuses terrasses de la ville.

Église Saint-Dominique, Trogir, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Le tympan de l’église Saint-Dominique où l'on peut voir une Sainte-Madeleine en cheveux. (Photo courtoisie de Michel Cros)

L’ascension du campanile
On nous accorde un peu de temps libre jusqu’à 16 h 15.

Nous en profitons pour grimper les marches du campanile de la cathédrale Saint-Laurent, mais Céline cesse l’ascension en cours de route, car selon elle c’est trop dangereux. Je continue et j’atteins le sommet sans problème. Wow! Le jeu en valait la chandelle!

Vue de Trogir du sommet du campanile de la cathédrale Saint-Laurent, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Céline, que j’ai laissée derrière moi.

Vue de Trogir du sommet du campanile de la cathédrale Saint-Laurent, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Les toits de la ville de Trogir.

Vue de Trogir du sommet du campanile de la cathédrale Saint-Laurent, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : La mer, les montagnes et la ville de Split au loin.

Vue de Trogir du sommet du campanile de la cathédrale Saint-Laurent, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Époustouflant!

Vue de Trogir du sommet du campanile de la cathédrale Saint-Laurent, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Superbe.

Vue de Trogir du sommet du campanile de la cathédrale Saint-Laurent, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Deux jeunes filles installées sur les fauteuils d’une terrasse.

Je redescends, retrouve Céline et nous nous installons sur une terrasse pour savourer un bon café.

En route pour Split
Nous reprenons le car à 17 heures en direction de Split.

Notre guide locale Ivana nous parle de l’été qui vient de se terminer, un été plus chaud et surtout plus sec que de coutume.

Cette sécheresse a valu deux terribles feux de forêt à la région. Cinq hectares de boisé ont été détruits notamment à Brač. Des amandiers, des figuiers et des grenadiers ont été détruits par centaine.

Il a fait tellement chaud que les agriculteurs ont profité de deux récoltes d’asperges. C’est donc dire que même la nature a été perturbée en raison de la chaleur anormale. « Qui plus est, nous mentionne Ivana, à Noël l’an dernier, le mercure a grimpé à 18 degrés Celsius! »

Sur notre route, nous traversons la ville de Solin, Salona en italien. La cité romaine devient la capitale de la province de Dalmatie au début du Ier siècle, mais elle fut détruite au VIIe siècle.

Lors de sa destruction, ses habitants se sont réfugiés dans le palais de Dioclétien et la ville de Split a ainsi pris vie.

Nous apercevons un amphithéâtre et ses vestiges datant du IIe siècle.

La vieille ville de Split, où se situe notre hôtel, est sise du côté sud de la presqu’île. On y retrouve un aqueduc romain de 9 km construit à l’époque de Dioclétien, à la fin du IIIe siècle…, qui est toujours en utilisation aujourd’hui pour amener l’eau dans la ville.

Nous voyons plusieurs immeubles à appartement. Split nous semble être une ville populeuse. Toutefois, la circulation sur le grand boulevard est fluide. « C’est en raison du jour de l’Indépendance, jour de congé férié pour les travailleurs », nous précise Ivana, elle qui est résidente de Split.

Les pelouses et les haies sont d’un vert de juillet.

Selon notre guide, certaines grandes vedettes mondiales viennent en vacances dans la région sur leurs magnifiques yachts. Elle mentionne les noms de Caroline de Monaco, d’Eric Clapton, etc. Pour eux, c’est l’endroit idéal, les Croates ne les embêtant pas.

Nous arrivons à notre hôtel à 17 h 40.

Hôtel Président, Split, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Ce n’était pas le grand luxe, notre chambre à Hôtel Président de Split.

Après quelques minutes de repos, je redescends dans le lobby de l’hôtel où notre guide nous attend pour une petite promenade dans le centre-ville de Split. Une agréable balade d’une durée de 45 minutes. Céline ne m’accompagne pas, car elle est fatiguée.

Passons sur le souper à l’hôtel qui ne mérite surtout pas que nous en parlions!

Méli-mélo
Tout au long de nos trajets du jour en autocar, notre guide Ivana nous a fourni une foule d’informations sur son pays. En voici quelques-unes en vrac :

En Croatie, il y a 21 comtés. Ceux-ci se nomment des «comitats» en croate et des «joupanies» en français. Ces comitats se répartissent à l’intérieur de cinq régions historiques qui sont : la Slavonie, la Croatie centrale, la Lika et le Gorski Kotar, l’Istrie et la Dalmatie, elle qui longe l'Adriatique en passant par Zadar, Split et Dubrovnik et qui se rend jusqu'à l'entrée des bouches de Kotor.

Pont enjambant le fleuve Krka, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Carte provenant du site Internet «Trésor de la langue française au Québec», un site de l’Université Laval (http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/croatie-carte.htm).

Il y a 4,4 millions d’habitants en Croatie. Le quart de cette population vit dans la région de Zagreb, la capitale, tandis que le tiers des gens se retrouvent au bord de mer.

La Croatie a une superficie de 85 000 km carrés, dont 53 000 km carrés de côtes.

Dans la mer Adriatique, il n’y a pas de marée. Une situation qui explique pourquoi il y a tant d’îles, soit 1 187 au total (698 îles et 389 îlots), dont seulement 47 sont habitées, et ce, en raison des problèmes d’approvisionnement en eau potable et en électricité.

Dans la mer des côtes dalmates, on trouve du corail rouge et rose. Il y a également beaucoup d’éponges de mer. Pourtant, seulement onze plongeurs professionnels sont autorisés à pêcher les éponges de mer et les coraux.

Suite à la crise économique mondiale des dernières années, la Croatie a adopté des mesures budgétaires d’austérité. Ainsi, la taxe sur la valeur ajoutée, la TVA, a été haussée à 23 %, tandis que les frais médicaux privés et les rénovations domiciliaires ont été éliminés de la liste des dépenses déductibles d’impôt.

Le peuple croate est d’origine slave et sa langue est slave.

Le premier roi de Croatie a été Tomislav 1er. Il a régné de 910 à 928.

C’est au maréchal français Marmont, un militaire français des guerres napoléoniennes, que nous devons le premier dictionnaire franco-croate.

Une révolte passée sous silence
En 1971, la Croatie a été le théâtre d’une révolte des étudiants qui demandaient plus d’autonomie dans chaque république. Ce qui fut surnommé le « Printemps croate de 1971 » fut presque ignoré par les médias. D’ailleurs, aucun de nos deux guides de voyages, « Voir » et « Lonely Planet » n’en fait état.

Toutefois, sur le site Internet de l’Institut Pierre Renouvin en France, un institut d’enseignement et de recherche sur l’histoire des mondes étrangers et des relations internationales, on peut lire ce qui suit relativement à ce « Printemps croate » :

« Durant l’année 1971, des événements inattendus secouèrent la République croate de la fédération yougoslave. En quelques mois, les Croates réussirent à rassembler, dans le même projet, le pouvoir communiste, l’intelligentsia, l’Église catholique et les étudiants de Zagreb.

Ce projet issu du mouvement est appelé aujourd’hui le « Printemps croate », et ce, par analogie au « Printemps de Prague ». Ce mouvement, lancé par une nouvelle génération d’hommes politiques, les réformistes du comité central de la Ligue communiste croate, bien que cela soit contesté, a ouvert un espace de liberté dans lequel l’opinion publique croate a pu s’élever contre le centralisme et réclamer une plus grande autonomie politique, culturelle, et économique, au sein de la fédération yougoslave.

Ce processus de libéralisation fut brutalement interrompu le 1er décembre 1971, par l’arrestation des leaders du mouvement et par une purge de la Ligue communiste de Croatie décidée lors de la XXIe session du présidium de la Ligue communiste de Yougoslavie (LCY) à Karadjordjevo.

Longtemps qualifié de nationaliste, ce mouvement qui incluait des éléments de pluralisme politique était avant tout démocratique, même s’il se déroulait dans un contexte de monopole du Parti. Le « Printemps croate » fut en effet porteur d’une vision politique moderne, dans un contexte peu favorable aux idées démocratiques. La répression de ce mouvement a peut-être étouffé la dernière chance de voir la Yougoslavie échapper à un destin tragique. »La troisième guerre du XXe siècle pour les Croates
En 1991, la Croatie décrète son indépendance. À l’époque, il y avait 14 % de Serbes au pays.

Après cette déclaration d’État indépendant et souverain, Slobodan Milošević, alors président de la Serbie, fut pour le moins contrarié à l’idée d’indépendance de la Croatie, lui qui rêvait d’un grand pays serbe… et sa réponse à cette situation fut la guerre!

Durant le conflit armé de 1991-1995, Dubrovnik a vu 85% des tuiles composant les toits de ses maisons être détruites lors des bombardements. Les tuiles ont été remplacées par d’autres provenant de Toulouse en France.

Cette guerre, où on déplore plus de 15 000 morts, a fait perdre à la Croatie quelque 39 milliards de dollars.

Et cette guerre était la troisième en moins de 100 ans pour la Croatie!

Guerriers les Croates? Oui, selon Napoléon qui aurait dit un jour « Si j’avais 25 000 soldats croates, je pourrais conquérir le monde entier ».

À la fin des hostilités, beaucoup de Serbes ont quitté le pays de leur propre chef, tandis que de nombreux autres ont été forcés à quitter. Cette situation devenait douloureuse et dramatique dans les cas de mariages mixtes.

Aujourd’hui les rapports diplomatiques sont bons avec les Serbes. Ceux-ci s’amènent en grand nombre sur les plages croates pour les vacances, tout comme les Bosniaques d’ailleurs.

De fait, il y a en moyenne 12 millions de touristes par année qui accourent en Croatie depuis que la paix est de retour. Et cet été, il y en a eu plus que jamais en raison du printemps arabe.

À suivre
Les ruines de la cité romaine de Salona… sous le vent très froid de la bora!

Cité romaine de Salona, Split, Dalmatie centrale, Croatie.

Photo ci-dessus : Des sarcophages de pierre au milieu des ruines!

Bibliographie
Encyclopédie libre Wikipédia, Croatie, Istrie, Opatija, Poreč, Rovinj, Dalmatie, Pag et une foule d’autres pages;

Atlas en fiches (La Croatie, l’Istrie, l’économie de la Croatie) , Éditions Atlas, 2008;

Croatie, merveille de l’Adriatique, Éditions Minerva, 2004, 128 pages;

Dalmatie, Histoire, culture, patrimoine artistique, Forum, Zadar, 2008, 156 pages;

Guide Voir, Croatie, Éditions Libre Expression, 2008, 296 pages;

Lonely planet, Croatie, Lonely Planet Publication, 2011, 352 pages;

Le croate pour les touristes, Extrade, 2007, 159 pages;

L’agonie yougoslave (1986-2003), Renéo Lukic, Les presses de l’Université Laval, 2003, 613 pages;

L’Istrie, Turistička Naklada D.O.O., 2007, 128 pages;

Patrimoine mondial de l’UNESCO , Éditions UNESCO, 2009, 832 pages.

Commentaires (6) Trackbacks (0)
  1. Toujours très intéressant !
    vous lire est un immense plaisir…
    Merci à vous deux.

  2. Auriez vous vu sur l’église Saint Dominik
    à l’extérieur une sculpture de Sainte Madeleine en cheveux ?

    Merci

  3. Bonjour, Malheureusement non.

    Jacques Lanciault

  4. Bonjour,
    Je rentre d’un voyage en Croatie et votre blog m’a beaucoup aidé à conforter mes souvenirs au moment d’identifier mes photos.
    Madeleine en cheveux se trouve sur le tympan du portail de l’église Saint Dominique à Trogir. Je peux si cela vous intéresse vous adresser une photo de celui-ci.
    Merci pour votre travail très complet.

  5. comme toujours de superbes reportages et en plus nous pouvons telecharger les photos (avec les explications ce que personne ne fait ) si les notres ne sont pas aussi belles. Cela fait la 3° fois que je vais enCroatie, pas dans le même région, mais je suis toujours aussi enchantée. Merci encore

  6. C’est gentil. Merci.

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