Texte, recherches et photos de Céline et Jacques Lanciault
Voici le 58e d’une série de reportages sur une magnifique odyssée qui nous a menés, dans un premier temps, à Rotterdam aux Pays-Bas, puis en croisière en Norvège, jusqu’au-delà du cercle polaire, par la suite au Royaume-Uni et en Irlande et finalement, après la descente du bateau, à Amsterdam également aux Pays-Bas. Un inoubliable périple réalisé du 12 mai au 19 juin 2025.
Dun Laoghaire – Dublin, République d’Irlande, le lundi 9 juin 2025 – Ce matin, notre bateau, le Nieuw Statendam de la compagnie Holland America Line, fait escale en République d’Irlande, plus précisément à Dún Laoghaire, le port de bateaux de croisière de l’agglomération dublinoise.
Ce sera la deuxième fois que nous foulons le sol de la capitale de l’Irlande. En effet, nous avons exploré Dublin en 2013, et cela par un pur hasard un 9 juin également, lors de notre grand tour des îles Britanniques avec Voyages Lambert.
Aujourd’hui, nous filerons vers le centre-ville de Dublin en train. Nous avons prévu une promenade dans un grand parc, celui du Merrion Square, qui abrite plusieurs monuments, dont une statue superbe du dramaturge irlandais Oscar Wilde, celui-ci étant confortablement installé sur un rocher.
Le parc est entouré d’édifices arborant une architecture georgienne, de bâtiments gouvernementaux et de la « galerie nationale d’Irlande »… que nous visiterons.
Photo ci-dessus : Nous voici, Céline et moi, posant devant la magnifique statue colorée de l’écrivain, romancier, dramaturge et poète irlandais Oscar Wilde (1854-1900). Elle prend place dans le magnifique parc de « Merrion Square ».
N.-B. : Pour regarder le diaporama des photos présentées sur cette page, cliquez sur n’importe laquelle des photos.
Levés dès potron-minet ce matin, à 6 heures, car nous souhaitons arriver tôt au centre-ville de Dublin, et ce, parce que notre bateau devrait déjà être à amarrer à 8 heures au port de Dún Laoghaire.
Nous nous rendons prendre le petit-déjeuner au Lido Market, le restaurant de style buffet du bateau, où il y a peu de voyageurs à cette heure.
Encore une fois, la température prévue pour notre escale est plutôt moyenne. On prévoit un ciel nuageux et brumeux… avec un maximum de 15 degrés Celsius.
Nous quittons notre cabine à 8 h 10 et nous nous rendons au deuxième pont pour obtenir nos tickets pour le tender.
Il est 8 h 40 lorsque nous embarquons sur le petit bateau. Le trajet vers la terre ferme est court et vingt minutes plus tard nous descendons sur le quai du port de Dún Laoghaire…
Le centre-ville de Dublin est situé à une douzaine de kilomètres d’ici. Pour nous y rendre nous prendrons le train de la Dublin Area Rapid Transit (DART).
Il s’agit d’un réseau ferroviaire électrifié de banlieue desservant le littoral et la ville de Dublin. Ce service constitue le cœur du réseau ferroviaire suburbain de Dublin. Le DART dessert 32 gares et comprend 53 kilomètres de voies ferrées électrifiées.
La gare de Dún Laoghaire Mallin est située tout près d’où nous sommes descendus du tender. Nous achetons nos billets aller-retour à un distributeur automatique au prix de 5,20 € chacun.
Oui, des euros, car la République d’Irlande, contrairement au Royaume-Uni, est toujours membre de l’Union européenne.
Photos ci-dessus : La gare « Dún Laoghaire Mallin » où nous prenons le train. Les wagons du DART sont silencieux et ses sièges confortables. Qui plus est, lors de notre trajet vers Dublin, il y avait peu de passagers. (Photos provenant de Wikipédia)
Nous embarquons à 9 h 15 et arrivons à la station Dublin Pearse à 9 h 40.
Premier arrêt : Merrion Square
La gare Dublin Pearse, où nous descendons, est la gare de banlieue la plus fréquentée d’Irlande. Nous l’avons choisie car elle est située tout près du Merrion Square, le premier arrêt inscrit à notre programme de visite.
Cette place… est aussi un grand parc arboré où nous avons prévu d’admirer plusieurs monuments et sculptures.
Malgré notre carte de la ville de Dublin, nous avons besoin de l’aide d’un passant pour finalement trouver la bonne direction pour nous rendre au Merrion Square.
Malheureusement, nous constatons rapidement qu’une très grande partie de la superficie du parc est fermée. Nous voyons qu’à l’intérieur du parc de nombreux ouvriers sont à préparer le parc pour un événement.
Lors de la rédaction de ce texte, nous avons demandé à ChatGPT de nous indiquer quel événement était en préparation.
Le robot conversationnel nous a répondu qu’il s’agissait du grand festival gastronomique appelé Taste of Dublin, qui s’est tenu du jeudi 12 au dimanche 15 juin 2025 dans le parc.
« Taste of Dublin, a ajouté le porte-parole de l’intelligence artificielle, est un festival culinaire annuel très populaire où des restaurants locaux et des producteurs artisanaux installent des stands, proposent des démonstrations de cuisine, des dégustations et des animations autour de la nourriture et des boissons. »
Nous avons déjà vécu une situation similaire lors d’une promenade dans le magnifique Stadtpark à Vienne en Autriche, alors que le Genuss-Festival, ce qui se traduit en français par la « Fête gourmande », était en préparation!
Sans grands espoirs, nous y allons d’un tour du parc… à la recherche d’une entrée encore ouverte.
Mémorial Oscar Wilde
Eurêka, il y a effectivement une entrée qui n’est pas fermée… Et pas n’importe laquelle, celle nous menant à la statue érigée en l’honneur d’Oscar Wilde (1854-1900), un monument inscrit à notre programme de visite comme « surtout à ne pas manquer à Dublin »!
La statue est impressionnante, car la sculpture est en couleur et bien installée au sommet d’un rocher!
C’est le sculpteur anglais Danny Osborne (1949- ) qui a été chargé par le groupe Guinness Ireland de créer une statue commémorative en l’honneur d’Oscar Wilde.
Photos ci-dessus : Pour la statue de Wilde dévoilée en 1997… le marbre seul fut jugé insuffisant! Ainsi la statue est composée de pierres de différentes couleurs provenant de trois continents. Le torse est en néphrite verte de Colombie-Britannique et en thulite rose de Norvège. Les jambes sont en granit bleu perle de Norvège, les chaussures en charnockite noire d’Inde, ornées d’embouts de lacets en bronze. La statue de l’écrivain porte également une cravate du « Trinity College » en porcelaine émaillée et trois bagues.
Photos ci-dessus : Une plaque indique que « Cette statue fait face à l’ancienne demeure d’Oscar Wilde, elle qui est ouverte aux visiteurs ». Une autre plaque nous invite à scanner le code QR pour découvrir le sculpteur Danny Osborne expliquer la création de sa sculpture d’Oscar Wilde!
Mais, le mémorial d’Oscar Wilde n’est pas que cette statue prenant place sur un rocher. En effet, le mémorial est un ensemble de trois statues.
Celle de Wilde et deux piliers encadrant le rocher. L’un d’eux est surmonté d’une représentation nue et enceinte de Constance Lloyd (1858-1898), l’épouse de Wilde. L’autre est coiffé d’un torse masculin représentant Dionysos, dieu grec du théâtre et du vin. Ces deux sculptures latérales sont en bronze et en granit.
Photo ci-dessus : Sculpture en vert-de-gris d’une jeune femme nue près de la statue d’Oscar Wilde. Il s’agit d’une représentation de l’épouse de Wilde, Constance Lloyd, elle aussi écrivaine, semblant regarder son mari.
Photo ci-dessus : Une sculpture présentant un torse masculin… représentant Dionysos, le dieu grec du théâtre et du vin!
Nous nous sommes interrogés sur la raison de la présence de cette sculpture de Dionysos… et nous avons finalement trouvé une réponse sur la page en anglais consacrée à Oscar Wilde dans l’encyclopédie Wikipédia.
« Le choix de la pose de Wilde, qui évoque des images familières de l’histoire de l’art et de la culture populaire représentant une “masculinité féminisée”. L’utilisation de la couleur pour ce “personnage haut en couleur” et son regard fixé sur le torse masculin nu convergent tous avec notre connaissance de son homosexualité. »
Photo ci-dessus : Le parc du « Merrion Square » abrite une flore luxuriante, dont cette belle fougère arborescente.
Mémorial national aux membres des forces de défense
Nous continuons notre promenade dans le parc et arrivons devant un mémorial affichant une flamme éternelle.
Il s’agit du mémorial national aux membres des forces de défense, le National Memorial to members of the Defence Forces.
Photos ci-dessus : Ce mémorial en forme de pyramide a été conçu par le sculpteur irlandais Brian King (1942-2017). La structure est principalement composée de dalles de granit reposant sur une armature en acier et agrémentée de panneaux de verre.
Photo ci-dessus : À l’intérieur du mémorial national dédié aux membres des Forces de défense on aperçoit des soldats de l’Armée de terre, de la Marine, de l’Armée de l’air et de la Réserve, coulés en bronze, veillant sur une flamme éternelle émanant de l’insigne des Forces de défense, placée au centre de l’édifice.
Photo ci-dessus : Une plaque précise que « le Mémorial national aux membres des forces de défense est un lieu de recueillement et de souvenir, offrant un point de ralliement où les familles, les proches et le public peuvent se recueillir. Il rend hommage à la contribution et au sacrifice des membres des forces de défense morts au service de l’État. »
Le mémorial est un hommage poignant à la bravoure et au sacrifice du personnel militaire irlandais.
Les Victimes : un ensemble sculptural impressionnant
Quelques pas de plus et nous arrivons devant un groupe de sculptures de trois personnages… à première vue, il nous semble qu’il s’agit d’une descente du Christ de la croix, mais il n’y a pas d’affiche identifiant le monument.
Nos recherches en vue de la rédaction de ce texte nous ont appris que cette œuvre n’a rien de religieux!
L’ensemble de sculptures s’intitule plutôt « Les Victimes »… Il était à l’origine un projet de mémorial de guerre de l’artiste américain Andrew O’Connor (1874-1941) resté inachevé à Washington aux États-Unis!
Photo ci-dessus : L’ensemble de sculptures intitulé « Les Victimes » est un poignant mémorial de guerre de l’artiste Andrew O’Connor. Il représente un soldat mort sur un catafalque, pleuré par sa femme agenouillée et sa mère debout, symbolisant le profond coût personnel du conflit. Les inscriptions reflètent la perte et le chagrin. L’œuvre était initialement destinée à un mémorial de la Première Guerre mondiale plus grand, resté inachevé.
Photos ci-dessus : Un soldat mort, attaché à un brancard.
Photo ci-dessus : La figure agenouillée de l’Épouse, les mains jointes en prière, est appelée tantôt la Vierge, tantôt Notre-Dame des Douleurs.
Photos ci-dessus : La figure féminine debout est la mère du Héros.
Photo ci-dessus : Une inscription sur l’ensemble… particulièrement difficile à déchiffrer.
La National Gallery of Ireland
Nous sortons du parc… et traversons la rue
La National Gallery of Ireland est située tout juste de l’autre côté de la rue, face à la sortie du parc.
Photos ci-dessus : La « Galerie nationale d’Irlande » abrite la collection nationale d’art irlandais et européen. Fondée en 1854, elle a ouvert ses portes dix ans plus tard. La galerie possède une vaste collection représentative de peintures irlandaises et est également réputée pour ses collections de peintures baroques italiennes et de maîtres hollandais.
Il est 10 h 25… mais le musée n’ouvre ses portes qu’à 11 heures.
Nous assistons à l’arrivée d’un autocar de « Holland America » d’où descendent un grand nombre de croisiéristes pour visiter ce musée… Ils sont de l’excursion intitulée « Visit by your own », offerte par notre bateau.
Photos ci-dessus : Des fanions sur la rue reproduisant des parties d’oeuvres qu’il est possible d’admirer à la Galerie nationale!
Sur le terrain de la Galerie nationale, il y a un monument surmonté d’une statue. Il s’agit d’un mémorial rendant hommage à William Dargan (1799-1867), un ingénieur ferroviaire irlandais.
Photos ci-dessus : Un mémorial en l’honneur de William Dargan, un ingénieur qui a joué un rôle déterminant dans la construction de la première ligne de chemin de fer publique d’Irlande, entre Dublin et Kingstown, ouverte en décembre 1834. Il a également construit l’Ulster Canal, reliant le Lough Erne à Belfast.
La sculpture de William Dargan a été réalisée par le sculpteur Thomas Farrell (1827-1900), un sculpteur irlandais renommé.
Le mémorial est une statue en bronze sur un socle en granit, dévoilée le 30 janvier 1864.
Tout à côté de la Galerie nationale d’Irlande, il y a le Musée d’histoire naturelle et sur le terrain de celui-ci un autre monument surmonté d’une statue.
Il s’agit d’une statue en bronze commémorant la mémoire du chirurgien major Thomas Heazle Parke (1857-1893), un médecin, soldat et explorateur irlandais qui a servi, entre autres, comme chirurgien lors de l’expédition de Henry Stanley en Afrique.
Photo ci-dessus : La statue représente Thomas Heazle Parke debout, un pied sur un crâne, avec une plaque en bronze illustrant un incident en 1887 où il a sauvé la vie d’un autre officier en aspirant le poison d’une blessure par flèche.
Étant donné que le musée n’est pas encore ouvert, nous décidons de marcher sur la rue Merrion et de tenter de trouver un restaurant pour prendre un café.
Sur cette rue, il y a de belles maisons et de nombreux bâtiments gouvernementaux, dont le ministère de la Justice, le département du Trésor, le département des Finances, etc.
Photos ci-dessus : Ces maisons en briques sont des exemples bien conservés d’architecture géorgienne, situés sur « Merrion Street ». Elles font partie d’un ensemble dont la construction a commencé au début des années 1750. L’architecture se caractérise par des façades symétriques, des fenêtres à guillotine et des portes d’entrée cintrées.
Photo ci-dessus : Ce bâtiment de style édouardien, conçu par l’architecte anglais Aston Webb (1849-1930), a été construit à l’origine pour être le Collège royal scientifique. Il abrite aujourd’hui plusieurs services clés du gouvernement irlandais, dont le bureau du premier ministre.
Photo ci-dessus : Une autre bâtisse de la rue Merrion est identifiée par une très belle plaque.
Photos ci-dessus : Il y a aussi plusieurs bars, dont le « O’Donoghue’s Pub », un pub irlandais emblématique. Il est réputé pour son lien profond avec la musique traditionnelle irlandaise et est fortement associé au célèbre groupe de ballades irlandaises « The Dubliners ». Fondé au XVIIIe siècle, il a ouvert ses portes en 1789!
Photos ci-dessus : Un autre pub irlandais, le « Foley’s Bar », affichant une enseigne rétro. On y voit une horloge et un personnage faisant la promotion de la bière Guinness.
Photo ci-dessus : La façade d’un établissement nommé « O’Reilly’s Public Bar ».
Nous entrons dans un petit café, Coffeangel, où il y a un comptoir avec des chaises hautes et quelques tables à l’extérieur.
Céline savoure un cappucino, tandis que je m’offre un café américano.
Photo ci-dessus : Un café « Coffeeangel », une chaîne de cafés basée à Dublin. Une chaîne connue pour son engagement envers la qualité, ses baristas primés et son approvisionnement en grains de café de saison de haute qualité.
Au terme de notre pause-café nous filons vers la National Gallery of Ireland… qui est sur le point d’ouvrir ses portes!
À suivre
Longue visite de la magnifique National Gallery of Ireland!
Photos ci-dessus : Un superbe tableau du peintre britannique Francis Wheatley (1747-1801) titré « The Dublin Volunteers on College Green, 4th November 1779 ». On y voit un spectacle donné pour célébrer l’anniversaire de Guillaume III devant le « Trinity College » à Dublin.
Pour lire les autres textes de notre croisière, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à une longue croisière sur les côtes de la Norvège et autour des îles Britanniques en mai et juin 2025.
Pour lire les autres textes de notre périple amorcé à Rotterdam avant de prendre la mer, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à un séjour de cinq jours à Rotterdam au Pays-Bas en mai 2025.