Texte, recherches et photos de Céline et Jacques Lanciault
Voici le 56e d’une série de reportages sur une magnifique odyssée qui nous a menés, dans un premier temps, à Rotterdam aux Pays-Bas, puis en croisière en Norvège, jusqu’au-delà du cercle polaire, par la suite au Royaume-Uni et en Irlande et finalement, après la descente du bateau, à Amsterdam également aux Pays-Bas. Un inoubliable périple réalisé du 12 mai au 19 juin 2025.
Glasgow, Écosse, Royaume-Uni, le dimanche 8 juin 2025 – Dès notre arrivée au centre-ville de Glasgow, nous nous sommes rendus admirer le magnifique bâtiment art déco de la gare Centrale, l’une des gares les plus grandes et les plus fréquentées du Royaume-Uni.
Puis, nous nous sommes arrêtés devant la « Galerie d’art moderne de Glasgow » pour admirer la statue équestre du duc de Wellington… elle qui présente le duc coiffé de cônes orange de circulation!
Et nous avons filé vers la Kelvingrove Art Gallery and Museum… une visite que nous avons planifiée comme une des découvertes phares de notre croisière… et elle le fut!
Au terme de notre voyage, ce splendide musée aura certes été un des points d’orgue du voyage!
Après avoir admiré la façade époustouflante du musée. Nous sommes entrés, gratuitement, comme dans presque tous les musées du Royaume-Uni…
La Kelvingrove Art Gallery and Museum est un musée des plus éclectique. Il conjugue beaux-arts, histoire naturelle et armes et armures! Une conjugaison loin d’être évidente.
Bien que nous nous sommes surtout concentrés sur les beaux-arts, pas après pas, le ravissement était au rendez-vous… découvrant des oeuvres d’artistes que nous adorons et d’autres d’artistes dont nous n’avions jamais croisé les oeuvres.
Au terme de cette visite, nous comprenons parfaitement pourquoi Kelvingrove est l’une des attractions les plus populaires d’Écosse.
Photo ci-dessus : Ces enfants contemplent un avenir merveilleux, perchés sur la crête d’une vague. À l’époque édouardienne, insouciante, les sculptures d’enfants mignons étaient très populaires. Ce bronze du sculpteur britannique Robert Colton (1867-1921) est titré « Le printemps de la vie ».
N.-B. : Pour regarder le diaporama des photos présentées sur cette page, cliquez sur n’importe laquelle des photos.
Nous poursuivons notre déambulation dans les salles de la magnifique Kelvingrove Art Gallery and Museum… et arrivons devant une statue pour le moins surprenante!
Il s’agit d’une statue en couleur d’Elvis Presley! L’oeuvre a été réalisée par Sean Read, un artiste britannique qui se spécialise dans les sculptures figuratives et humoristiques… « tout en respectant les préoccupations traditionnelles d’équilibre et de beauté », dit-on!
L’oeuvre est une caricature irrévérencieuse d’Elvis Presley (1935-1977) où le chanteur est représenté vêtu d’un costume bleu clair flamboyant orné de bijoux fantaisistes. Elle le dépeint à un âge avancé, avec une prise de poids visible au niveau du visage et du ventre!
Photos ci-dessus : Saint Elvis – Roi du Rock « n’ Roll! L’oeuvre est titrée « Return to Sender », soit le titre d’une des chansons du « King », un tube numéro un en 1962 et 1963. La statue, en fibre de verre, a été réalisée en 1996 par Sean Read (1961- ). L’oeuvre a été acquise par le musée en 1997.
Rappelons que la description des oeuvres que nous ajoutons à nos photos est le résultat de la traduction des affichettes présentées par le musée pour chacune d’elles, enrichie de quelques commentaires personnels.
Photo ci-dessus : Une sculpture en bronze, en fait une esquisse réalisée par le sculpteur écossais William Reid Dick (1878-1961) pour le mémorial dédié au président américain Franklin Delano Roosevelt (1882-1945) qui prend place à « Grosvenor Square », à Londres. Roosevelt a été président des États-Unis de 1933 à 1945. Il est représenté debout, bien qu’il utilisait une canne pour marcher après avoir contracté la polio à l’âge de 39 ans.
Photos ci-dessus : Une superbe statue en plâtre titrée « Orpheline ». Cette sculpture a toujours été très appréciée à Kelvingrove, preuve que la tristesse peut être populaire. La mère de la fillette est décédée en couches ou lors d’une épidémie victorienne, laissant son père s’occuper d’elle. L’oeuvre touchante est du sculpteur écossais George Anderson Lawson (1832-1904) qui l’a réalisée vers 1889.
Photos ci-dessus : Une statue en bronze représentant l’auteur écossais Robert Louis Stevenson (1850-1894). La statue montre Stevenson debout, les mains dans les poches, vêtu d’une chemise et d’un pantalon amples, avec une veste drapée sur ses épaules. Stevenson est célèbre pour des romans tels que « L’Île au Trésor » et « L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de M. Hyde ». L’oeuvre est du sculpteur écossais David Watson Stevenson (1842–1904)… qui malgré le même nom de famille n’a pas de relation familiale documentée avec le célèbre auteur.
Un vitrail exceptionnel
Nous arrivons dans une salle sombre où prend place une fenêtre en vitrail affichant de très belles couleurs.
Nos recherches nous ont appris qu’il s’agit d’une œuvre majeure de l’artiste verrier irlandais Harry Clarke (1889–1931), intitulée « The Coronation of the Blessed Virgin », ou en français « Le couronnement de la Vierge Marie ».
Photo ci-dessus : Cette grande fenêtre a été commandée en 1923 par les Sœurs de Notre-Dame de Namur pour la chapelle du couvent à Dowanhill, Glasgow. Elle y a été installée dès 1924 et servait alors de mémorial pour ceux qui sont morts pendant la Première Guerre mondiale. Kelvingrove l’a acquise en 2002 et l’expose aujourd’hui dans une pièce avec un éclairage adapté pour en faire ressortir les couleurs et les détails.
Photos ci-dessus : Le vitrail est composé d’environ 20 panneaux, formant une scène richement narrative. La figure centrale (la première photo ci-dessus) est celle de la Vierge couronnée comme Reine du Ciel, entourée d’anges et de saints, dans des tons vibrants de bleu, rouge et or.
Photos ci-dessus : Ce panneau du vitrail de Harry Clarke représente l’Adoration des Mages, un épisode central du récit de la Nativité.
Le robot conversationnel ChatGPT décrit ainsi la scène : « En bas à droite, un vieil homme barbu, auréolé, est agenouillé en prière. Il s’agit de l’un des Rois mages, traditionnellement le plus âgé (souvent identifié à Melchior). Son attitude humble — mains jointes, regard levé — exprime la reconnaissance du Christ comme roi et messie.
Au centre, une figure couronnée, richement vêtue de rouge et d’or, tient un long sceptre. C’est un autre Roi mage, représentant la royauté terrestre qui s’incline devant une royauté spirituelle supérieure. Son regard est calme, solennel, presque hiératique, ce qui est typique du style de Harry Clarke.
Finalement, au-dessus et à gauche, un mage présente un coffret précieux, contenant un don (or, encens ou myrrhe). Les coffrets sont traités comme de véritables bijoux, avec un luxe de détails.
La palette intense et le style décoratif sont typiques du travail de Clarke, qui combine un sens gothique médiéval avec une esthétique art nouveau. »
ChatGPT conclut que ce vitrail est une des pièces les plus impressionnantes du musée, à la fois pour sa taille, sa couleur et sa qualité artistique — un bel exemple de verrerie sacrée du début du XXᵉ siècle. »
Photos ci-dessus : Un bronze magnifique du sculpteur britannique Robert Colton (1867-1921) qui l’a réalisé en 1903. Il est titré « Le printemps de la vie ». On y voit une jeune fille qui s’accroche à un garçonnet, sans doute son jeune frère, qui se tient en équilibre précaire sur le rocher à côté d’elle, au bord de la mer.
Photo ci-dessus : Une belle sculpture en marbre intitulée « Syrinx », une oeuvre de William McMillan (1887-1977). Syrinx est le nom d’une belle jeune fille qui, dans la mythologie grecque, qui a attiré les avances importunes du lubrique Pan. Syrinx a reçu la médaille de la meilleure sculpture de l’année décernée par la « Royal Society of British Sculptors » en 1925.
Mémorial à un mariage… et une sensation de « déjà vue »
Nous arrivons devant un superbe monument funéraire en bronze… un mémorial qui nous semble familier, comme si nous l’avions déjà vu!
Et oui, en effectuant une recherche avec le nom de l’artiste l’ayant réalisé, Patricia Cronin, j’ai retrouvé notre texte relatant notre visite à la « Galerie nationale des portraits » de Washington en 2019… où nous avons admiré cette oeuvre titrée « Mémorial à un mariage ».
Pour accéder à ce texte, cliquez sur ce lien : La « Galerie nationale des portraits » : l’histoire des États-Unis qui se déroule sous nos yeux (2e partie)
Photos ci-dessus : Un superbe moulage en bronze d’une sculpture funéraire en marbre. Elle a été exposée pour la première fois lors d’une exposition en 2009. L’oeuvre est titrée « Mémorial à un mariage » et elle est un autoportrait de la sculptrice Patricia Cronin (1963- ) qui s’est immortalisée au lit en compagnie de sa conjointe Deborah Kass (1952- ).
L’affichette mentionne que « l’autrice, l’Américaine Patricia Cronin s’approprie les formes artistiques traditionnelles et y ajoute un contenu contemporain pour aborder les questions de sexualité, du genre et de classe. »
L’oeuvre en bronze a été acquise par le musée en 2010.
Étant maintenant au premier étage de la galerie, nous avons une vue splendide sur l’installation « Floating Heads » suspendue au plafond de la salle centrale du musée.
Photos ci-dessus : Une vue de face, sans jeu de mots, de l’installation « Floating Heads » de l’artiste Sophie Cave.
Nous n’avons trouvé aucune donnée biographique pour l’artiste Sophie Cave qui a créé The Floating Heads. La plupart des informations disponibles concernent l’installation elle-même, mais pas de données biographiques précises sur elle.
Photo ci-dessus : Une sculpture dans la pierre de Portland. Une œuvre, avec des formes simplifiées qui porte l’empreinte des années 1930. Elle conserve néanmoins la touchante tendresse d’une « Vierge à l’Enfant ». La sculpture s’intitule « Le Tournesol – Pièce de jardin » et a été réalisée vers 1932 par le sculpteur anglais Gilbert Ledward (1888-1960).
Photo ci-dessus : Un autre magnifique buste en bronze. Celui-ci est titré « Griselda » et est une oeuvre réalisée à la fin du XIXe siècle par le sculpteur anglais Alfred Drury (1856-1944). L’affichette précise que « les belles jeunes filles étaient des sujets de prédilection dans les années 1890. Griselda, modèle de patience et d’obéissance, était la fille d’un homme pauvre. Elle est l’héroïne du poème italien “Le Décaméron” de Boccace ».
L’oeuvre phare du musée : « Le Christ de Saint-Jean de la Croix »
Nous arrivons dans la petite salle où est exposée la pièce maîtresse du musée, soit le tableau titré « Christ of St John of The Cross » de Salvador Dali », une oeuvre de 1951 achetée par le musée malgré une désapprobation générale lors de la parution.
Avouons que la toile nous a grandement déçus!
Photos ci-dessus : Le tableau le plus célèbre exposé à Kelvingrove est le chef-d’œuvre de Salvador Dali « Le Christ de Saint-Jean de la Croix »
L’affichette du musée précise que : « Le Christ de saint Jean de la Croix de Salvador Dalí a suscité admiration, critiques et controverses depuis sa création en 1951.
L’angle audacieux du corps parfait du Christ, l’effet saisissant de la Croix surgissant des ténèbres et s’élevant vers nous, et le paysage onirique ne sont que quelques-unes des qualités marquantes de cette œuvre.
Pour beaucoup, c’est le chef-d’œuvre religieux des temps modernes.
Cependant, lorsque Dalí a créé cette œuvre, il était plus connu pour son imposante moustache, ses pitreries absurdes et ses coups d’éclat publicitaires que pour un intérêt pour le christianisme.
Dalí avait été un membre éminent du mouvement surréaliste, qui, dès les années 1920, peignait des tableaux donnant une réalité saisissante au monde des rêves et à l’inconscient.
Les critiques d’art sont surpris que Dalí choisisse de peindre un tableau à thème religieux, et pourtant, c’est une œuvre que nombreux sont ceux qui trouvent profondément émouvante. »
Il est midi. Nous nous arrêtons et nous filons au café du musée.
Céline savoure un délicieux scone aux fruits… avec de la vraie confiture en petit pot, tandis que je m’offre un sandwich géant au thon. Un dîner tout de même dispendieux à 16 £, mais c’est minime en considérant que la visite du musée est gratuite.
À 12 h 45, nous remontons au premier étage d’où, d’un seul coup d’oeil, nous apercevons les deux parties du grand hall!
Photos ci-dessus : La partie « beaux-arts » du grand hall de la « Kelvingrove Art Gallery and Museum »… et un des magnifiques grands luminaires suspendus, apportant au grand hall brillance et magnificence.
Photos ci-dessus : Puis, la partie « histoire naturelle » du grand hall de la « Kelvingrove Art Gallery and Museum »… où il y a un avion suspendu au plafond, un Spitfire LA198, un symbole de la bataille d’Angleterre figé en plein vol dans un somptueux bâtiment victorien. L’appareil, entièrement restauré, pesant 2,3 tonnes, est suspendu de façon vertigineuse au-dessus des visiteurs.
Nous entrons quelques instants dans une salle exposant des armures!
Photos ci-dessus : Le musée possèdent une collection d’armes et d’armures d’importance internationale. Elle se compose d’environ 7 200 objets et de 3 000 manuscrits associés, datant de 2500 av. J.-C. à 2000 apr. J.-C. Cette collection comprend des armes et des armures provenant d’Europe, notamment des pièces remarquables!
Puis, retour dans le monde de la peinture!
Photo ci-dessus : Une huile sur toile de la peintre écossaise Alison Watt (1965- ). Celle-ci a été chargée de peindre ce tableau pour célébrer l’année de la culture de Glasgow en 1990. Watt s’est inspirée d’un célèbre tableau français représentant la mort de Marat dans son bain. Les poissons, la cloche, l’anneau et l’arbre sont des éléments des armoiries de la ville de Glasgow!
Sur un mur, il y a plusieurs portraits de femmes…
Photo ci-dessus : Un portrait de Vivien Leigh (1913-1967), une actrice britannique née à Darjeeling en Inde, une toile peinte vers 1936 par l’artiste peintre anglais Thomas Dugdale (1880-1952).
Photo ci-dessus : Une toile intitulée seulement « Gillian ». Nos recherches nous ont appris qu’il s’agissait d’un portrait de 1935 très réaliste de Gillian Sandlands (1906-19956), une actrice de théâtre et de cinéma britannique. L’oeuvre est de Gerald Leslie Brockhurst (1890–1978) qui l’a représentée en buste, tournée légèrement, regardant le spectateur, avec un paysage stylisé derrière elle.
Photo ci-dessus : Une toile de 1895 du peintre anglais John William Godward (1861-1922) titrée tout simplement « Une dame ».
À suivre
Suite et fin de notre époustouflante exploration de la magnifique Kelvingrove Art Gallery and Museum et retour vers le bateau.
Photo ci-dessus : Le destin tragique de Marie Stuart, reine d’Écosse, inspira l’artiste victorien Robert Herdman (1829-1888). Dans son splendide tableau, le portraitiste écossais la représente comme une figure sainte. Son jupon rouge sang symbolisant son martyre pour la foi catholique. L’oeuvre réalisée en 1867 est titrée « L’exécution de Marie Stuart, reine d’Écosse ».
Pour lire les autres textes de notre croisière, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à une longue croisière sur les côtes de la Norvège et autour des îles Britanniques en mai et juin 2025.
Pour lire les autres textes de notre périple amorcé à Rotterdam avant de prendre la mer, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à un séjour de cinq jours à Rotterdam au Pays-Bas en mai 2025.