Texte, recherches et photos de Céline et Jacques Lanciault
Voici le 55e d’une série de reportages sur une magnifique odyssée qui nous a menés, dans un premier temps, à Rotterdam aux Pays-Bas, puis en croisière en Norvège, jusqu’au-delà du cercle polaire, par la suite au Royaume-Uni et en Irlande et finalement, après la descente du bateau, à Amsterdam également aux Pays-Bas. Un inoubliable périple réalisé du 12 mai au 19 juin 2025.
Glasgow, Écosse, Royaume-Uni, le dimanche 8 juin 2025 – Dès notre arrivée au centre-ville de Glasgow, nous nous sommes rendus admirer le magnifique bâtiment art déco de la gare Centrale, l’une des gares les plus grandes et les plus fréquentées du Royaume-Uni.
Puis, nous nous sommes arrêtés devant la « Galerie d’art moderne de Glasgow » pour admirer la statue équestre du duc de Wellington… elle qui présente le duc coiffé de cônes orange de circulation!
Et nous avons filé vers la Kelvingrove Art Gallery and Museum… une visite que nous avons planifiée comme l’une des découvertes phares de notre croisière… et elle le fut!
Au terme de notre voyage, ce splendide musée aura certes été un des points d’orgue du voyage!
Après avoir admiré la façade époustouflante du musée, nous sommes entrés, gratuitement, comme dans presque tous les musées du Royaume-Uni…
La Kelvingrove Art Gallery and Museum est un musée des plus éclectique. Il conjugue beaux-arts, histoire naturelle et armes et armures! Une conjugaison loin d’être évidente.
Bien que nous nous sommes surtout concentrés sur les beaux-arts, pas après pas, le ravissement était au rendez-vous… découvrant des oeuvres d’artistes que nous adorons et d’autres d’artistes dont nous n’avions jamais croisé les oeuvres.
Au terme de cette visite, nous comprenons parfaitement pourquoi Kelvingrove est l’une des attractions les plus populaires d’Écosse.
Photo ci-dessus : Une oeuvre superbe de l’artiste britannique John Everett Millais (1829-1896). Il présente ici John Gould, ornithologue renommé, dévoilant sa collection d’oiseaux à des enfants. Les deux plus jeunes, vêtus de leurs magnifiques costumes victoriens, sont William et George, les petits-fils de l’artiste John Millais. Le tableau, datant de 1886, titré « L’Ornithologue » a été acquis par le musée en 1907.
N.-B. : Pour regarder le diaporama des photos présentées sur cette page, cliquez sur n’importe laquelle des photos.
Après une attente d’une quinzaine de minutes, nous sommes les premiers visiteurs de la journée à entrer. Il est 11 heures précises.
Comme dans la majorité des musées britanniques, l’entrée est gratuite. Nous y allons toutefois d’un don de 5 £.
Étant donné que nous avons une longue marche à réaliser pour revenir à la station d’autobus pour reprendre la navette en direction du bateau, nous ne pouvons accorder plus de trois heures à la découverte de ce merveilleux musée.
Nous accordons donc la priorité aux salles du musée consacrées aux beaux-arts.
Dès la première salle où nous pénétrons, les oeuvres sont époustouflantes… et il en sera ainsi jusqu’à la toute fin de notre visite!
Nous présentons ici celles qui nous ont le plus impressionnés.
La description des oeuvres que nous ajoutons à nos photos est le résultat de la traduction des affichettes présentées par le musée pour chacune d’elles, enrichie de quelques commentaires personnels.
Photo ci-dessus : Une toile datant de 1490-1495 du grand maître italien de la Renaissance, Sandro Botticelli (1445-1510). L’oeuvre est titrée « L’Annonciation ». On y voit, l’archange Gabriel annonçant à la Vierge Marie qu’elle deviendra la mère de Jésus. L’archange tient un lys, symbole de pureté et d’innocence, reflétant les qualités de la Vierge.
Photos ci-dessus : Une superbe sculpture qui semble avoir été sculptée la veille! L’oeuvre de marbre s’intitule « Vénus désarmant Cupidon ». Elle a été réalisée par l’artiste allemand Ludwig von Schwanthaler (1802-1848), lui qui est considéré comme un des maîtres du néoclassicisme en Bavière. On y voit Vénus, la déesse de l’amour, retirant l’arc et les flèches à son fils, Cupidon… afin de l’empêcher de blesser d’autres personnes.
Une grande affiche intitulée « Redonner vie à une sculpture » nous explique pourquoi la sculpture nous paraît si récente!
« Après une centaine d’années d’exposition, cette sculpture était devenue très sale, recouverte de poussière et de saletés. Outre un nettoyage, elle nécessitait quelques réparations.
En effet, la figure de Cupidon était décapitée et Vénus avait perdu son bras droit, qui tenait une flèche.
Sans ces éléments, il était impossible de comprendre l’histoire de la sculpture. Mais en observant attentivement des photos d’une autre version complète de la sculpture, nous avons pu reconstituer les pièces manquantes.
La déesse mythologique Vénus est désormais réunie avec son fils espiègle, Cupidon. »
Photos ci-dessus : Une toile titrée « Saint-Pierre repentant ». Une oeuvre de 1628 de l’artiste-peintre espagnol Jusepe de Ribera (1591-1652).
Photo ci-dessus : Une toile du peintre écossais John Quinton Pringle (1864-1925), un artiste associé au groupe des « Glasgow Boys »… des peintres que nous avons découverts lors de notre escale à Édimbourg. Des peintres français comme Corot ont peint des sujets similaires. Pringle atteint avec « Sur la rivière Sainte-Gertrude, Caudebec », une oeuvre peinte en 1910, leur niveau de qualité.
La rivière Sainte-Gertrude est une rivière française qui coule dans le département de la Seine-Maritime… qui conflue avec la Seine à Caudebec.
Photos ci-dessus : Une autre huile sur toile de John Quinton Pringle. Observez comment l’artiste a travaillé la surface de ce tableau par des milliers de minuscules touches de pinceau pour créer un effet de vie. Personne d’autre n’a peint comme cela, pas même les impressionnistes. L’oeuvre est titrée « Garçon au chapeau vert » et a été peinte en 1903.
Photo ci-dessus : Tout près de cette toile, une affiche rend hommage à John Quinton Pringle… qui était opticien de profession, mais dont la véritable passion était l’art. Il suivit des cours du matin et du soir à l’École des Beaux-Arts de Glasgow, où il remporta plusieurs prix!
Photos ci-dessus : Le peintre canadien (néo-écossais) Wyndham Lewis (1882-1957) a peint ce tableau de son épouse Froanna presque entièrement en rouge. Le rouge évoque la chaleur, et il a utilisé des nuances – des variations d’une même couleur – pour créer une impression d’intimité et de détente. L’oeuvre date de 1937.
Photo ci-dessus : Un portrait de Frances, fille d’Oliver Cromwell, réalisé vers 1658 par le peintre portraitiste anglais John Michael Wright (1617-1694). Lorsque ce portrait a été réalisé, Frances était déjà veuve. La colombe symbolise l’âme de son défunt époux. Observez la torche éteinte, qui signifie la fin de l’amour.
Photo ci-dessus : Une toile où, nous semble-t-il, les personnages ne sont pas bien proportionnés! L’oeuvre est de l’Allemand Johann Zoffany (1733-1810) qui a utilisé des couleurs pâles et des coups de pinceau doux pour donner à cette peinture une atmosphère calme et harmonieuse, évoquant la musique. La toile a été peinte vers 1780 et est titrée « Une fête de famille – Le Menuet ».
Photo ci-dessus : Un tableau beaucoup plus récent! L’oeuvre réalisée par la peintre britannique Lesley Banks (1962- ) en 1993 est intitulée « Le compte à rebours de la 39e semaine ». Banks a peint une amie dans les derniers mois de sa grossesse, plongée dans ses pensées. Pour accentuer l’atmosphère, elle a utilisé des couleurs douces et feutrées – des bruns et des jaunes – et des formes courbes pour créer une ambiance calme et détente.
Nous sommes de retour dans la salle centrale du musée. Au-dessus de note têtes… il y a une multitude d’autres têtes!
Il s’agit de l’installation « Floating Heads » de l’artiste Sophie Cave. On a l’impression étrange d’être observé par une centaine de paires d’yeux!
Cave a créé plus de cinquante têtes entièrement blanches dont les visages expriment différentes émotions, du rire au désespoir. Ces visages semblent rivalisés entre eux pour attirer l’attention en offrant la meilleure expression faciale contorsionnée, la plus belle grimace ou le plus impressionnant jeu de bouche béante.
Photos ci-dessus : Suspendue au-dessus du hall d’entrée, l’installation « Floating Heads » de l’artiste Sophie Cave donne l’impression étrange d’être observé par une centaine de paires d’yeux! Cave en a créé plus de cinquante têtes entièrement blanches dont les visages expriment différentes émotions, du rire au désespoir. L’éclairage a été conçu pour accentuer leurs expressions, ce qui confère à l’installation une atmosphère quelque peu inquiétante.
Photo ci-dessus : Une magnifique sculpture en marbre réalisée en 1902 par la sculptrice britannique Mary Pownall (1862–1937). On y reconnaît la harpie Celaeno de la mythologie grecque, un être mi-humain, mi-oiseau. Selon le poète romain Virgile, elle devint furieuse lorsque le héros troyen Énée et son équipage tuèrent des animaux sur son île pour se nourrir. Pownall traduit dans sa sculpture la menace de Celaeno.
Photo ci-dessus : Une autre sculpture en marbre. Il s’agit d’une copie d’une sculpture grecque antique représentant Homère. L’oeuvre réalisée en 1910 est de l’artiste anglais Hamo Thornycroft (1850-1925).
Photo ci-dessus : Un marbre, représentant le philosophe anglais John Locke (1632-1704), réalisé vers 1760 possiblement par l’artiste des Pays-Bas autrichien Michael Rysbrack (1694-1770).
Photo ci-dessus : Une vision plus globale des têtes suspendues au plafond du musée.
Photo ci-dessus : Un buste en marbre représentant « Madame William Law », une oeuvre réalisée vers 1873 par le sculpteur écossais William Brodie (1815-1881).
Nous n’avons pas réussi à identifier qui a été Madame William Law. Elle est peut-être la mère ou une des épouses du prêtre et mystique anglais influent William Law (1686-1761), mais rien ne le certifie.
Photo ci-dessus : Très belle sculpture de madame William Sim, un buste réalisé en marbre en 1862 par George Ewing (1828-1884).
Cette dame était possiblement l’épouse de William Sim, un entrepreneur ayant oeuvré à Glasgow, entre autres, en 1872.
Photos ci-dessus : Un buste en marbre de la reine Victoria (1819-1901), une sculpture du portraitiste britannique Francis Williamson (1833-1920), une oeuvre réalisée en 1888.
Photo ci-dessus : Buste titré « Jeune fille riant », une sculpture de l’artiste belge Égide Rombaux (1865-1942) taillée vers 1914 et acquise par le musée cette même année.
Photos ci-dessus : Une très belle toile montrant une jeune femme assise ou debout sous un arbre. Ce genre de scène est devenu au début des années 1890 un sujet de prédilection pour les « Glasgow Boys ». Le défi consistait à saisir les jeux de lumière du soleil filtrant à travers le feuillage. Ce tableau a été réalisé par le portraitiste écossais Harrington Mann (1864-1937) en 1891.
Photos ci-dessus : À la fin des années 1890, le peintre écossais Edward Atkinson Hornel (1864-1933) commença à peindre de manière plus réaliste. Il utilise ici des couleurs plus proches de la nature que dans ses œuvres précédentes, et il peignit les mains et les visages des jeunes filles avec douceur pour contraster avec la texture du paysage. Il a réalisé cette toile titrée « L’Arrivée du printemps » en 1899.
Photo ci-dessus : Inspiré par l’œuvre symboliste d’Henry et de Hornel, le peintre écossais David Gauld (1865-1936) réalisa une série de peintures de portraits féminins sur fond de feuillage. Ces œuvres ne sont pas des portraits au sens conventionnel du terme; elles ont une aura d’intrigue et de mystère plutôt que de se concentrer sur la personnalité ou le caractère du modèle. Celui-ci a été peint vers 1893-1894.
Photo ci-dessus : Après son installation à Londres en 1896, le peintre irlandais John Lavery (1856-1941) se consacra au portrait et devint l’un des portraitistes les plus recherchés de son époque. Il peignit de nombreuses personnalités, dont, en 1910, la ballerine russe Anna Pavlova (1881-1931). Bien qu’elle ait posé pour lui dans son atelier, Lavery la représente comme si elle était sur scène. Il recréa l’effet de l’éclairage théâtral en utilisant de forts contrastes d’ombre et de lumière.
Photo ci-dessus : Un tableau de Lillian May Law réalisé en 1905 par Edward Arthur Walton (1860-1922). Dans le superbe portrait de la belle-fille de Walton on retrouve l’influence de James McNeill Whistler (1834-1903)… qui se perçoit dans l’équilibre subtil des formes et des couleurs. Whistler continua d’inspirer les « Glasgow Boys », même dans leurs dernières années.
Nous avons lu sur Internet que « les “Glasgow Boys”, un groupe d’artistes modernistes écossais de la fin du XIXe siècle, parmi lesquels on retrouvait Edward Arthur Walton et John Lavery, ont révolutionné l’art écossais en s’inspirant du réalisme et de l’impressionnisme français.
Leur style pictural audacieux, axé sur la vie rurale contemporaine, était fortement influencé par l’artiste américain expatrié James McNeill Whistler et son attachement à l’harmonie tonale, à la couleur et à la beauté du quotidien, marquant une rupture avec les traditions académiques.
La valorisation de l’individualité et l’esthétique personnelle de Whistler ont trouvé un écho profond en eux, contribuant à leur renommée internationale et à leur remise en question du monde de l’art. »
Photos ci-dessus : Une autre superbe toile d’Edward Atkinson Hornel. Celle-ci intitulée « Les Cygnes ». Les enfants dans les bois, au bord de la mer ou au bord des étangs devinrent les thèmes de prédilection de Hornel dans ses dernières œuvres. Le format inhabituel de ce tableau, avec le cygne dominant le premier plan et la ligne d’horizon haute, révèle son intérêt constant pour l’art japonais.
Photo ci-dessus : Maggie Hamilton (1867-1952) était l’une des « Glasgow Girls ». Brodeuse et peintre de talent, elle s’illustrait notamment dans les portraits de fleurs et de natures mortes. En 1892-1893, le peintre écossais James Guthrie (1859-1930), lui aussi associé au « Glasgow Boys », l’a représentée confiante, debout, la main sur la hanche, canne à la main, vêtue d’une élégante tenue de promenade.
Photos ci-dessus : Le hall principal du musée prend ici les allures de cathédrale! L’orgue a été commandé à l’origine dans le cadre de l’Exposition internationale de Glasgow, qui s’est tenue à Kelvingrove Park en 1901. Il a été installé dans la salle de concert de l’exposition, qui pouvait accueillir 3 000 personnes.
Photo ci-dessus : Une oeuvre superbe de l’artiste britannique John Everett Millais (1829-1896) que nous avons déjà présentée à la Une de ce texte. Le personnage principal est John Gould, ornithologue renommé, dévoilant sa collection d’oiseaux à des enfants. Le tableau, datant de 1886, est titré « L’Ornithologue ».
Photo ci-dessus : Une des meilleures peintures de l’artiste Albert Moore. Peinte vers 1884 et titrée « Lecture à voix haute », cette oeuvre n’a pas de sens caché, pas d’histoire à raconter. Moore souhaitait créer une harmonie décorative en rose, blanc et gris!
À suivre
Poursuite de notre déambulation dans la magnifique Kelvingrove Art Gallery and Museum…
Photo ci-dessus : Ces enfants contemplent un avenir merveilleux, perchés sur la crête d’une vague. À l’époque édouardienne, insouciante, les sculptures d’enfants mignons étaient très populaires. La sculpture en bronze, réalisée en 1903, est l’oeuvre du sculpteur britannique Robert Colton (1867-1921).
Pour lire les autres textes de notre croisière, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à une longue croisière sur les côtes de la Norvège et autour des îles Britanniques en mai et juin 2025.
Pour lire les autres textes de notre périple amorcé à Rotterdam avant de prendre la mer, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à un séjour de cinq jours à Rotterdam au Pays-Bas en mai 2025.