Texte, recherches et photos de Céline et Jacques Lanciault
Voici le 50e d’une série de reportages sur une magnifique odyssée qui nous a menés, dans un premier temps, à Rotterdam aux Pays-Bas, puis en croisière en Norvège, jusqu’au-delà du cercle polaire, par la suite au Royaume-Uni et en Irlande et finalement, après la descente du bateau, à Amsterdam également aux Pays-Bas. Un inoubliable périple réalisé du 12 mai au 19 juin 2025.
Belfast, Irlande du Nord, Royaume-Uni, le samedi 7 juin 2025 – Notre première visite de la journée dans la capitale de l’Irlande du Nord, l’Hôtel-de-Ville de Belfast, nous a enchantés.
L’architecture remarquable de l’édifice n’a d’égal que la magnificence de sa décoration intérieure avec ses murs de marbre multicolore et ses vitraux d’une netteté fabuleuse!
Puis, nous nous sommes rendus à la cathédrale anglicane de la ville, un imposant édifice religieux construit à compter des derniers jours du XIXe siècle autour de l’église paroissiale de Sainte-Anne. Nous sommes donc des visiteurs admiratifs, alors que les lieux de prière fêtent leur 120e anniversaire de fondation.
La splendeur de la cathédrale Sainte-Anne de Belfast est dans la même veine que celle de l’Hôtel de Ville!
Qui plus est, la cathédrale est dotée d’une flèche hors de l’ordinaire… érigée pour être emblématique de l’Espoir.
Dans l’église, nous retrouvons de magnifiques mosaïques réalisées par les sœurs Martin, des sculptures sur pierre finement ciselées par les artistes Rosamond Praeger, Morris Harding et Esmond Burton, une quantité exceptionnelle de superbes vitraux et bien plus encore!
Photo ci-dessus : Les colonnes de la cathédrale Sainte-Anne de Belfast arborent des chapiteaux magnifiquement sculptés et surtout tous différents.
N.-B. : Pour regarder le diaporama des photos présentées sur cette page, cliquez sur n’importe laquelle des photos.
Au terme de ma séance de photos des monuments et des sculptures prenant place dans les « Jardins de l’Hôtel de Ville de Belfast » et alors que l’intensité de la pluie a ralenti quelque peu, nous prenons la direction de la cathédrale anglicane Sainte-Anne.
En cours de route, étant donné qu’il est maintenant plus de 13 heures, nous tentons notre chance dans deux ou trois restaurants sans qu’aucun ne dispose de places libres.
Tout au long du trajet nous apercevons de magnifiques oeuvres d’art, statues, sculptures et murales!
Une situation normale, car Belfast est réputée pour ses œuvres de street-art que l’on retrouve un peu partout, mais surtout dans le quartier animé de la cathédrale… où nous sommes justement!
Photos ci-dessus : Une statue de Frederick Douglass… la première statue en Europe érigée en l’honneur d’un homme d’État noir. Elle est l’oeuvre des sculpteurs écossais Alan Beattie Herriot et Hector Guest. L’oeuvre a été dévoilée en juillet 2023.
L’Américain Frederick Douglass (1817 ou 1818-1895), un ancien esclave et militant abolitionniste, a surtout oeuvré comme orateur… aux États-Unis. Mais, il a visité Belfast à plusieurs reprises dans les années 1840 à l’invitation de la Belfast Anti Slavery Society.
Nous marchons sur la rue Waring et nous apercevons une sculpture murale représentant trois visages.
Photos ci-dessus : La sculpture intitulée « Living Barrels » est une oeuvre de l’artiste français Sylvain Ristori qui l’a réalisée en 2019 pour la compagnie « Jameson Whiskey ». La murale est exposée sur la façade du bar national de Belfast. Elle est composée de cerceaux de barils de vin récupérés et assemblés pour former trois visages stylisés. La pièce met en valeur la réutilisation créative des matériaux et les textures naturelles du bois vieilli et du métal rouillé.
Photo ci-dessus : Une femme et un loup se regardent dans la murale intitulée « Still Water » de l’artiste Nomad Clan. L’oeuvre est profondément ancrée dans l’histoire de la ville qui l’abrite.
Nous avons lu sur Internet (streetartcities.com) que « le loup face à une jeune femme moderne est une allusion subtile aux tensions des “Troubles”. Il s’agit d’un regard rétrospectif et une reconnaissance du passé et du présent, son héritage fier étant reflété par un tatouage sur la nuque de la jeune femme.
Clan utilise souvent des personnages androgynes dans ses fresques, mais à Belfast, le choix de représenter une femme queer était délibéré, dans une ville où le mariage homosexuel est interdit et où les droits des femmes sont encore en jeu. »
Photo ci-dessus : Une grande peinture murale intitulée « The Duel of Belfast, Dance by Candlelight ». Elle a été créée par l’artiste de rue irlandais Conor Harrington (1980- ).
La murale représente deux hommes se battant à l’épée au-dessus de la carcasse d’un chien mort, tandis qu’une autre personne est assise et regarde.
L’oeuvre de Harrington est considérée comme l’une des peintures murales les plus emblématiques de la ville… Certains y voient une métaphore de l’histoire troublée de Belfast.
Nous approchons de la cathédrale, car nous apercevons sa fameuse flèche en acier inoxydable!
Photo ci-dessus : La flèche moderne de la cathédrale de Belfast, haute de 40 mètres, est en acier inoxydable. Elle a été nommée « Flèche de l’Espoir » lors de son installation en 2007. Sa structure est illuminée la nuit.
La cathédrale de Belfast… aussi nommée la cathédrale Sainte-Anne
Nous arrivons devant la cathédrale qui, soulignons-le, est de confession anglicane.
Photo ci-dessus : Une vue de la façade de la cathédrale de Belfast.
Nos recherches visant la rédaction de ce texte nous ont appris ceci relativement à la construction de l’édifice religieux :
« À la fin du XIXᵉ siècle, Belfast connaît une croissance spectaculaire liée à l’industrialisation (chantiers navals, textile, commerce). L’Église anglicane d’Irlande souhaite alors doter la ville d’une cathédrale digne de son nouveau statut urbain, car Belfast ne possédait jusque-là qu’une grande église paroissiale.
La construction est confiée à Sir Thomas Drew (1838-1910), une figure majeure de l’architecture ecclésiastique irlandaise.
La pose de la première pierre a lieu en 1899… sur le site d’une première église construite en 1776.
La nef et le chœur sont achevés en 1904, permettant l’ouverture au culte, bien que l’édifice soit loin d’être terminé. La nef et le choeur sont donc consacrés en 1904.
Contrairement à de nombreuses cathédrales médiévales, la construction de Sainte-Anne se fait par étapes, en fonction des ressources financières disponibles. De fait, on ne la considérera terminée qu’en 2007… lors de l’installation de son élément le plus emblématique, sa flèche d’acier, Spire of Hope », dont nous avons parlé précédemment.
Cette construction étalée sur plus d’un siècle est en quelque sorte le reflet de l’histoire mouvementée de Belfast!
Nous entrons et payons 5 £ chacun pour la visite, en plus de 3 £ pour un audioguide pour Céline.
Photo ci-dessus : Une vue d’ensemble de la nef principale de la cathédrale Sainte-Anne.
Photo ci-dessus : Cette dalle de pavement est un mémorial dédié à madame Elise Milne Barbour. Elle a été offerte « À la gloire de Dieu » en souvenir d’une dame décrite comme une mère dévouée et une épouse très aimée.
Nous entrons dans le baptistère de la cathédrale… qui est situé tout à l’entrée de l’église, pour ainsi représenter idéologiquement le début d’une vie chrétienne.
On y voit une superbe mosaïque au plafond.
La mosaïque est spectaculaire. Elle a été réalisée par les sœurs mosaïstes britanniques Gertrude et Margaret Martin. D’ailleurs, elles ont oeuvré sur plusieurs mosaïques de la cathédrale.
Photo ci-dessus : La mosaïque du plafond du baptistère de la cathédrale est composée de 150 000 tesselles de verre. Elle représente la « Création ».
Photos ci-dessus : Le baptistère, qui date de 1924, comprend également des éléments en marbre symbolisant le sacrement du baptême, avec une base en marbre noir représentant le péché, des colonnes en marbre rouge symbolisant le sang salvateur du Christ, et une cuve en albâtre blanc pour la nouvelle vie.
Les vitraux sont magnifiques affichant des couleurs riches et des détails complexes.
Photo ci-dessus : Ce vitrail est intitulé « Le sermon sur la montagne ». Il a été conçu par l’artiste irlandais Harry Clarke à la mémoire de Harriette Higinbotham. L’oeuvre date de 1923.
Photos ci-dessus : Si les vitraux du moyen-âge illustraient des scènes bibliques de l’Ancien et du Nouveau Testament dans le but d’éduquer les fidèles, puisqu’à cette époque beaucoup étaient analphabètes, dans la cathédrale de Belfast les vitraux semblent avoir plutôt été commandités par des familles pour rendre hommage à un ou une des leurs décédés.
Des chapiteaux de colonne uniques!
Les chapiteaux sculptés de la cathédrale Sainte-Anne de Belfast constituent l’un des aspects les plus singuliers et les plus appréciés de l’édifice.
Il s’agit d’un ensemble volontairement unique. Contrairement à beaucoup de cathédrales où les chapiteaux suivent un modèle répétitif (feuilles d’acanthe, motifs géométriques, etc.), ceux de Sainte-Anne ont été conçus tous différents, avec une grande liberté d’invention.
On y trouve des figures humaines (hommes, femmes, vieillards, enfants), des visages expressifs, parfois souriants, parfois graves ou méditatifs et des personnages en mouvement, tournés les uns vers les autres, comme engagés dans une conversation silencieuse!
Chaque chapiteau raconte presque une petite scène.
Photo ci-dessus : Une des impressionnantes colonnes de la cathédrale Sainte-Anne
Photos ci-dessus : En levant les yeux vers les chapiteaux des colonnes de la cathédrale Sainte-Anne, le visiteur découvre une étonnante galerie de visages sculptés dans la pierre. Aucun ne se répète. Hommes et femmes, jeunes et vieux, y apparaissent avec des expressions tantôt méditatives, tantôt attentives, parfois presque familières.
Le robot conversationnel chatGPT commente ainsi les chapiteaux en tant qu’oeuvre d’art : « Loin des motifs végétaux anonymes des cathédrales médiévales, ces figures très humaines semblent incarner la communauté des fidèles elle-même, rappelant que l’édifice repose autant sur la foi vécue que sur la pierre taillée.
Discrètes, mais profondément expressives, ces sculptures invitent à une contemplation silencieuse, comme un dialogue intime entre l’architecture sacrée et l’humanité qu’elle abrite.
Il ne semble pas exister de programme iconographique rigide imposant une identité précise à chaque personnage.
L’intention principale était fort probablement de représenter l’humanité dans sa diversité, d’évoquer la communauté des fidèles, passée et présente et de rappeler que l’Église repose sur des personnes réelles, imparfaites, vivantes. »
Des vitraux consacrés à des personnages de l’Ancien Testament
J’ai photographié une série de vitraux dont plusieurs étaient identifiés à des personnages bibliques. J’en ai dressé une liste et j’ai demandé à chatGPT de m’indiquer à quoi ils faisaient référence. Sa réponse est très intéressante!
« Les vitraux de la cathédrale Sainte-Anne consacrés à l’Ancien Testament ne se limitent pas aux prophètes au sens strict. Ils rassemblent patriarches, chefs, juges, rois et visionnaires — Abraham, Moïse, Josué, Gédéon, Samuel, Daniel ou Néhémie — figures fondatrices d’Israël, choisies pour leur foi, leur courage et leur fidélité à Dieu.
Ensemble, ils forment une véritable fresque spirituelle où l’histoire biblique devient une succession de vocations humaines.
Parmi eux, le roi David, reconnaissable à sa couronne et à sa harpe, occupe une place centrale : roi-poète et psalmiste, il incarne l’union de la prière, de la royauté et de l’inspiration divine, annonçant pour la tradition chrétienne la lignée messianique du Christ. »
Photo ci-dessus : Le roi David, un des seuls dont le nom n’est pas indiqué sur le vitrail. Toutefois, on reconnaît plusieurs éléments iconographiques permettant de l’identifier : sa couronne de roi d’Israël, sa harpe (ou lyre) tenue contre lui, un de ses attributs quasi exclusifs et son attitude inspirée d’auteur de psaumes.
Photos ci-dessus : Des vitraux représentant dans l’ordre Josué, Abraham, Moïse, Joseph, Daniel, Samuel, Néhémie, Gédéon et Jonathan.
Ces neuf personnages, le robot conversationnel les a catalogués comme suit :
Patriarches
Abraham : père fondateur du peuple d’Israël, figure de l’Alliance avec Dieu.
Joseph (fils de Jacob) : patriarche, symbole de fidélité et de providence divine.
Législateur et libérateur
Moïse : chef et prophète majeur, libérateur de l’Exode et receveur de la Loi.
Chefs et juges
Joshua (Josué) : successeur de Moïse, conquérant et organisateur de la Terre promise.
Gédéon : juge charismatique, vainqueur des Madianites.
Samuel : dernier des juges, prophète et faiseur de rois.
Néhémie : gouverneur et réformateur, reconstructeur de Jérusalem après l’Exil.
Prophète
Daniel : prophète visionnaire, figure de sagesse et de fidélité en exil.
Héros biblique
Jonathan : fils du roi Saül, surtout connu pour son amitié exemplaire avec David.
Photos ci-dessus : Une superbe mosaïque représentant Saint-Patrick, le saint patron de l’Irlande et l’évangélisateur du pays. Dans la tradition chrétienne irlandaise, il est considéré comme l’« apôtre des Irlandais », celui qui a implanté durablement le christianisme sur l’île.
La mosaïque est décrite comme suit : « Saint Patrick est représenté au centre de l’oeuvre, vêtu d’une chasuble d’évêque, signe de son autorité spirituelle, portant une crosse, attribut épiscopal, et tenant un trèfle, symbole traditionnel par lequel il aurait expliqué le mystère de la Trinité aux Irlandais.
Son auréole affirme sa sainteté, tandis que sa posture calme et frontale évoque la stabilité de la foi qu’il a transmise.
De part et d’autre de saint Patrick apparaissent deux figures féminines allégoriques, tenant des banderoles. Elles représentent généralement l’Irlande païenne et l’Irlande chrétienne.
Le décor verdoyant, les fleurs et les collines évoquent clairement le paysage irlandais.
Le blason à la croix de saint Patrick (croix diagonale) apparaît sous la scène principale.
La frise ondulée et le bateau en contrebas rappellent les voyages missionnaires, l’arrivée du christianisme par la mer et plus largement l’importance de la mer dans l’histoire de l’Irlande. »
À suivre…
Poursuite de notre visite découverte de la très impressionnante cathédrale Sainte-Anne de Belfast!
Photo ci-dessus : La flèche de la cathédrale Sainte-Anne de Belfast est en acier inoxydable et haute de 40 mètres. Elle a été installée en 2007 à partir d’un plafond de verre. De l’intérieur de l’église, contre toute attente, nous apercevons sa base.
Pour lire les autres textes de notre croisière, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à une longue croisière sur les côtes de la Norvège et autour des îles Britanniques en mai et juin 2025.
Pour lire les autres textes de notre périple amorcé à Rotterdam avant de prendre la mer, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à un séjour de cinq jours à Rotterdam au Pays-Bas en mai 2025.