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Aumont regarde vers l’avant après avoir fait le vide

Revue depresse

Michel Moyneur, Info07.com, le 15 janvier 2014

Phillippe AumontAprès une dernière saison qu’il a lui-même qualifiée de «perte de temps», le lanceur gatinois Phillippe Aumont affirme avoir tourné la page et a la ferme intention de passer l’entièreté de la prochaine campagne à Philadelphie.

En 22 sorties avec les Phillies en 2013, Aumont a compilé une fiche de 1-3 avec une moyenne de points mérités de 4,19. Mais c’est surtout son manque de contrôle sur ses tirs qui lui a valu quelques séjours au niveau AAA à Lehigh Valley. En 19 manches et un tiers avec le grand club, il a retiré 19 frappeurs sur des prises, mais concédé 13 buts sur balles. Dans les mineures, il a accordé 38 buts sur balles en plus d’atteindre 6 frappeurs en 35 manches de travail.

Photo ci-dessus : Phillippe Aumont entend connaître un bon camp d’entraînement et entamer la saison à Philadelphie. (Photo : Michel Moyneur)

Exclus de la course aux séries, les Phillies ont rappelé six joueurs de leur filiale AAA en septembre, mais le téléphone du grand droitier n’a pas sonné. Une situation qu’il a du mal à digérer.

«Si je ne fais pas partie des plans, je ne veux pas revenir. S'ils sont passés à autre chose, je pense que c'est le moment pour moi de faire la même chose. Il y a 29 autres équipes et donc plusieurs possibilités», avait-il confié à ce moment au quotidien The Morning Call de Lehigh Valley.

Quatre mois plus tard, le Gatinois de 25 ans a tourné la page sur cet épisode après une conversation franche avec les dirigeants de l’équipe de la Pennsylvanie.

«Je leur ai dit qu’il était temps de passer à autre chose si c’est ce qu’ils voulaient. Que c’est business pour eux et business pour moi. Je leur ai dit ce que je ressentais, ma façon de penser, que je ne continuerais pas à jouer pour les Phillies si ma carrière n’est pas pour avancer. Mais la conservation s’est finie sur une note positive.»

Au terme de la saison des IronPigs (de Lehigh Valley), Aumont a fait le vide avant de se remettre au boulot.

«J’ai complètement décroché du baseball pendant un mois, un mois et demi. Je n’ai même pas regardé les matchs de la série mondiale. Puis, je suis retourné au gymnase. Chaque jour, quand je me lève, je veux être prêt, confie-t-il. J’ai tourné la page. C’est sûr que je veux rester avec les Phillies. C’est une organisation de première classe. Le stade, les fans, tu ne peux pas avoir mieux que ça.»

Des changements souhaitables
Au plan personnel, le remplacement récent de l’instructeur des lanceurs Rich Dubee par Bob McClure (anciennement des Red Sox) ne peut qu’être bénéfique pour le Gatinois, estime-t-il.

«Je ne l’avais pas de mon côté. Ça ne cliquait pas. Les jeunes avaient de la misère à travailler avec lui. Il était impatient avec nous parce qu’il était habitué de constater rapidement les changements avec les vétérans, Roy Halladay, Cliff Lee et Cole Hamels, qui devaient qu’apporter des ajustements mineurs. Ça me frustrait, ça me mangeait par en dedans.»

Aumont a pris de l’avance et s’entraîne déjà à Tampa Bay afin de se présenter en parfaite condition physique au camp d’entraînement des Phillies à la mi-février. Il entend mettre les bouchés doubles pour améliorer la précision de ses lancers, mais se concentrera aussi davantage sur ce qu’il fait de bien au monticule. Chose qu’il avait de la difficulté à faire la saison dernière.

«J’étais trop conscient de ce que je faisais de mal. Au lieu de regarder les bonnes choses que je faisais, je focussais sur tous les petits bobos de ma mécanique. Je faisais un pas, je reculais de deux, j’avançais de deux, je reculais de trois. C’était tout le temps une bataille.»

Les déboires de l’équipe sur le terrain ont aussi eu raison de sa confiance.

«Même si je connaissais une bonne performance, si on perdait, je ne pouvais pas célébrer. Et on continuait de perdre… Comme lanceur, tu peux te dire "je m’en fous", et c’est ce que je j’essayais de faire. Mais à un certain moment, ça finit par t’affecter (le rendement de l’équipe) et c’est venu m’affecter. Au baseball, ça prend un esprit d’équipe. On regardait notre alignement et on se disait qu’on pouvait détruire tout le monde, mais les gars étaient incapables de performer.»

Les Phillies ont conclu la campagne avec un piètre dossier de 73 victoires et 89 revers. Seuls les Cubs et les Marlins ont fait pires dans la Ligue nationale. La haute direction a donc voulu servir un électrochoc à l’équipe en remplaçant le vénérable gérant Charlie Manuel par Ryne Sandberg.

Aumont voit d’un bon œil ce changement effectué à la mi-août. Membre du Temple de la renommée, Sandberg était l’instructeur au troisième coussin des Phillies. Il a aussi dirigé les IronPigs en 2011 et 2012.

«Charlie Manuel est un excellent gérant. Il a aidé beaucoup de jeunes. Mais je pense que le temps du changement était venu. Ça va être différent. Avec Ryne, tu dois arriver à l’heure, peu importe ton nom. S’il veut que t’arrives au stade à 15h et que t’arrives à 16h… sur le banc. Même si tu t’appelles Jimmy Rollins. Il est beaucoup structuré, beaucoup discipliné. C’est ce qui m’impressionne le plus.»

Revue de presse publiée par Jacques Lanciault.

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