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Les Pirates ont plus qu’un receveur en Russell Martin

Les nôtres dans les Ligues majeures

Traduction libre par Jacques Lanciault d’un texte de Tom Singer de MLB.com, publié le 6 mai 2013

Russell Martin Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis – Russell Martin a terminé plusieurs exercices au bâton lors du dernier camp d’entraînement des Pirates de Pittsburgh en s’installant à l’arrêt-court pour attraper des roulants. Puis, il a soulevé un tollé chez ses compatriotes, surtout ceux hors Québec, en refusant de joindre les rangs de l’équipe du Canada lors de la « Classique mondiale de baseball 2013 » parce que l’équipe canadienne refusait de l’utiliser à l’arrêt-court! Aujourd’hui, Martin se retrouve occasionnellement de l’alignement partant des Pirates au troisième sac.

Et chaque fois que Martin évolue ailleurs que derrière le marbre, les gens réagissent comme s’il voyait un martien prendre place sur le losange! Et pourtant, il n’y a pas plus troisième but naturel que Russell Martin.

Pour voir quelques bons jeux défensifs du 10e départ de Russell Martin en tant que joueur de troisième but dans les ligues majeures, cliquez sur le lien suivant : Russell Martin, le joueur de troisième but.

Le gérant des Pirates, Clint Hurdle, justifie toujours sa décision d’utiliser Martin ailleurs que derrière le marbre en expliquant patiemment que Martin est capable de jouer à plusieurs positions sur un terrain de baseball.

« Il peut le faire, et le faire bien », soutient Hurdle. « Je l’ai vu joué quand j’étais avec les Rockies, c’est tout un athlète! »

Et l’utilisation de Martin ailleurs qu’à la position de receveur ne fait peut-être que commencer, Hurdle ayant laissé entendre que l’athlète québécois pourrait bientôt patrouiller le champ droit, une autre position à laquelle Hurdle est certain que Martin peut briller.

Pour l’heure, nous n’avons aucune indication qu’on aurait promis à Martin la possibilité de jouer ailleurs qu’au poste de receveur s’il signait son contrat avec les Pirates l’automne dernier alors qu’il était agent libre. Mais il ne fait aucun doute que l’ancien des Dodgers de Los Angeles et des Yankees de New York apprécie retrouver ses racines à l’avant-champ.

Même si à 30 ans, Martin a déjà participé à trois matchs en tant que receveur, et ce, dans les deux ligues, il n’a jamais oublié le plaisir qu’il éprouvait lorsqu’il jouait à l’avant-champ!

Alors, comment Martin est-il devenu receveur?

C’est un peu à cause de Jumbo Diaz, un lanceur droitier de 280 livres qui a pris part au camp des Pirates en 2012 et qui depuis a joint l’organisation des Reds de Cincinnati.

Martin a été un choix de 35e ronde des Expos de Montréal en 2000, lors de la première année où il était admissible au grand encan des ligues majeures, le 1,035e choix au total… repêché à titre de joueur de troisième but! Mais, Martin n’a jamais signé avec les Expos.

Puis, en 2002, les Dodgers de Los Angeles en ont fait leur choix de 17e ronde… en tant que joueur de deuxième but.

Martin a passé sa première demi-saison chez les pros à jouer au troisième coussin, dans la ligue des recrues de la Gulf Coast League. Jumbo Diaz, l’homme à la balle de feu, alors âgé de 19 ans, était coéquipier de Martin.

Lors d’une journée du camp d’entraînement prolongé des Dodgers, en 2002, le directeur du recrutement de l’organisation californienne, Logan White, a attiré Martin à l’écart de ses coéquipiers.

« Il m’a amené dans l’enclos des lanceurs pour recevoir les tirs d’un des nôtres », s’est remémoré Martin. « En fait, c’était pour recevoir les lancers de Jumbo Diaz… des balles qui filaient à 100 mph et plus! »

« Je suppose qu’il a vu que j’avais de bonnes mains, un bon jeu de jambes et de la force dans le bras. La direction des Dodgers a alors estimé que ce serait bon pour moi d’être converti en receveur, car, ont-ils dit, mon coup de bâton s’apparentait à celui d’un receveur ».

Pourtant, Luis Salazar, l’entraîneur-chef de Martin dans la ligue des recrues pensait plutôt que Russell avait une belle carrière de joueur de troisième but devant lui.

« Il est allé au bâton pour moi », de confier Martin. « Dans les réunions d’évaluation de l’équipe, il leur a dit que j’allais devenir un excellent joueur de troisième but et qu’ils ne devraient pas me convertir en receveur. »

« Mais ils ont opté pour que je devienne receveur! », a mentionné Martin. « Ils m’ont fait sentir que j’avais probablement de meilleures chances d’atteindre les ligues majeures en tant que receveur. Ils m’ont bien vendu leur salade. »

« Venant de la même organisation qui avait converti Mike Piazza, un joueur de premier but repêché en 62e ronde, en receveur qui aura probablement sa place un jour au Temple de la Renommée du baseball, la décision a été facile à prendre », d’expliquer celui qui a joué son baseball mineur à Montréal au Québec.

Martin n’est toujours pas convaincu qu’il a atteint les ligues majeures plus rapidement comme receveur!

« Honnêtement », a-t-il dit, « Je me serais battu à mort pour jouer dans les ligues majeures, peu importe la position! Je ne le regrette pas, je suis heureux là où je suis maintenant. Mais, m’adapter au travail de receveur était certainement faire un pas en arrière. J’ai dû apprendre une nouvelle position et surtout un tout nouvel aspect du jeu, tandis qu’au troisième but, je n’avais qu’à me placer en défensive et à jouer. »

« J’ai mis entre 2 ans et 2 ans 1/2 à me sentir à l’aise dans ma nouvelle position. Alors que j’étais déjà à l’aise au troisième coussin. J’ai certainement fait un pas en arrière pour en faire deux en avant par la suite. »

Et il n’y a pas eu de transition progressive. Dès 2003, Martin était devenu exclusivement un receveur. En 2006, il a atteint les ligues majeures avec les Dodgers. En 2007, Russell Martin était receveur de la Ligue nationale de baseball lors du match annuel des étoiles!

« Dans l’ensemble », a relaté Martin, « ce fut une bonne initiative. Je n’ai pas appris seulement à jouer à une nouvelle position, j’ai aussi beaucoup amélioré ma lecture d’un match de baseball. Je me suis retrouvé dans une situation où je sentais que je pouvais avoir plus d’impact sur les matchs. Une chose est certaine, j’ai beaucoup plus d’incidence sur la partie derrière le marbre qu’au troisième sac. Quand je suis receveur, j’ai la balle en ma possession sur presque tous les jeux. Puis, en jouant tous les jours on en vient à mieux comprendre les subtilités du baseball. Je dois appeler les lancers, je dois bloquer les balles et surtout je dois diriger les lanceurs… et cela j’apprécie au plus haut point. »

« Mais, bien sûr, jouer derrière le marbre est handicapant pour le corps, mais c’est tellement satisfaisant de contrôler le match. »

Être capable de jouer à d’autres positions permet à Martin d’en profiter pour reposer « son mental » à l’occasion. Et cela permet aux Pirates d’utiliser Michael McKenry derrière le marbre, lui qui est un frappeur puissant et surtout fort opportuniste. Avoir Martin ailleurs sur le losange permet d’avoir deux bons bâtons dans l’alignement des frappeurs!

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