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Soif de victoire

Revue de presse

Nicolas Dupont, RDS.CA, le 8 mars 2013

Denis BoucherContrairement à ce qui s’est produit en 2009, le Canada n’entend pas se contenter d’un rôle de figurant lors de la Classique mondiale de baseball.

C’est du moins le mot d’ordre dans l’entourage de l’équipe qui ne veut pas que l’histoire se répète. Rappelons qu’il y a quatre ans, le Canada n’avait pas été en mesure de savourer une seule victoire, s’inclinant face à l’Italie et aux États-Unis.

Photo ci-dessus : Denis Boucher (Source d'image: Getty)

« Les gars sont agités, ils ont hâte que ça commence. Certains joueurs ont encore sur le cœur l’édition 2009 de la Classique », signale l’instructeur des lanceurs, Denis Boucher, au RDS.ca « Ils veulent prouver que le Canada est un pays de baseball capable de se démarquer dans un championnat mondial comme celui-ci. »

Le Canada comptera sur un noyau de joueurs et d’entraîneurs semblable à celui de 2009, une situation qui encourage l’ancien des Blue Jays, des Indians et des Expos. Et avec un milieu d’alignement composé de Justin Morneau, Michael Saunders et Joey Votto, les chances de victoires semblent à la portée de l’équipe. « Notre alignement ne fait rougir personne. On sera de calibre », fait savoir Boucher. « La chimie de l’équipe est déjà bien installée. Je ne sais pas si c’est bien différent ailleurs, mais avec Équipe Canada, les joueurs se connaissent bien et ils sont à l’aise ensemble. »

Les Canadiens, qui entameront leur tournoi vendredi après-midi face à l’Italie dans un match du groupe D, s’affairent depuis une dizaine de jours aux derniers préparatifs, en Arizona. Ils attendent impatiemment que retentisse le fameux « Playball » pour que s’amorce leur rédemption. Le couteau entre les dents, les joueurs canadiens se disent fin prêts à disputer des matchs qui veulent dire de quoi.

« Les joueurs ressentent une énorme fierté de revêtir les couleurs de l’unifolié », souligne Boucher.

« Les nouveaux membres sont accueillis à bras ouverts, ce qui crée une bonne ambiance au sein de l’équipe. Représenter son pays lors d’un tournoi prestigieux, c’est un honneur pour tous les joueurs présents. »

Le cas Russell Martin
Évidemment, le désistement de Russell Martin a énormément fait jaser en Arizona. Certains joueurs se sont montrés déçus voire fâchés de la décision du receveur des Pirates de ne pas vouloir se retrouver derrière le marbre pour Équipe Canada. Certains ne se sont d’ailleurs pas gênés pour le dire.

« Il y en a qui le prennent moins bien que d’autres », raconte Boucher. « Russ était là il y a quatre ans et en tant qu’instructeur des lanceurs, c’est certain que j’aurais bien aimé pouvoir compter à nouveau sur lui pour diriger mes gars. »

« C’est un gars qui a pris part à trois parties d’étoiles », relève l’ex-artilleur des majeures. « Je ne dis pas qu’il n’aurait pas fait le travail au poste d’arrêt-court, mais on le voulait à sa position. C’est un des meilleurs de sa profession pour diriger les lanceurs et évidemment, il aurait pu faire une différence avec son coup de bâton dans l’alignement des frappeurs. »

En l’absence de Martin, Chris Robinson sera appelé à jouer un rôle plus important qu’il ne le pensait. Ce vétéran du niveau AAA sait cependant à quoi s’attendre puisqu’il fait partie de l’équipe nationale depuis près de dix ans.

« On le connaît très bien, Chris Robinson a toujours bien dirigé nos lanceurs. Il est à l’aise avec son rôle de receveur numéro un de l’équipe », affirme Boucher, qui ajoute par le fait même que le Canada est confortable avec Robinson derrière le marbre.

Le receveur de 28 ans, qui n’a toujours pas franchi les portes des Ligues majeures, espère certainement que l’actuelle Classique mondiale lui servira de tremplin pour se tailler un poste avec les Orioles de Baltimore.

« S’il améliore son coup de bâton lors de ce tournoi, il ouvrira peut-être les yeux des dirigeants des Orioles. »

L’auxiliaire de Robinson, John Suomi, a pour sa part roulé sa bosse dans les mineures depuis le repêchage de 2000. Il a dirigé un bon nombre de lanceurs au cours de sa carrière et il pourrait s’avérer un atout en fin de match pour le Canada.

De jeunes lanceurs, mais avec du potentiel
Les absents au monticule sont nombreux pour le Canada. On n’a qu’à penser à Rich Harden, Scott Diamond, Ryan Dempster et Jeff Francis, quatre vétérans qui ne sont pas de la partie et qui auraient donné un peu d’expérience à Denis Boucher.

Néanmoins, ce dernier se montre confiant en raison de l’énorme potentiel des lanceurs qu’il aura sous la main.

« Malgré l’inexpérience, j’adore ma rotation de partants. C’est vrai qu’ils sont jeunes, mais ils sont dotés de de bras très puissants », admet Boucher, qui fait notamment référence aux jeunes espoirs des Pirates, Jameson Taillon et Christopher Leroux. « Shawn Hill, qui amorcera le premier match vendredi, aura un rôle primordial à jouer avec ces jeunes artilleurs. Nous espérons qu’il donnera le ton aux autres et qu’il les encouragera à bien faire. »

En ce qui concerne les releveurs, Boucher ne tarit pas d’éloges. « L’enclos est notre grande force », dit-il.

Bien qu’il soit établi que le poste de spécialiste des fins de matchs revienne à John Axford, l’instructeur des lanceurs estime que la présence de Phillippe Aumont est de bon augure si l’équipe a les devants dans le match.

« Phil a terminé la saison dernière à Philadelphie avec beaucoup d’aplomb. C’est bon pour sa confiance; il sait maintenant qu’il est en mesure de lancer dans les Ligues majeures et d’affronter de gros frappeurs. Il sera un gros morceau de notre enclos de releveurs », vante Boucher, affirmant au passage qu’Aumont devra remplir les souliers de Jesse Crain, blessé à l’aine. « Si John n’est pas en mesure de sauvegarder un match – en raison des restrictions des manches lancées – ce sera sans doute à Phillippe qu’on refilera la balle. »

Le danger, c’est que Phillippe veuille en faire trop, lui qui avait connu ses premiers moments de gloire chez les professionnels lors de la Classique de 2009.

« Souvent, les jeunes veulent lancer plus fort, en faire plus qu’à l’habitude. C’est là que je rentre en ligne de compte. C’est mon rôle de calmer le jeu et de demander de revenir à la base. Un frappeur à la fois, une manche à la fois. »

Revue de presse publiée par Jacques Lanciault.

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