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Vivre le rêve du baseball américain

Revue de presse

Ugo Giguère, Granby Express.com, le 18 avril 2012

Cédric Vallières Au moment où les Guerriers de Granby de la Ligue de baseball élite du Québec peaufinent leur préparation en gymnase, quatre de leurs joueurs vivent leur rêve américain dans les rangs universitaires. GranbyExpress.com s’est entretenu avec Cédric Vallières, Jacob Gosselin-Deschênes, Francis Cloutier et Emmanuel Forcier, en route vers la Série mondiale des junior colleges.

Photo ci-dessus : Cédric Vallières, dans l'uniforme de Clarendon au Texas, (Photo: Courtoisie Morgan Wheathley / The Clarendon Enterprise)

École le matin, baseball l’après-midi. Ajoutez à cela un programme de musculation et plusieurs parties par semaine, en plus des voyages. Pas de quoi s’ennuyer quand on s’enrôle dans un programme de baseball universitaire américain.

Cédric Vallières, de Roxton Pond, et Jacob Gosselin-Deschênes, de Saint-Hyacinthe, ne sont pas seulement coéquipiers l’été à Granby, ils portent aussi le même uniforme à Clarendon au Texas. Une ville de 2000 habitants dans le nord de l’État.

Chris Joblin, gérant de la formation de Clarendon, présente ses deux protégés comme des joueurs «très talentueux, qui travaillent fort et qui font les choses de la bonne façon.»

Coach Joblin ajoute qu’il place la barre haute dans le cas des deux jeunes hommes et que ceux-ci «livrent la marchandise». Il dit voir en Cédric un athlète «compétitif à un niveau qu’on voit rarement. Il est calme et réservé, mais quand tu regardes dans ses yeux, tu vois le feu du succès», a-t-il écrit dans un échange de courriels avec GranbyExpress.com.

Cédric Vallières est le seul joueur de première année partant de son équipe. En 37 parties, le joueur d’arrêt-court a frappé 38 coups sûrs et produit 32 points. Dans sa description de son jeune joueur, Chris Joblin ajoute qu’il travaille à «le faire sortir de sa coquille pour qu’il devienne un meilleur leader». Il vante d’ailleurs ses qualités de joueur d’équipe.

Le Roxtonnais, interrogé par courriel, dit avoir choisi Clarendon parce qu’il y connaissait déjà des joueurs et que l’équipe évolue dans la meilleure conférence du baseball junior college. Content de cette première saison, celui qui étudie les affaires souhaite faire encore mieux en fin de saison pour permettre à l’équipe de «gagner le plus possible».

Au sujet de Jacob Gosselin-Deschênes, qui s’est taillé une place comme lanceur partant dans la rotation. Chris Joblin parle d’un «joueur très intelligent qui a une présence très rassurante sur le monticule combinée à son habileté à donner une chance à l’équipe de gagner chaque fois qu’on lui confie la balle».

Le gérant de Clarendon ajoute à propos de son lanceur qu’il a une qualité encore plus rare chez un joueur d’équipe. «Il semble encore plus enthousiaste et dans le match lorsqu’il ne lance pas! Il aide beaucoup ses coéquipiers même lorsqu’il n’est pas sur la butte.»

Ennuyé par des maux de bras, Jacob avoue ne pas avoir pu offrir le meilleur de lui-même. Malgré tout «ça va bien», écrit-il. Pour un lanceur, les statistiques en ligue universitaire sont un cauchemar. Il faut savoir que les Américains utilisent encore les bâtons d’aluminium au lieu du bois. «C’est difficile de garder une moyenne de point mérité basse», concède Jacob qui obtient généralement le deuxième départ dans les séries de matchs.

Pour l’avenir, Chris Joblin croit qu’avec leur éthique de travail et leurs efforts les deux joueurs ont le potentiel de passer à un niveau supérieur.

Cette saison, la formation du Clarendon junior college montre une fiche de 26 victoires et 13 défaites et détient la 4e meilleure moyenne au bâton par équipe de tout le pays. Un résultat dont Chris Joblin se dit «extrêmement fier». L’équipe doit terminer parmi les quatre premières de son groupe pour prendre part au tournoi de fin de saison. Malgré une conférence «des plus fortes», le gérant est confiant. Clarendon pourrait-il aller jusqu’aux séries mondiales? «Oui», répond-il sans détour.

De Shefford à Wharton County
Depuis deux ans, Francis Cloutier passe lui aussi l’hiver au Texas, dans le sud, à Wharton county college. À 35 heures de voiture de son patelin de Shefford, il étudie en génie électrique grâce à une bourse qui paie son logement et ses frais de scolarité. Mais surtout, il joue au baseball.

Après avoir manqué une saison complète en raison d’une blessure, le jeune homme de Shefford revient en force cette saison. Si l’équipe a connu un bon début de saison, les choses se sont un peu gâtées par la suite. Au moment de notre entrevue via Skype récemment, Wharton se trouvait au 5e rang de sa conférence.

«C’est un village qui ressemble à Saint-Joachim et on joue dans un stade comparable à celui de Granby», raconte le voltigeur reconnu pour son ardeur sur le terrain. Habitué à frapper au premier rang, Francis est utilisé au milieu de l’alignement par le gérant de l’équipe en raison de son opportunisme à produire des points.

Très populaire dans la région de Wharton, l’équipe est couverte par la radio locale et la communauté se déplace en grand nombre pour assister aux parties.

Forcier au Nouveau-Mexique
Du haut de ses six pieds deux pouces, Emmanuel Forcier constitue un premier frappeur intimidant pour la formation du New Mexico Junior college. Après un passage au programme sport-études du Collège Laflèche, le voltigeur a choisi le Nouveau-Mexique parce qu’on lui offrait une bourse complète.

Par courriel, le jeune homme de 20 ans écrit être étonné de son utilisation comme partant et de ses succès pour une première saison dans le réseau américain. «J'essaie de ne pas changer et de continuer de mon meilleur», écrit-il.

Repêchage professionnel
À l’approche du mois de juin, les jeunes talents angoissent en secret et tendent l’oreille vers le repêchage amateur du baseball majeur. Qu’en est-il de nos Guerriers? «Mon rêve est de jouer du baseball professionnel.

J'espère que mon nom va sortir», répond clairement Emmanuel Forcier qui possède probablement les meilleures chances de retenir l’attention.

Cédric Vallières n’y croit pas trop cette année. «Il me reste encore du chemin à faire avant d’atteindre cet objectif si un jour ceci se produit», mentionne-t-il. L’arrêt-court souhaite revenir à Clarendon avant de passer en NCAA.

Jacob Gosselin-Deschênes «reste humble» face aux grandes ligues. «Je dois mettre les bouchées doubles afin de pouvoir être en mesure de me faire remarquer et de surpasser les lanceurs du pays», analyse-t-il. Dans le cas où il ne reçoit pas d’offre professionnelle d’ici deux ans, il voudrait se joindre au programme de l’Université du Maine.

Finalement, Francis Cloutier regarde plutôt vers l’Europe. Le baseball n’est peut-être pas le sport le plus populaire chez les Français, mais il s’agit d’une belle occasion de voyager. Avec l’aide d’anciens entraîneurs, il pourrait se dénicher un poste au sein de l’équipe de Rouen.

Revue de presse publiée par Jacques Lanciault

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