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À son premier camp professionnel, Jesen Dygestile-Therrien a affronté ses anciens coéquipiers!

Revue de presse

Traduction libre par Jacques Lanciault d’un texte d’Alexis Brudnicki publié sur le site Internet Canadian Baseball Network le 23 mars 2012

Jesen Dygestile-Therrien. St Petersburg, Floride, le 23 mars 2012 — Le baseball est un langage universel!

Le passe-temps favori des Américains est international! Il est joué partout dans le monde, dans de vrais stades, sur des terrains vagues, dans des cours d’école et même sur des terrains de stationnement! Il réunit les jeunes et les moins jeunes et il permet à ceux-ci de se connaître, et ce, bien au-delà du baseball.

Photo ci-dessus : Le lanceur droitier Jesen Dygestile-Therrien (Montréal, QC) a changé le rouge de l’équipe nationale junior pour celui des Phillies de Philadelphie. (Photo: Alexis Brudnicki)

C’est Baseball Canada qui a introduit Jesen Dygestile-Therrien au sein de l’organisation des Phillies de Philadelphie pour la première fois… et en anglais. Jesen ne parlait que le français. Ses premiers pas en anglais c’est au sein de l’équipe nationale junior qu’il les a faits.

« J'ai appris l'anglais à ma première année avec l’équipe nationale », a raconté Dygestile-Therrien au terme d’une séance d’entraînement matinale au complexe Carpenter, le site d’entraînement des Phillies à Clearwater.

« J'ai appris en parlant avec les autres joueurs. Nous avions des classes d'anglais à Montréal, mais ce n’est pas vraiment sérieux comme cours ", a expliqué celui qui était réticent à accorder l’entrevue en anglais, de peur de ne pas être à la hauteur.

Le Québécois Josué Peley qui évolue au sein de l’organisation des Red Sox de Boston a vécu à peu près la même expérience que Dygestile-Therrien avec l’apprentissage de la langue anglaise.

La langue maternelle de Peley est l’espagnol, lui qui est né au Venezuela. À son arrivée à Montréal à l’âge de 10 ans, le passage de l’espagnol au français a été relativement facile. Mais pas l’apprentissage d’une troisième langue, l'anglais.

« Oui, nous apprenons l'anglais à l'école secondaire à Montréal, mais c'est un peu de la même manière que les Américains apprennent l'espagnol dans les écoles secondaires des États-Unis », a laissé entendre Peley. « C'est une farce. Vous étudiez pour réussir l’examen, puis vous oubliez tout. Et lorsque vous sortez de l’école, vous ne parlez pratiquement pas anglais. »

« Je pouvais dire des mots comme des couleurs, le vert, le bleu, nommé le tableau, dire “mon nom est”. Que des phrases de base. »

Les deux jeunes joueurs parlent aujourd’hui couramment l’anglais. Peley estime que le fait d’être dans un environnement entièrement anglais force à apprendre rapidement.

« Je suis bon à l'école », a avoué l’athlète de 24 ans qui a lui aussi évolué au sein de l’équipe nationale junior. "Pour jouer au baseball, je voulais aller étudier dans un collège américain. Un de mes entraîneurs a fait les démarches pour moi et il m’a proposé le Seminole State College. Je n’avais aucune idée où était situé l’Oklahoma sur une carte géographique. »

« L’entraîneur m’a dit : “Pour aller au Seminole College, il faut parler anglais”! Oups, je ne parle pas anglais ou si peu. Lorsque l’entraîneur-chef de l’équipe de Seminole m’a téléphoné, notre conversation a été mon test d’anglais. Et j’ai été accepté! »

« Je suis arrivé là-bas avec mes quelques mots d’anglais. Au bout de cinq mois, je parlais anglais. Comme pour apprendre le français, j’ai regardé des tonnes de films en anglais à la télévision en plus de parler avec tout le monde, même avec ceux qui se moquaient de moi. »

"Qui plus est, en Oklahoma, Seminole est une ville de cow-boy, avec des gens qui ont un accent terrible. Et ce sont eux qui se moquaient de mon accent. Mais, mes coéquipiers m’ont beaucoup aidé et j’ai appris. »

Dygestile-Therrien n'a pas eu autant de difficulté dans son apprentissage de la langue anglaise que son homologue des Red Sox. Mais, sa stratégie d'apprentissage a été pratiquement en tout point similaire.

"J'ai beaucoup regardé la télévision », a affirmé le jeune joueur de 19 ans. " Pendant deux mois, j'ai essayé de ne parler qu’anglais avec mon frère. La télévision m’a beaucoup aidé. Et, n’étant pas un jeune timide, j’essayais de parler anglais avec tout le monde.

Le jeune droitier sait qu'il a fait beaucoup de progrès depuis, surtout si l’on considère qu’il était, il n’y a pas si longtemps, unilingue français. Et le jeune est fier de son succès.

« À mes débuts avec l’équipe nationale junior, je ne parlais pas un mot anglais. Maintenant, je peux tenir sans problème des conversations en anglais avec à peu près tout le monde. »

Il y a même des moments où les deux jeunes hommes originaires de Montréal parlent anglais entre eux! Et lorsqu’ils sont avec d’autres anglophones, c’est toujours en anglais qu’ils parlent.

Le lanceur (Dygestile-Therrien) et le receveur (Josué Peley) se sont rencontrés à l'Académie Baseball Canada (ABC) au Québec, où ils s’entraînaient tous deux durant la saison morte.

Cet hiver, ils ont travaillé ensemble à la fois de Montréal et en Arizona. À ce dernier endroit, c’est avec leur compatriote Russell Martin des Yankees de New York qu’ils se sont entraînés.

Bien que tous les joueurs de baseball montréalais se connaissent et se parlent fréquemment, la relation entre Dygestile-Therrien et Peley a commencé avec l'équipe nationale.

« Je l'ai connu quand il a commencé avec l'ABC à Montréal », a rappelé Peley en parlant du jeune droitier. « Lors de nos entraînements, des recruteurs de l’équipe nationale se sont intéressés à lui. Il a alors commencé à me parler un peu plus, parce qu’il savait que j’avais joué deux ans avec l’équipe nationale junior. »

« Il m'a posé des questions au sujet de l'équipe junior. Il voulait savoir comment était Greg Hamilton comme entraîneur et ce qu’il devait faire pour être sélectionné dans l'équipe. »

Le receveur de l’organisation des Red Sox a été en mesure d'offrir à Dygestille-Therrien de nombreux conseils sur l’art de lancer, et ce, parce qu’il était son receveur à l’entraînement. Cet hiver, le jeune lanceur se préparait à son premier camp d’entraînement, alors que Peley a déjà quatre années d’expérience dans les ligues mineures.

« Chaque fois que nous nous parlions, nous parlions baseball », a révélé Peley. « Je lui ai parlé de comment ça fonctionnait pour les lanceurs dans le baseball professionnel. J’ai attrapé ses lancers durant tout notre entraînement hivernal, ce qui m’a permis de lui faire de nombreux commentaires. »

« Et je lui ai toujours dit de croire en ses capacités et de s’approprier une bonne éthique de travail, que ces deux points étaient la source de la réussite. Il a les outils pour être un grand joueur de baseball et je lui souhaite bonne chance. »

C’est le recruteur québécois des Phillies de Philadelphie, Alex Agostino, qui a fait signer son premier contrat professionnel à Dygestile-Therrien, poursuivant ainsi la tendance qui se confirme de signer un après l’autre les joueurs ayant évolué au sein de l’équipe nationale junior.

D’ailleurs, à St Petersburg, lors de la “Journée du Canada”, Dygestile-Therrien a eu l’occasion de revoir et d’affronter plusieurs de ses anciens coéquipiers de l’équipe nationale junior canadienne.

« Je suis allé dîner avec les gars après le match et c'était vraiment bien. Nous avons parlé de comment les choses allaient désormais pour moi, et comment ça allait au sein d’Équipe Canada”, a précisé le jeune espoir des Phillies. « C'était agréable. C'est un privilège pour nous d'être Canadien et d'être ici en Floride en jouant au baseball tous les jours. »

Lors de cette journée, les Phillies ont permis à six lanceurs canadiens d’affronter la troupe de l’équipe nationale junior. Évidemment, il y avait Dygestile-Therrien, en plus des Ethan Stewart (Campbell River, Colombie-Britannique), Steven Inch (Edmonton, Alberta), Jay Johnson (Sussex Corner, Nouveau-Brunswick), Rob Cooper (Tecumseh, Ontario) et Colin Kleven (Kamloops, Colombie-Britannique). Ce fut une expérience un peu étrange pour lui.

“J'étais très heureux d’avoir la chance de lancer contre l'équipe nationale junior du Canada, et ce, parce que j'ai joué avec eux pendant deux ans. Maintenant que je suis professionnel, je peux essayer de les battre », a expliqué Dygestile-Therrien. « Mais, j’ai trouvé la situation bizarre, parce que pendant trois ans, j’ai toujours voulu gagner avec eux et que là je ne cherchais qu’à les battre. »

« Mes meilleurs moments dans le baseball, c’est avec l’équipe nationale junior que je les ai vécus », a lancé Dygestile-Therrien. “À ma première année avec eux, nous avons participé au Championnat mondial de baseball junior! Ce fut sans aucun doute le point culminant de ma carrière dans le baseball jusqu’à présent. D’autant plus que le championnat avait lieu au Canada. J’avais des frissons partout sur le corps quand nous étions alignés sur la ligne des buts et que nous avons entendu l'hymne national. »

« En fait, nous ne pouvions même pas entendre l'hymne national officiel, car tout le monde dans la foule et sur le terrain chantaient. Ce fut un moment incroyable. Je m'en souviens comme si c'était hier. »

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