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« Un travail à achever » – Russell Martin

Revue de presse

Propos de Russell Martin recueillis par Nicolas Dupont avec la collaboration d’Ivan Naccarata, publié sur RDS.ca le 15 mars 2012

Russell MartinBonjour à vous chers amateurs de baseball. La nouvelle saison est à nos portes et encore une fois cette saison, il me fera plaisir de vous livrer mes états d’âme sur ce qui se passera dans l’entourage de mon équipe, les Yankees de New York, ainsi que sur certains sujets touchant le baseball majeur.

Ça fait maintenant près d’un mois que je suis arrivé au camp d’entraînement à Tampa Bay et je dois dire que pour le moment, tout se déroule rondement. L’énergie autour du clubhouse est extrêmement positive et tous les joueurs semblaient bien heureux de se retrouver après ces quelques mois d’hiver.

D’entrée de jeu, j’ai constaté que tous les membres de l’équipe se trouvaient sur la même longueur d’onde et c’est bon signe. Nous sommes conscients que nous n’avons pas atteint notre objectif de remporter la Série mondiale. Cette fois-ci, nous voulons absolument terminer le boulot.

L’état-major des Yankees a décidé de faire confiance à un groupe sensiblement semblable à celui de l’an dernier. En effet, parmi les joueurs de position, les Yankees n’ont pas apporté beaucoup de changements. Ce qui est merveilleux dans un tel cas, c’est qu’on sait à quoi s’attendre de tout le monde. Ce sera à nous de prouver que les dirigeants ont pris les bonnes décisions et à mon avis, c’est très bien parti. Tous les joueurs sont arrivés au camp au meilleur de leur forme et nous serons assurément prêts une fois la saison amorcée.

Pour ma part, j’ai passé le début de l’année 2012 en Arizona à m'entraîner avec mes amis Jean-Luc Blaquière et Josué Peley, deux Québécois très talentueux qui tenteront d’atteindre les ligues majeures lors des prochaines années. J’estime que ces quelques semaines ont été très productives et elles m’ont permis d’être prêt mentalement pour le grand camp. La température était plus que parfaite et j’ai adoré pouvoir compter d’autres joueurs pour s’entraîner dans la cage des frappeurs. J’ai bien hâte de savoir comment ils se seront comportés lors de leurs camps respectifs et de connaître leurs résultats.

Physiquement, je peux dire que je suis dans la meilleure forme de ma vie. Je me suis entraîné efficacement, toujours en utilisant les techniques des arts martiaux mixtes. J'ai placé mon focus sur mon explosion, ma stabilité, mon agilité, ainsi que sur ma vitesse latérale et linéaire. Ce qui m’a plu, c’est que contrairement à l’an dernier, j’ai pu concentrer mon énergie autant sur le bas que sur le haut du corps. Ce n’était pas le cas en 2011, alors que je me remettais d’une blessure à la hanche du côté droit.

Ma passion pour l’entraînement remonte à loin, c’est-à-dire au temps où je me lançais la balle avec mon père sur les terrains de baseball à Montréal. Depuis, j’ai toujours été très discipliné en ce qui concerne ma forme physique. À l’heure actuelle, à un moment où je peux dire que j’ai gagné en maturité, ma compréhension des mouvements faits en gymnase est meilleure; je sais comment m’y prendre afin de bien répéter ces mouvements sur un terrain de baseball. De plus, j’ai volontairement choisi de me concentrer sur mes faiblesses afin de me rapprocher le plus possible du concept de 5-tool player. Au baseball, cette expression est attribuée à un joueur qui combine une moyenne au bâton constante, une certaine puissance, de la vitesse et de l’intelligence sur les sentiers, un bon bras et une excellente défensive. J’ai poussé mon corps à la limite et aujourd’hui, j’estime que ç’a payé des dividendes tellement je ressens une nette différence.

Les nouveaux membres de la famille
La grande famille des Yankees a accueilli certains nouveaux visages au camp d’entraînements, mais parmi les plus notoires, on peut penser à Hiroki Kuroda et Michael Pineda.

Lorsque j’ai appris que notre directeur général Brian Cashman avait mis le grappin sur Kuroda, j’étais très heureux car je soutiens qu’il cadrera très bien à New York. Je connais très bien le lanceur japonais car j’ai eu l’opportunité de diriger ses lancers durant trois saisons avec les Dodgers de Los Angeles.

Bien que Kuroda doive encore se servir d’un interprète pour comprendre l’anglais, je sais que nous communiquerons de nouveau très bien ensemble, car je comprends très bien quel genre de lanceur il est. Je connais déjà son arsenal de lancers et ses principales forces; sa transition avec les Yankees se fera comme un charme.

Kuroda possède beaucoup de belles qualités sur un monticule. Parmi celles-ci, je me rappelle qu’il pouvait utiliser n’importe quel lancer à n’importe quel moment dans le compte. C’est un atout important pour un artilleur et c’est pourquoi il a toujours été un partant de qualité depuis qu’il joue dans la MLB. S’il parvient à lancer des prises et à prendre les devants face aux frappeurs, il nous donnera un bon nombre de victoires. Certes, il nous donnera tout ce qu’il a dans le ventre à chaque fois qu’il se présentera sur la butte.

Quant à Pineda, il semble vraiment comblé de se retrouver avec les Yankees. De mon côté, je m’efforcerai pour bien apprendre à le connaître. D’ailleurs, j’ai posé un geste en ce sens lors des derniers jours alors que je me suis procuré un guide Rosetta Stone anglais/espagnol. Ainsi, ça m’aidera à communiquer un peu mieux avec tous les joueurs latins de mon équipe. Ils font tous l’effort d’apprendre l’anglais, pourquoi n’en ferais-je pas autant avec l’espagnol? Je veux que les joueurs se sentent le plus confortable possible au sein des Yankees afin que se crée le meilleur esprit d’équipe possible.

Pineda se classe parmi les jeunes qui se distinguent le plus au camp. Il a faim et ça paraît. Il veut performer à un haut niveau dans le but d'offrir le maximum à cette équipe. Il possède un excellent contrôle et sa balle rapide explosive. J’ai également été impressionné par le gaucher Manny Banuelos, qui représente l’un des plus beaux espoirs de l’organisation. J’adore son attitude de compétiteur, car malgré son grand talent, il sait qu’il y aura toujours de la place pour de l’amélioration. Au cours du camp, les instructeurs lui ont demandé de raffiner son changement de vitesse et de travailler sur le contrôle de sa balle cassante. On verra dans les prochains jours comment il mettra en pratique ces recommandations.

Au revoir Kid
En terminant, j’ai appris, comme tout le monde, avec tristesse le décès de Gary Carter, qui s’est éteint le 16 février dernier. J’ai eu du mal à trouver les mots justes pour exprimer ce que je ressentais et c’est pourquoi j’ai attendu que la poussière retombe quelque peu avant de commenter.

Malgré que j’étais encore très jeune, j'ai eu la chance de voir jouer Gary Carter alors qu’il évoluait avec les Expos. Je n’ai toujours entendu que de bons commentaires sur cet homme qui a été une inspiration pour beaucoup de gens, autant à Montréal que dans la province de Québec. Il arborait toujours un immense sourire sur son visage et les gens appréciaient sa grande proximité.

Je me rappellerai surtout du « Kid » comme était un travailleur acharné, un leader incontesté, un joueur intense qui savait se lever au bon moment et d’un gérant attentionné. En tant que receveur dans les Majeures, il sera toujours un modèle pour moi.

Revue de presse publiée par Jacques Lanciault.

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