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Fév/07
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Deux arbitres prisonniers de leur vestiaire

Difficile, le métier d'arbitre

Texte de Jacques Lanciault

N.D.L.R : En travaillant à la création de l'historique de la Ligue de Baseball Élite du Québec (LBÉQ) sur le site Internet de la Ligue, j'ai retrouvé un texte que j'ai écrit en 2000 racontant un fait cocasse survenu au terme d'un match pré saison. Je vous le présente ci-dessous pour votre plaisir. - Jacques Lanciault

Sylvain Saindon, l'entraîneur-chef des Ducs de Longueuil en 2000.Longueuil, 7 mai 2000 - Le métier d’arbitre en est un où il faut penser vite et où, à maintes occasions, il faut faire preuve d’imagination. Les deux arbitres de la dernière rencontre du calendrier pré saison 2000 de la Ligue de Baseball Élite du Québec en savent quelque chose.

Notre photo : En 2000, Sylvain Saindon était l'entraîneur-chef des Ducs de Longueuil. Lorsque mis au courant de la mésaventure des officiels, il a eu un commentaire pour le moins suave.

Le match opposant la formation senior des Chiefs de Montréal aux Ducs de Longueuil de la LBÉQ, au parc Paul-Pratt, s’est déroulé sans anicroche. C’est après le match, comme c'est souvent le cas d’ailleurs, que les choses se sont gâtées.

Lorsque le match a pris fin, les arbitres ont retraité à leur vestiaire situé dans une école à proximité du parc. Les joueurs des Ducs également, puisqu’ils y ont aussi leurs « quartiers généraux » à cet endroit. En saison régulière, les joueurs enlèvent leur uniforme, prennent une douche puis placotent un peu. Or, nous sommes en match pré saison et les joueurs ont fait les choses rondement et ont vidé les lieux très rapidement.

Normalement, le gérant général des Ducs, vérifie que tous ont quitté le vestiaire, puis verrouille les portes. Malheureusement pour les hommes en bleu, Denis Varney le gérant général des Ducs a dû quitter plus tôt ce soir-là et il a demandé à un de ses joueurs de verrouiller les portes lorsque tous les joueurs seront partis. Évidemment, le type de serrure dont est doté le local ne s’ouvre pas de l’intérieur lorsque la porte est fermée et verrouillée.

Après le départ des joueurs, évidemment on verrouille la porte
Après s’être assuré que tous les joueurs des Ducs avaient bien quitté les lieux et que le local était bien propre…, notre joueur verrouille les portes et quitte pour son domicile, le cœur léger étant donné la victoire de son équipe. Vous aurez sans doute déjà deviné que ce joueur, un vétéran, n’a eu aucune pensée pour les arbitres du match, qui eux sont encore dans leur vestiaire.

Quelque vingt minutes après la fin de la joute, les deux officiels sortent de leur vestiaire et constatent avec désarroi que la formation Longueuilloise a quitté et que les portes sont verrouillées.

L’espace qui leur est accessible se réduit au couloir qui mène aux chambres des joueurs et des officiels et à la salle de bain, le tout au sous-sol. Aucun téléphone, pas de cellulaire non plus, aucune âme qui vive dans le stationnement avec qui communiquer et surtout aucune issue…

Aucune aptitude pour devenir brigands
Après avoir évalué la situation et ne voulant sous aucune considération passer la nuit à cet endroit, nos deux victimes entreprennent de forcer le grillage de la salle de bain qui mène au stationnement. Un des officiels réussit, à coups de pied, à ouvrir en partie le grillage. Le second prend la relève pour ouvrir plus grandement, en prenant appui sur la fenêtre, mais trop lourdement : la fenêtre éclate. Avec tous ces éclats de verre, il n’était plus possible de tenter d’agrandir cette sortie sans risquer de se taillader la peau sérieusement.

Nos deux acolytes cherchent donc une autre solution. C’est dans le vestiaire des Ducs qu’ils la trouvent : un bâton de baseball en bois qui leur servira de levier pour écarter le grillage suffisamment pour ainsi permettre à un des deux prisonniers de se faufiler à l’extérieur.

Rendu à l’extérieur une mauvaise surprise attendait notre arbitre, qui prenait maintenant des airs de fuyard : un second grillage recouvre le mur de l’école, un homme peut y circuler sans toutefois y être libre. Cependant, de là il est possible d’alerter un passant qui lui pourrait aviser les forces de l’ordre. C’est ce qui est arrivé, mais ce passant, bon samaritain, a tout de même requis de notre officiel qu’il lui remette « trente sous » pour faire l’appel.

Difficile, la route vers la liberté…
Après quelques minutes les policiers sont sur les lieux. Ils communiquent avec un concierge de l’école qui se présente à son tour, une dizaine de minutes plus tard. Celui-ci a la clef du grillage… mais pas celle du sous-sol. Un premier arbitre est libéré, il ne reste qu’à libérer le second. Pour le libérer, il faudra qu’un responsable du service des loisirs de la municipalité de Longueuil se joigne au groupe qu’on peut maintenant qualifier de couche-tard puisque la libération finale se termine vers minuit 45.

Bilan des événements : deux arbitres ayant subi de légères coupures, deux paires de pantalons déchirés, un grillage de fenêtre enfoncé, une fenêtre brisée, un loquet de porte arraché et une bonne histoire à raconter à ses petits-enfants pour nos deux hommes en bleu.

Dans toute cette histoire, c’est le commentaire de Sylvain Saindon, l’entraîneur-chef des Ducs, qui est le plus suave : « Les arbitres de ce match ont été tellement bons que nous voulions les garder pour nos prochaines joutes ».

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