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Le récit du partisan de baseball

Revue de presse

Daniel Richard, RDS.CA, le 13 mars 2019

Marc Griffin

On s’entend, j’étais déjà un peu conquis à l’avance. J’aurais été surpris de ne pas apprécier le récit autobiographique de Marc Griffin, collègue à RDS et ancien joueur professionnel de l’organisation des Dodgers et des Expos.

Le premier aspect qui m’a frappé est qu’avant d’être un « joueur de balle », Marc est avant tout un partisan de ce sport. Tout y est dans le livre, que ce soit le jeu du petit bâton avec son ami d’enfance, Stéphan Bédard, ses exploits au sein de l’équipe du Québec ou du Canada, et son expérience au niveau professionnel.

En lisant le bouquin Griffin 26, on a l’impression que Marc était tout autant excité et intimidé de se retrouver avec les Patriotes de Sainte-Foy que de croiser des joueurs professionnels lors de ses premiers camps d’entraînement. Aussi heureux de frapper un coup sûr gagnant devant 250 personnes que devant 2500.

« J’ai presque envie de dire que j’étais d’abord un partisan de baseball avant d’être un joueur. La satisfaction de contribuer et de faire partie d’une équipe dépassait le niveau. D’ailleurs, c’est ce qui m’a permis de demeurer en amour avec ce sport, même lorsque c’était plus difficile au niveau professionnel. »

On a souvent de la difficulté à mesurer l’impact qu’a un événement marquant sur la vie d’un athlète professionnel lorsqu’il nous le raconte à la télévision. On a parfois l’impression qu’il ne veut pas nous avouer qu’il capote un peu en dedans. Comme si nous ne le savions pas…

Ce n’est pas du tout le cas quand on lit le livre de Marc. Il capotait parce qu’il ne savait pas trop comment aborder Dannie, la fameuse fille qui était dans une classe à part. Il capotait parce qu’il prenait l’avion pour la première fois afin d’aller pratiquer son sport de prédilection. On le sent tout au long du livre. On parle pourtant d’un athlète québécois qui a évolué dans l’organisation des Expos.

Les Expos
Combien de fois entendons-nous ou lisons-nous qu’un joueur de hockey québécois ne veut pas se joindre au Canadien et qu’il préfère aller pratiquer en « gougounes ». Chaque fois, je me demande comment quelqu’un qui a regardé son équipe d’enfance avec le pyjama de celle-ci sur le dos peut penser à pratiquer en « gougounes » d’abord. Ce n’était pas le cas de Marc. Un partisan des Expos à sept ans et un partisan des Expos à 21 ans en tant que membre de l’organisation des Dodgers. Le segment où il nous raconte comment le dilemme de son premier contrat en tant que joueur professionnel est déchirant et captivant.

« Une chance que mon père était à mes côtés, parce que tout ce que je voulais, c’est un stylo pour accepter l’offre des Expos. Je n’avais pas la maturité d’analyser les offres à ce moment-là, mais je suis toujours demeuré un partisan des Expos. Je suivais l’actualité du grand club à Montréal, même lorsque j’étais dans l’organisation des Dodgers. Lorsque Dennis Martinez a réussi son match parfait, je peux te dire que je capotais autant que quelqu’un qui regardait ça dans son salon », raconte Griffin, maintenant âgé de 50 ans.

Ça fait du bien de voir un athlète nous admettre qu’il jubilait lorsqu’il a vécu les grands moments de sa carrière. Un match comme les autres, il n’y en a pas beaucoup dans le livre de cet homme maintenant père de trois enfants.

« Quand j’ai été sur le même terrain que Gary Carter ou Tim Raines, je n’en revenais pas pour vrai. Ça me prenait tout le temps quelques journées avant de me dire que j’avais un uniforme sur le dos et que j’étais à ma place. Pour moi, c’était vraiment surréaliste de vivre de tels moments. Je me rappelais d’où je venais et le chemin parcouru. »

Quand ça devient un travail
Le livre nous fait également réaliser la jungle du baseball affilié. Les casiers qui se vident à la fin du camp d’entraînement parce que les joueurs sont libérés, les déménagements dans des trous perdus aux États-Unis, les salaires modestes et les logements encore plus modestes.

« Il y a des matins où c’est vraiment plus difficile que d’autres. Tu vois des joueurs accéder aux niveaux supérieurs avant toi. Tu as des relations qui ne sont pas idéales avec des entraîneurs, des histoires d’amour à distance qui sont difficiles, des pertes de confiance, etc. À chaque fois, c’est l’amour de ce sport qui me permettait de me concentrer sur mes objectifs et ce que je devais accomplir. »

Plusieurs personnes qui liront le livre se reconnaîtront dans les histoires d’enfance de Marc, où une balle de tennis, un gant de balle et un bâton étaient suffisants pour être heureux. J’en ai frappé des circuits imaginaires avec mes « chums » Frank, Mark et Oli. Marc avait les mains moites lorsqu’il a pris place dans l’abri du Stade olympique avec son uniforme des Expos. J’ai eu les mains moites en lisant son récit.

Revue de presse publiée par Jacques Lanciault.

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