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Te Puia : de l’art māori, un époustouflant geyser et de la boue fumante!

Texte et photos de Céline et Jacques Lanciault

Voici le 9e d’une longue série de reportages relatifs à un passionnant périple en Nouvelle-Zélande et en Australie, voyage que nous avons réalisé au début de l’hiver 2017!

Geyser Pohutu, Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Rotorua, Nouvelle-Zélande, mardi 17 janvier 2017 - Nous poursuivons notre découverte de la Nouvelle-Zélande…

Après la flore et la faune au « Parc naturel kiwi de Rainbow Springs », après les moutons et les chiens de berger à l’Agrodome de Nouvelle-Zélande, après une belle balade sur les berges du lac Rotorua pour terminer cette matinée, nous entrons maintenant au cœur de la culture māorie, elle qui vit sur cette terre qui boue de l’intérieur.

Allons-y d’une visite guidée de Whakarewarewa, une réserve thermale dépendant du village māori de Te Puia… là où le geyser Pohutu n’attendait que nous pour s’éclater!

Photo ci-dessus : « Pohutu » est le plus grand geyser de l’hémisphère sud. Il entre en éruption une ou deux fois par heure et ses jaillissements d’eau bouillante atteignent parfois 30 mètres de haut! Il n’y a donc aucun hasard à ce que le mot « Pohutu » en māori signifie « éclaboussure » ou « explosion ».

Pour agrandir les photos, il suffit de cliquer sur celles-ci.

N.-B. : Pour regarder le diaporama des photos présentées sur cette page, cliquez sur n’importe laquelle des photos.

Nous quittons les berges du lac Rotorua à 13 heures 30. Il ne faut que dix minutes à notre chauffeuse néo-zélandaise, Yvonne, pour mener son autocar à la porte d’entrée de la réserve thermale de Te Whakarewarewa.

« Nous sommes dans la région de Whakarewarewa », nous indique notre guide en Nouvelle-Zélande, Linda. « C’est une zone géothermique où l’on trouve environ 500 sources d’eau chaude et pas moins 65 geysers, dont 7 actifs. 

« Pour notre visite, nous serons sur le site de l’ancienne forteresse māorie de Te Puia qui date de 1325… et qui n’a jamais été prise », ajoute-t-elle fièrement.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Une affiche qui nous souhaite la bienvenue : « Kia Ora »!

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Avant d’entrer sur le site, nous croisons cette magnifique porte d’arche!

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Pendant que notre guide Linda et Jean-Marc, notre accompagnateur de Voyages Lambert, procède à l’achat des billets pour la visite guidée de la réserve thermale, j’en profite pour immortaliser Céline devant une sculpture maorie.

Nous entrons

En passant au guichet, nous lisons sur une affiche que le prix individuel pour une heure de visite guidée est de 52 $ par personne!

Une guide du site nous accueille. Elle se prénomme Carla et est une Māorie née à Rotorua.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Nos guides… Carla, notre guide locale à Te Puia, et Linda, qui est avec nous pour tout le périple en Nouvelle-Zélande.

Après quelques mots de bienvenue, Carla mentionne qu’il y a 100 ans, ce parc était un village māori où vivaient quelque 500 personnes.

« La vie a beaucoup changé pour les Māoris au cours des 60 années qui ont suivi la signature du traité de Waitangi », dit-elle.

« Il y avait plusieurs communautés européennes qui vivaient ici à l’époque et les Māoris ont eu le goût de connaître ces autres coutumes. »

« Au début du XXe siècle, les nôtres ont peu à peu quitté le village, qui fut finalement abandonné autour de 1950. »

« Puis, en 1963, le gouvernement a adopté une loi qui créait l’Institut des arts et de l’artisanat des Māoris de Rotorua. Quelques années plus tard, en 1967, l’Institut devenait national et une école de sculpture et d’artisanat māori prenait place ici même. »

« Cet institut vise à préserver la culture māorie, elle qui est encore très présente à Rotorua. »

« En fait, nous sommes nombreux dans la région, d’ailleurs 90 % des Māoris vivent sur l’île du Nord… parce qu’il y fait plus chaud que sur l’île du Sud. »

« Mais, aujourd’hui, en raison des mariages mixtes, il n’y a presque plus de Māoris pur sang. » Elle ajoute qu’elle-même est Māorie et Écossaise!

Blaguant à ce sujet, elle nous confie qu’une partie d’elle veut boire, mais que l’autre refuse de payer pour les boissons!

« Mais, malgré cette nouvelle diversité, les enfants peuvent toujours apprendre le māori ici, et ce, de l’école primaire jusqu’à l’université. »

« La langue māorie est très semblable à la langue utilisée dans les îles de Cook. »

Nous nous trouvons à l’intérieur d’un genre de tente à ciel ouvert. Douze mats, dont les sommets sont décorés de visages sculptés, l’entourent. Chacun représente un gardien descendu du ciel, Te Heketanga a Rangi, dans la culture māorie.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photos ci-dessus : Grande tente sous laquelle nous nous trouvons. Au centre une pierre prend place. Si nous la touchons, nos déplacements en Nouvelle-Zélande seront sécuritaires.

Nous sommes entourés de sculptures sur bois arborant de belles couleurs. « Ces sculptures ont été fabriquées ici dans l’école de sculpture et de gravure », lance notre guide.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photos ci-dessus : De belles sculptures fabriquées et dessinées sur place.

Nous nous rendons d’ailleurs dans un des bâtiments de l’école, où nous voyons des élèves à l’œuvre… afin de poursuivre la tradition.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photos ci-dessus : Des élèves sculpteurs à l’œuvre!

« L’école offre un programme de formation de trois ans. Après leurs études, les élèves retournent dans leur village et enseignent eux-mêmes pour transmettre leur savoir. »

Nous constatons que tous les élèves sont masculins. Pourquoi demande un des membres de notre groupe?

« Selon les traditions māories, tant l’homme que la femme avaient un rôle bien spécifique à jouer au sein de la communauté. Aujourd’hui, on tente de maintenir la tradition », rétorque-t-elle.

« Les élèves apprentis reçoivent un salaire, entre 400 et 500 $ NZ par semaine. Le programme ne reçoit aucune aide gouvernementale. »

Devant nous, deux élèves travaillent sur un très long panneau de bois qui servira à recouvrir un mur dans le parc… où l’on est à réaliser des travaux d’agrandissement.

Il y a également d’autres jeunes qui travaillent sur des pièces de bois.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photos ci-dessus : Des œuvres réalisées par les élèves.

Notre guide attire notre attention sur une plante… « Le flax (le lin, en français) est une plante qui donne des fibres que l’on utilise pour le tissage. »

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Plante de lin qui sert à la fabrication de fibres utilisées pour le tissage.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Derrière les plants de lin, se trouve une autre plante… qui donne de drôles de fleurs.

« Avec la fibre de “flax”, autrefois on fabriquait des cordages pour les filets de pêche », fait remarquer notre guide.

Puis, elle nous fait entrer dans une classe de l’école de tissage māori, la National Weaving school.

Une dame nous fait une démonstration. Elle prélève une feuille de la plante et en quelques opérations elle en fait une corde.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photos ci-dessus : Une ouvrière de l’école nationale de tissage fabrique, en un tour de main, une corde des plus solide.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Dans l’atelier de l’école nationale de tissage, nous voyons de belles poupées dont les vêtements ont été tissés sur place.

« Plusieurs des œuvres réalisées ici ont été exposées lors d’une exposition internationale tenue à Christchurch sur l’île du Sud. »

Nous sortons. Il fait de plus en plus chaud.

Nous nous retrouvons devant un marae, un peu comme celui que nous avons vu au musée à Auckland.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Un « marae », le lieu de réunion d’une tribu māorie. Elle affiche des sculptures réalisées par les élèves de l’école.

Nous continuons et arrivons devant une grande affiche où un mot de 37 lettres est écrit! « Te Whakarewarewatanga-o-te-ope-a-Wahiao »… ce qui signifie « Le soulèvement de l’armée de Wahiao ».

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Les guerriers māoris s’étaient rassemblés ici, bien cachés par la vapeur des bassins bouillonnants. Puis, avant de partir guerroyer, ils ont entrepris la danse de la guerre… « Te Whakarewarewatanga-o-te-ope-a-Wahiao »!

Carla prononce le mot pour nous.

L’eau bouillante explose
Nous continuons maintenant notre promenade vers le geyser, « car il devrait se mettre à cracher son eau fumante dans quelques minutes. »

Nous empruntons un long sentier de terre où l’odeur de soufre est de plus en plus forte.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Puis wow! De loin, nous apercevons le geyser qui vient tout juste de jaillir du sol! C’est fantastique.

« Il est en action deux fois l’heure », lance Carla qui a accéléré le pas. C’est justement le cas lorsque nous arrivons.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photos ci-dessus : L’explosion du geyser « Pohutu » a certes été le point d’orgue de notre visite à la réserve thermale de « Te Whakarewarewa ».

Sur les lieux, un drone voltige au-dessus de nos têtes! Il est là et disponible pour nous photographier devant le geyser. Nous le voyons se balader dans les airs. Deux personnes s’occupent de le manier.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Un drone photographie les touristes le désirant… et la photo, ou la vidéo, c’est au choix, est transmise par courriel… presque instantanément.

Nous poursuivons et arrivons à un endroit où sous la passerelle sur laquelle nous marchons, il y a de la boue qui bouillonne… « à 97 degrés Celsius », affirme notre guide.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photos ci-dessus : Notre guide nous informe « que des bassins de boue sont créés lorsque le sulfure d’hydrogène est libéré dans l’air par les geysers. Celui-ci réagit avec l’oxygène créant de l’acide sulfurique. Cet acide a la capacité de dissoudre la roche en fines particules de silice et d’argile, ce qu’on appelle le kaolin. »

« Ce bassin de boue bouillante a été baptisé “Koko” en l’honneur d’un chef célèbre du village fortifié de Te Puia. »

« Toutefois, bien des gens nomment ce bassin celui des grenouilles, car pour plusieurs la boue qui éclate ressemble à des sauts de grenouilles dans un étang. »

Notre visite guidée se termine à 14 h 50. Linda remercie la guide locale et nous revenons sur nos pas en direction du stationnement.

Te Puia, Rotorua, île du Nord, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à ce beau belvédère.

Nous remontons dans l’autocar à 15 h 15.

Nous achetons deux bouteilles d’eau… il fait très chaud.

Nous sommes en route pour le village d’une autre tribu māorie. Le village se nomme Ohinemutu.

À suivre…
Le village de Ohinemutu… où l’eau boue de partout!

Village de Ohinemutu, Rotorua, Nouvelle-Zélande

Photo ci-dessus : Les Māoris se sont installés dans le village de "Ohinemutu" pour profiter de l’énergie géothermique abondante, celle-ci étant utilisée pour la cuisine, la baignade et le chauffage. Le soufre, qui prend place en surface des bassins d’eau, crée pratiquement des œuvres d’art.

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