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Les mots du jour : dystopie vs utopie

Textes et recherches de Jacques Lanciault

Je consigne ici le fruit de recherches sur le sens, l’étymologie, l’écriture ou encore la prononciation de certains mots ou expressions sur lesquels je bute, ou qui tout simplement suscitent ma curiosité au fil de mes lectures...

dystopieLundi et mardi, 19 et 20 janvier 2015

Source de la recherche
Les paragraphes suivants tirés d’un éditorial d’Antoine Robitaille publié dans le quotidien Le Devoir du 19 janvier 2015 :

«Cette fois, ce n’est pas Hollywood qui s’amuse à imaginer des catastrophes liées au développement des intelligences artificielles. Ce sont plutôt, dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière, des scientifiques et des entrepreneurs technologiques de haut niveau, de grande renommée, qui émettent des mises en garde et suggèrent un programme de recherche détaillé afin d’éviter l’éclatement de ce qu’on pourrait qualifier de bombe « i » — pour intelligence. Remarquable effort de lucidité qui devrait déclencher un débat dans nos démocraties, des projets de recherche… et de réglementation.

« Nous devons nous assurer que nos systèmes d’intelligence artificielle fassent ce que nous voulons qu’ils fassent. » La phrase se trouve au coeur d’une lettre ouverte étonnante publiée la semaine dernière sur le site The Future of Life Institute,« Research Priorities for Robust and Beneficial Artificial Intelligence ».

La phrase ci-dessus est moins anodine qu’il n’y paraît. Car l’idée sous-jacente ici est que ces mêmes systèmes, de plus en plus autonomes, pourraient un jour désobéir à leurs programmateurs ! L’imaginaire de la science-fiction a depuis longtemps suggéré des scénarios dystopiques de dérapage. Il y a là presque un genre. Dans la tradition de Frankenstein, la création se retourne contre le créateur : il y eut entre autres l’ordinateur Hal 9000 dans 2001, l’Odyssée de l’espace, lequel résiste aux commandes que les humains lui donnent. Dans la série Terminator, le réseau Skynet prend le contrôle de l’univers. Dans Transcendance aussi, l’informatique devient une sorte de superpuissance hostile aux humains. Dans Her, un homme s’éprend d’un ordinateur qui simule le sentiment amoureux. Artificial intelligence, de Spielberg, explore les malaises qui pourraient découler de la cohabitation de robots et d’humains. Etc.

Et plus loin dans le texte …

Certains ont répliqué à la lettre de Hawking et Musk. Le célèbre Ray Kurzweil, ancien du MIT qui travaille avec Google depuis 2012, en a dénoncé les inquiétudes dystopiques. Se disant « optimiste », ce dernier estime qu’en 2029, un ordinateur de 1000 $ sera aussi « puissant » qu’un cerveau humain ; cela nous laisserait amplement de temps pour développer des lignes de conduite éthiques face à l’émergence d’une intelligence artificielle forte. Vraiment ?

Définition
Le dictionnaire du correcteur électronique Antidote définit le nom féminin dystopie comme suit : «Récit de fiction pessimiste se déroulant dans une société terrifiante (par opposition à utopie). Ex. : Le roman 1984 de George Orwell est une dystopie.»

Antidote propose la définition suivante du nom féminin utopie : « Plan d’un gouvernement imaginaire, à l’exemple de la République de Platon, société imaginaire constituant un idéal, du point de vue de celui qui la construit.»

L’encyclopédie libre « Wikipédia » explique les différences entre dystopie et utopie ainsi :

« Une dystopie, également appelée contre-utopie, est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie. L'auteur entend ainsi mettre en garde le lecteur en montrant les conséquences néfastes d’une idéologie (ou d’une pratique) présente à notre époque.

La différence entre dystopie et utopie tient plus à la forme littéraire et à l'intention de son auteur qu'au contenu. En effet, nombre d'utopies positives peuvent également se révéler effrayantes.

Cette forme littéraire a été popularisée par des romans devenus des classiques du genre dystopique : Nous autres (1920) de Ievgueni Zamiatine, Le Meilleur des mondes (1932) d'Aldous Huxley, La Kallocaïne(1940) de Karin Boye, 1984 (1949) de George Orwell, Limbo (1952) de Bernard Wolfe, Fahrenheit 451 (1953) de Ray Bradbury, La Grève (Atlas Shrugged, 1957) de Ayn Rand, La Planète des singes (1963) dePierre Boulle, Un bonheur insoutenable (1970) de Ira Levin, ou encore La Servante écarlate (1985) de Margaret Atwood.

Les mondes terrifiants décrits dans ces romans ont souvent tendance à faire croire qu'une dystopie est, par définition, la description d'une dictature sans égard pour les libertés fondamentales. Il existe cependant des contre-exemples et la critique est divisée quant aux relations entretenues entre la dystopie et les régimes politiques qu'elle vise. Que la dystopie soit par nature une critique d'un système politique ou idéologique précis (et en particulier une critique du totalitarisme) est un point qui demeure débattu dans les milieux universitaires.

L'impact que ces romans ont eu sur la science-fiction a souvent amené à qualifier de dystopie toute œuvre d'anticipation sociale décrivant un avenir sombre.

Le genre a connu des déclinaisons dans d'autres domaines artistiques, notamment au cinéma, avec de nombreuses adaptations de romans dystopiques mais aussi des créations originales comme Metropolis(1927) de Fritz Lang, le premier du genre, Alphaville (1965) de Jean-Luc Godard ou Bienvenue à Gattaca (1997) d'Andrew Niccol.

Remplis sous: La folie des mots Mots clés:
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