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Mots du jour : dollar et piastre

Textes et recherches de Jacques Lanciault

Je consigne ici le fruit de recherches sur le sens, l’étymologie, l’écriture ou encore la prononciation de certains mots ou expressions sur lesquels je bute, ou qui tout simplement suscitent ma curiosité au fil de mes lectures...

Mardi 19 novembre 2013

sans-titreSource de la recherche :
Les paragraphes suivants, tirés d’un texte de Stéphane Baillargeon publié dans le quotidien Le Devoir du 11 novembre 2013 :

«Devant l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau il y a un stationnement à ciel ouvert, un des plus grands du continent. Pour rejoindre ce très disgracieux pays de béton — pas de verdure, aucun arbre, de l’asphalte et du ciment partout —, il faut traverser le labyrinthe de l’échangeur Dorval en reconstruction, chantier qui va s’éterniser encore des années et coûter deux fois plus cher que prévu. Bienvenue à Montréal !

J’ai laissé mon vieux bazou dans le Proxiparc, il y a deux week-ends. La place est à 20 $ par jour, 16 $ de moins que ce que coûte l’aller-retour à deux par la navette de la STM. Les autobus du circuit 747 roulent sans voies réservées, au petit malheur des bouchons.

Au moins, le service est gratuit pour les détenteurs de la CAM mensuelle. Je n’en suis pas. Je suis plutôt de ces hurluberlus qui essaient de rouler à vélo, hiver comme été. Et j’ai une vieille auto en garde partagée que je sors du garage à peu près une fois toutes les deux semaines.

La navette ferroviaire entre l’aéroport et le centre-ville n’existe toujours que sur papier et dans les plans, depuis quoi, cinquante ans ? À quoi bon ? Montréal s’est passée de ce lien par rail en recevant des dizaines de millions de visiteurs étrangers pour l’Exposition universelle et les Olympiques alors à quoi bon se presser maintenant pour un train ?

Ce pays s’est construit sur le chemin de fer, comme le rappellent les nouveaux billets de dix piastres. Le problème, c’est qu’il est resté englué dans un système ferroviaire du XIXe siècle. Faut-il vraiment répéter que le Maroc a son TGV maintenant ?

Revenons aux autos alors, aux routes et surtout à la signalisation, ce premier et simplissime système de communication. C’est ça, le sujet aujourd’hui. La déficiente, minable et honteuse signalisation routière au Québec. »

Définition :
En fait tous les Québécois savent très bien ce qu’est une piastre… mais combien y en a-t-il qui connaissent la provenance du mot?

La Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française nous fournit les indications suivantes

Dollar et piastre

On doit éviter de confondre les noms dollar et piastre qui désignent tous deux des monnaies de différents pays.

Le nom dollar sert à désigner une unité monétaire anglo-saxonne divisée en 100 cents, qui est utilisée dans une trentaine de pays ou d'États, dont les États-Unis et le Canada. En contexte, dollar est généralement employé seul, sans complément. Mais dans les cas où l'on veut préciser la provenance de l'unité monétaire ou lorsqu'on compare deux monnaies ou plus, on le trouve souvent accompagné d’un adjectif; par exemple, dollar canadien, dollar américain, dollar australien, etc. Le nom dollar peut aussi désigner l’objet matériel, pièce ou billet, qui correspond à cette unité monétaire. Le symbole du dollar a la forme d'un s muni d'une barre verticale ($); il est principalement utilisé dans les textes de nature financière ou statistique ou dans tout texte dont les nombres sont l'objet principal.

Le nom piastre désigne quant à lui une monnaie ancienne ou actuelle de différents pays. De nos jours, cette monnaie est utilisée comme centième partie de la livre en Égypte, au Liban et en Syrie, et comme centième partie du dinar au Soudan.

Exemples :

- Au XVIIe siècle, la piastre espagnole était répandue en Europe et en Amérique.
- La livre égyptienne, la livre libanaise, la livre syrienne et le dinar soudanais sont des unités monétaires qui sont toutes divisibles en cent piastres.

Au Québec, le nom piastre est parfois utilisé dans la langue familière au sens de « dollar ». On y trouve aussi la variante graphique piasse, fréquemment utilisée pour rendre la prononciation usuelle du mot. L'emploi du nom piastre, qui subsiste encore aujourd'hui au Québec, peut s’expliquer par des faits historiques. En Nouvelle-France, vers la fin du XVIIe siècle, piastre s’est répandu dans les documents puisque c’était le nom d’une monnaie espagnole (la piastre espagnole) qui circulait à l'époque dans les colonies. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, piastre s’est imposé dans les textes comme équivalent français du nom anglais dollar, nouvelle unité monétaire légale du Canada. Toutefois, comme dollar avait déjà été accepté par l'Académie française en 1835, il a finalement été adopté dans l'usage officiel et a supplanté le nom piastre, qui a quant à lui pris une connotation familière à partir de ce moment. Ainsi, dans la langue soutenue, on évitera d'employer le nom piastre au sens de « dollar ».

Expression
Le mot piastre figure aussi dans plusieurs expressions québécoises appartenant à la langue familière :

faire la piastre « faire beaucoup d’argent » ;

changer, échanger quatre trente sous pour une piastre « faire quelque chose qui n’apporte rien »;

une question à cent piastres « dont la réponse est difficile à trouver » ;

avoir les yeux grands comme des piastres « écarquiller les yeux par surprise, par étonnement »;

c’est avec des sous (des cents) qu’on fait des piastres « c’est avec de petites choses qu’on en bâtit de grandes »;

un mot de deux piastres et quart, à cinquante, à cent piastres « mot savant, compliqué, méconnu ».

Photo ci-dessus : Une piastre d’Indochine.

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