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L’expression du jour : faire les gorges chaudes

Textes et recherches de Jacques Lanciault

Je consigne ici le fruit de recherches sur le sens, l’étymologie, l’écriture ou encore la prononciation de certains mots ou expressions sur lesquels je bute, ou qui tout simplement suscitent ma curiosité au fil de mes lectures...

Faire des gorges chaudes

Mercredi, 18 juillet 2012

Source de la recherche :
Les paragraphes suivants tirés d’un texte de Jessica Nadeau, citant Karin Loftstrom, publié dans le quotidien Le Devoir du 13 juillet 2012 :

« Selon elle, c’est en quelque sorte une victoire symbolique pour les femmes, car cette ouverture des dirigeants de l’Arabie saoudite à la présence de femmes dans les installations olympiques n’est que superficielle.

“Ils peuvent faire des gorges chaudes maintenant, mais dans la réalité, au quotidien, ces femmes n’ont pas davantage accès aux installations de sport publiques, elles doivent se couvrir de la tête aux pieds pour faire du sport, sans oublier toutes les libertés individuelles qui dépassent bien largement l’activité physique.” Elle fait notamment référence au fait que les femmes saoudiennes n’ont pas le droit de se mélanger aux hommes ni même de conduire une voiture, pour ne nommer que ces restrictions. »

Définition :
Le dictionnaire des Expressions et locutions du Robert précise que la locution Faire des gorges chaudes de quelqu’un ou de quelque chose signifie : « Faire de quelqu’un ou de quelque chose un objet de plaisanterie, se moquer de.

L’étymologie de cette locution, aujourd’hui incomprise, est bien connue. La gorge, depuis le XIIe siècle, désigne par métonymie ce que l’on met dans la gorge de l’oiseau de proie, en terme de fauconnerie. La gorge chaude, ce sont les animaux vivants (rats, petits rongeurs) que l’on donne aux faucons. »

Le rapprochement ne me paraît pas évident.

Le Grand Robert de la langue française annonce quant à lui qu’au sens figuré, l’expression faire des gorges chaudes signifie : « Faire gorge chaude de qqn (vx), se régaler de plaisanteries sur son compte et à ses dépens, ou encore Faire des gorges chaudes de qqch., se répandre en plaisanteries plus ou moins malveillantes, exercer sa malignité à propos de cette chose, se moquer. »

Quant au dictionnaire « Expressio, les expressions françaises décortiquées », il nous offre, encore une fois, toutes les précisions requises quant à l’origine de l’expression!

« Votre mission, si vous l'acceptez, va être de remonter avec moi dans le temps jusqu'aux alentours du XIVe siècle, à une époque où la chasse se pratiquait aussi avec des oiseaux de proie dressés.

Bien entendu, il n'était pas question que l'oiseau, une fois la proie attrapée, puisse la manger. Mais en récompense de la capture, il avait droit soit à des rongeurs encore vivants (donc chauds), soit à une partie de la viande de sa proie (encore chaude également). C'est cette viande chaude qu'il faisait passer dans son gosier ou sa gorge qu'on a d'abord appelé "gorge chaude".

Ensuite, par extension, "faire gorge chaude" a signifié "se régaler, se rassasier".

À la fin du XVIe siècle, au figuré cette fois, "faire gorge chaude de quelqu'un" s'employait pour "se régaler de plaisanteries faites au dépens de quelqu'un".

Si la présence de "se régaler" s'explique aisément par ce qui précède, l'apparition des plaisanteries est un peu moins claire. Peut-être est-elle due à l'influence de "rire à gorge déployée" apparue un peu avant, rire qui est possible quand on se moque cruellement de quelqu'un.

Duneton indique que "gorge" a autrefois existé au sens de "insulte, raillerie", mais ce sens n'est signalé nulle part ailleurs. »

Remplis sous: La folie des mots Mots clés:
Commentaires (1) Trackbacks (0)
  1. expression ou, description : le mot gorge est employé pour le faucon
    je voudrais la connaître
    merci

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