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Italie – Terre de Sienne au passé médiéval

Revue de presse

Nicole Pons, Le Devoir, le 10 mars 2012

San Gimignano, Italie.

Atmosphère tranquille des paysages de la Toscane, trois collines dont le point de rencontre, creuset naturel en forme de conque, est devenu l'une des plus belles places au monde, reflets irisés du soleil se jouant d'une architecture en ocre-rose... Sienne, ville d'art, d'histoire et de traditions, porte fièrement son riche passé médiéval.

Photo ci-dessus : Le Palazzo Publico, dominé par sa Torre del Mangia, sur la célèbre Piazza del Campo . (Photo Jacques Lanciault)

Sienne — Bien sûr, il y eut d'abord des marchands et banquiers fortunés qui, dès le XIIe siècle et jusqu'à la terrible peste de 1348, assurèrent la prospérité d'une cité alors indépendante, farouche rivale de sa puissante voisine, Florence. Dans leur sillage, d'illustres artistes peintres héritiers de la tradition byzantine s'y installèrent, fondant l'École siennoise qui, avec celle de Florence, allait être à la source de l'art pictural italien.

L'architecture s'en mêla et le gothique siennois, style unique à la ville mélangeant brique et pierre, lui donna une unité urbaine médiévale arrivée intacte jusqu'à nous, qui lui permit d'être classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1995.

Depuis toujours, ses habitants sont fiers de leurs racines. Encore aujourd'hui, ils défendent farouchement leur identité culturelle et les couleurs de leur contrada (la ville compte 17 contrade, des regroupements culturels des quartiers médiévaux avec chacun son blason, ses chansons, ses codes, ses signes religieux) tous les ans, le 2 juillet et le 16 août, lors de la célèbre fête du Palio, en participant à une dangereuse course de chevaux autour de la grande place. On l'aura compris, Sienne est une ville unique.

Une cité cernée de remparts — enceinte médiévale de près de sept kilomètres de long — qui s'articule autour de son coeur battant tout en rondeurs, la Piazza del Campo, une des plus belles places au monde. En 1293, le gouvernement veut doter la ville d'un site digne de son prestige et décide de construire une place sur un immense espace naturel incurvé en forme d'éventail ouvert, à la jonction des trois collines sur lesquelles elle est bâtie.

Une symphonie architecturale en ocre rouge, rose et jaune qui épouse les formes naturelles, entourée d'un côté de maisons et de palais des XIIIe et XIVe siècles et délimitée, de l'autre, par l'élégant Palazzo pubblico, dominé par la Torre del Mangia (102 mètres). Piétonne comme tout le centre historique, la place est le point de ralliement social avec ses restos et cafés.

Un décor somptueux jusqu'au pavement de briques datant de 1349, divisé en neuf sections symbolisant le Conseil des Neuf qui gouvernait la ville. On le découvre du haut de la tour (XIIIe siècle), comme l'enchevêtrement des ruelles étroites et des toits couleur pain brûlé sur fond de collines verdoyantes.

Chefs-d'oeuvre siennois
Dans le Palazzo Pubblico (occupé en partie par l'administration communale), le Museo Civico abrite de remarquables chefs-d'oeuvre de l'art siennois. Beaucoup de fresques, dont Les effets du bon et du mauvais Gouvernement, des frères Lorenzetti (XIVe siècle, plus vastes peintures profanes de l'époque), au style réaliste et populaire, et Guidoriccio da Fogliano, par Simone Martini.

Le quartier du Duomo nous en met aussi plein la vue. La cathédrale à l'imposante façade du XIIIe siècle recouverte de bandes de marbre claires et foncées, et un pavement de 3000 mètres carrés à l'intérieur, avec 37 panneaux décoratifs en graffiti et marqueterie de marbre.

Le Museo dell'Opera Metropolitana, où est exposée l'oeuvre majeure de la peinture primitive siennoise, la Maestà de Duccio di Buoninsegna, fondateur au XIIIe siècle de l'École de Sienne. La Pinacoteca Nazionale, avec sa très riche collection de peinture primitive.

En flânant dans les ruelles moyenâgeuses très animées, d'autres découvertes sont au rendez-vous. Là, un palais somptueux (Palais Piccolomini, Palais Tolomei...); ici, la cour du Palazzo Chigi-Saracini (XIVe siècle), siège de l'Académie de musique; plus loin, la maison natale de sainte Catherine; ou encore les pittoresques Loggia della Mercanzia, Via di Città, Via Banchi di Sopra.

On peut tomber aussi sur une bottega traditionnelle d'artisan. Les techniques ancestrales sont restées très vivaces et des céramistes, sculpteurs, maroquiniers et relieurs se cachent un peu partout. Sienne, une ville décidément pleine de trésors!

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En vrac
Hotel Santa Caterina, via E.S. Piccolomini, 7. En retrait du centre, dans une ancienne habitation patricienne du XVIIIe siècle, un petit hôtel absolument charmant au cadre raffiné. Du luxuriant jardin, vue époustouflante sur la campagne siennoise. 0577-271087, hscsiena.it.

La Taverna di San Giuseppe, via Giovanni Dupré, 132. Le meilleur de la cuisine familiale toscane issue des produits du terroir, sans vider toute sa tirelire. Sanglier, fiorentina de bœuf chianino (une race bovine autochtone), filet en croûte, champignons sauvages dont les truffes marzolino, gnocchi verdi aux herbes. Ambiance chaleureuse de cave voûtée moyenâgeuse. Ouvert midi et soir. Fermé le dimanche. Réserver. 0577-42286,
tavernasangiuseppe.it.

Osteria Enoteca Sotto le Fonti, via Esterna di Fontebranda, 118. Raviolis au potiron, tagliatelles à la truffe blanche, ribollita (soupe toscane d’origine paysanne), tout est à base de produits de saison locaux car le couple de sympathiques propriétaires applique le principe du kilomètre zéro. Les familles avec enfants sont les bienvenues. Ouvert midi et soir, sauf le dimanche à midi. Réserver. 0577-226446, sottolefonti.it.

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  1. magnifique et très intéressant

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