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Les mots du jour : chartiste

Textes et recherches de Jacques Lanciault

Je consigne ici le fruit de recherches sur le sens, l’étymologie, l’écriture ou encore la prononciation de certains mots ou expressions sur lesquels je bute, ou qui tout simplement suscitent ma curiosité au fil de mes lectures...

Une émeute chartiste

Dimanche, 4 mars 2012

Source de la recherche
Le paragraphe suivant, tiré d’un éditorial de Mario Roy, publié dans le quotidien La Presse du 22 février 2012 :

« “La commission Bouchard-Taylor a consacré cette rupture en montrant que le multiculturalisme a pour base sociale une alliance entre l'intelligentsia, une partie de la technocratie chartiste et les médias associés à l'élite intellectuelle”, constate Mathieu Bock-Côté dans son brillant Fin de cycle/Aux origines du malaise politique québécois. La faillite du multiculturalisme étant constatée partout, cette alliance a néanmoins “proposé de rééduquer la population québécoise”, écrit encore le sociologue. Notamment par le cours d'éthique et culture religieuse, que la Cour suprême du Canada, par définition chartiste, vient justement de rendre intouchable »

Définition :
L’encyclopédie libre Wikipédia définit ainsi le nom masculin chartiste : « Un chartiste est un partisan ou un militant du chartisme, mouvement politique ouvrier qui se développa au Royaume-Uni au milieu du XIXe siècle, suite à l'adoption de la « Charte populaire » (People's Charter). »

Le dictionnaire Larousse en ligne propose l’explication suivante pour le mouvement chartisme :

« Mouvement réformiste d'émancipation ouvrière qui anima la vie politique britannique entre 1837 et 1848.

Tout à la fois mouvement de protestation sociale et politique, le chartisme naquit sous la pression de la paupérisation des travailleurs de l'industrie en Angleterre. Il s'agissait d'arracher les commandes de l'État à une oligarchie de privilégiés. Ainsi prit forme la « Charte du peuple » (1838), qui réclamait le suffrage universel, le scrutin secret, un renouvellement annuel du Parlement.

Campagnes de pétitions, grève générale, émeutes se succédèrent à partir de 1839. Bientôt divisé en une fraction dure, animée par O'Connor, et une plus modérée, menée par W. Lovett, le chartisme s'essouffla. Une nouvelle flambée (1848-1849) n'eut pas de durée, et le chartisme s'effondra.

La réforme électorale de 1832, effectuée au bénéfice des classes dirigeantes, a profondément déçu la classe ouvrière. Ce mécontentement, aggravé par d'inhumaines conditions de travail et de logement et par l'impitoyable loi sur les pauvres de 1834, redonne vie à la tradition d'émancipation démocratique du radicalisme. Le mouvement trouve une base nouvelle dans l'Association des travailleurs londoniens, fondée en 1836 et animée par William Lovett et Henry Hetherington. Ainsi prend forme en 1838 la « charte du peuple », qui réclame : 1° le suffrage universel ; 2° un découpage équitable des circonscriptions électorales ; 3° le scrutin secret ; 4° l'éligibilité des non-propriétaires ; 5° une indemnité parlementaire ; 6° le renouvellement annuel du Parlement.

Le mouvement chartiste reflète les conditions nouvelles de l'ère industrielle, comme en témoigne son recrutement principalement ouvrier ; il s'agit pour lui d'arracher les leviers de commande de l'État à une oligarchie de privilégiés, de libérer les « classes utiles », les travailleurs de l'asservissement auquel les condamnent les « classes stériles », l'aristocratie et la bourgeoisie. Les cadres du mouvement sont fort hétérogènes : démocrates, syndicalistes, économistes, moralistes, ils divergent sur les méthodes à employer ; le parti de la « force morale », avec William Lovett, préconise l'emploi des moyens constitutionnels ; le parti de la « force physique », mené par O'Connor et s'exprimant dans le Northern Star, envisage le recours à la violence. »

Photo ci-dessus : Une émeute chartiste. (Photo Wikipédia)

Remplis sous: La folie des mots Mots clés:
Commentaires (1) Trackbacks (0)
  1. Bonjour M. Lanciault,

    Il n’y a pas de lien entre le chartisme de Bock-Côté le chartisme ouvrier anglais.

    Voyez plutôt ce terme comme le résumé d’un régime qui offre tout le pouvoir aux juges, aux avocats et aux tribunaux et qui le retire le plus possible des parlements, des assemblées et de la volonté majoritaire.

    Dans un sens polémique le chartisme auquel se réfère Bock-Côté et les penseurs nationalistes québécois s’apparente à une sorte de « tyrannie des juges » dans laquelle le peuple n’a plus la légitimité de se prononcer les lois et les normes collectives.

    Salutations cordiales,

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