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Le mot du jour : souffreteuse

Textes et recherches de Jacques Lanciault

Je consigne ici le fruit de recherches sur le sens, l’étymologie, l’écriture ou encore la prononciation de certains mots ou expressions sur lesquels je bute, ou qui tout simplement suscitent ma curiosité au fil de mes lectures...

Souffreteuse.

Samedi, 11 février 2012

Source de la recherche
Les paragraphes suivants, tirés d’un éditorial des plus intéressants de Marie-André Chouinard, publié dans le quotidien Le Devoir du 4 février 2012 : «J'aime ma langue dans ta bouche. L'expression a fait sourire, a surpris, a peut-être même choqué, mais la formule coquine, titre d'une manifestation-spectacle destinée à faire la fête au français, visait essentiellement à détonner, sortant du coup le débat linguistique du cadre austère qui le rend lourd et ennuyeux. Grand oublié dans les analyses, rapports et bilans clamant la fatigue du français, le plaisir de la langue tente de reprendre ses droits.

Des dizaines d'artistes de passage au Lion d'Or de midi à minuit, aujourd'hui, rendront hommage au français avec légèreté et gaieté, et ce, même si les constats sont à pleurer... Le tout, pour dérider les mines d'enterrement. Pour réveiller les blasés qui ont succombé à l'accablement collectif qui nous engourdit même la mémoire. Pour fracasser l'indifférence qui accompagne toutes les petites morts de ce français qui, à Montréal, du moins, souffre d'une usure certaine.

Sur tous les fronts, notre belle langue est malmenée. L'épicerie Metro refuse l'accent aigu (mais, fiou! Quebecor songe à se recoiffer des siens). Du vérificateur général du Canada jusqu'à l'entraîneur-chef du Canadien, on boude le français comme s'il n'était plus que décoratif. Les plaintes pour non-respect de la langue d'affichage commercial sont en hausse à l'Office québécois de la langue française. La Commission scolaire de Montréal doit rappeler à ses troupes, tant profs qu'élèves, qu'on parle français sur son territoire.

L'anglais intensif en sixième année sera bientôt obligatoire, même si les bases du français sont chancelantes. La musique anglophone a la cote. De même qu'un nouveau charabia pratiqué par la jeunesse, où se mêlent allègrement, dans les mêmes paragraphes-phrases-mots, du «fucking bon» et du «trop fail» — à portée d'oreille tolérante des parents... L'anglais n'est plus l'apanage de ceux qui l'ont en bouche depuis un âge tendre. C'est maintenant cool de l'agencer à notre français, comme pour donner à celui-ci du lustre... Danger.

Tout naturellement, pour redresser une culture souffreteuse, on se tournera vers l'école; ce sera pour y voir clignoter nombre de feux rouges. Les résultats des élèves demeurent préoccupants, malgré tous ces rapports aux constats désolants et ces plans d'action aux mesures prometteuses. Chaque fois, on nous parle de l'importance de la lecture et d'une formation des futurs enseignants mieux soutenue en français. Pour rassurer les troupes, on a annoncé le retour en force de la dictée de même que de la production écrite hebdomadaire. En vain!»

Définition :
Le dictionnaire Le Grand Robert de la langue française définit l’adjectif souffreteux (euse) comme suit : « Qui est dans le besoin; pauvre, nécessiteux. »

Remplis sous: La folie des mots Mots clés:
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