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Retour en Croatie : direction «La perle de l’Adriatique»

Texte et photos de Céline et Jacques Lanciault

Voici le 20e d'une série de reportages relatifs à une longue balade en Croatie, à laquelle se sont greffées de trop courtes incursions en Bosnie-Herzégovine et au Monténégro, le tout réalisé à l’automne 2011.

Dubrovnik, Croatie.

Sarajevo, Bosnie-Herzégovine, Dubrovnik, Croatie, vendredi 14 octobre 2011 –Journée consacrée exclusivement au transport aujourd’hui. Nous quittons la capitale de la Bosnie-Herzégovine, Sarajevo, tôt en matinée. Nous filerons dans la superbe vallée de la Neretva jusqu’à la mer Adriatique. En route, nous franchirons trois postes frontaliers : celui de la Croatie, celui de la Bosnie-Herzégovine et une autre fois celui de la Croatie. Nous dînerons dans un excellent restaurant avec vue sur une baie magnifique. Puis, nous reprendrons notre périple en route pour Dubrovnik que nous atteindrons finalement en fin d’après-midi!

Photo ci-dessus : La ville de Dubrovnik vue de la route tout près de notre hôtel, le superbe Grand Villa Argentina!

Pour agrandir les photos, il suffit de cliquer sur celles-ci.

Autre réveil aux aurores ce matin! Le strident signal de notre réveil-matin résonne dans la chambre à 6 h 10! Nous n’avons pas le choix, il nous faut quitter Sarajevo dès 8 heures si nous voulons arriver avant la brunante à Dubrovnik! Le trajet Sarajevo-Dubrovnik est d’une durée de 4 heures 30 minutes… sans compter les arrêts santé, le double passage des douanes croates et de celle de la Bosnie-Herzégovine et le dîner!

Il fait froid lorsque nous amorçons notre marche en direction de l’autocar garé de l’autre côté de la rivière Miljacka à une dizaine de minutes de l’Hôtel Art! Le mercure indique un tout petit 6 degrés Celsius, et ce, malgré la présence du soleil.

Le car prend la direction du Sud-Ouest.

« Nous prenons la seule route qui existe vers la mer », nous informe notre guide. « Durant la période estivale, la route est toujours congestionnée! Année après année, les élus parlent de constructions d’une autoroute, mais aucun projet n’accouche. »

Il y a beaucoup de fumée dans l’air, car les Sarajéviens favorisent le chauffage au bois. Il y a des tonnes de corde de bois devant et derrière les maisons.

Notre guide précise que la Bosnie-Herzégovine regorge de forêts. « Toutefois, ajoute-t-il, n’importe qui peut couper des arbres. Il existe une sorte de mafia forestière qui tire profit de cette situation. »

Et comme si cela allait de soi, nous croisons une usine de fabrication de meubles en bois!

Nous traversons de petits villages nichés sur des collines. Plusieurs habitations sont abandonnées. « Durant la guerre, nous explique Dino, beaucoup d’habitants de Sarajevo ont fui vers la Croatie, surtout durant le blocus. »

Nous traversons un tunnel dans la montagne. De l’autre côté, nous sommes dans la région de l’Herzégovine. Nous roulons à 1 200 mètres d’altitude. Les montagnes qui nous entourent sont majestueuses.

Canyon de la Neretva, Bosnie-Herzégovine.

Canyon de la Neretva, Bosnie-Herzégovine.

Canyon de la Neretva, Bosnie-Herzégovine.

Photos ci-dessus : Des deux côtés de la route prennent place de hautes montagnes. (Photos gracieuseté de Gisèle Grégoire).

Il y a beaucoup de moutons dans la région et nous en apercevons plusieurs qui empiètent sur la route. « Il y a aussi des ours, des loups, des renards et des sangliers dans la montagne », précise notre guide.

« C’est une belle région pour pratiquer la chasse. D’ailleurs, de nombreux Italiens s’amènent ici pour y pratiquer ce sport. »

Nous traversons le village de Konjić. Avant la guerre de 1992-1995, Konjić comptait sur une population de près de 14 000 habitants. Aujourd’hui, il n’y en a qu’un peu moins de 9 000!

Nous sommes dans la vallée de la Neretva. La rivière a une longueur de 225 km et nous la longerons jusqu’à la mer.

Dino nous mentionne qu’un film à grand déploiement historique a été tourné dans cette vallée. Un long métrage réalisé en 1969 par Veljko Bulajić et qui mettait en vedette Yul Brynner et Orson Welles. Ce film, « La Bataille de la Neretva », a été en nomination pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Il raconte une tentative d’Hitler d’éliminer les partisans de Tito en Yougoslavie. Les partisans, malgré quelque 4 000 blessés qu'ils ne peuvent abandonner et les incessants bombardements qu'ils subissent, réussiront tout de même à stopper les troupes hitlériennes.

 Affiche du film La bataille de la Neretva, Bosnie-Herzégovine.

Photo ci-dessus : Affiche du film « La bataille de la Neretva ».

Nous y allons d’une pause technique à 9 h 45. Le mercure a fait un bond de 5 beaux degrés pour atteindre 11 degrés Celsius.

Nous repartons 25 minutes plus tard.

Nous constatons que plusieurs petits cafés que nous croisons sur la route sont fermés. « La saison touristique est terminée », laisse tomber Dino.

Nous arrivons dans le canyon de la Neretva. Le paysage est magnifique. C’est une région complètement déserte qui s’étend jusqu’à Mostar.

L’eau est vraiment de couleur vert émeraude.

Canyon de la Neretva, Bosnie-Herzégovine.

Photo ci-dessus : Des paysages superbes (Photo gracieuseté de Robert Benoit).

Canyon de la Neretva, Bosnie-Herzégovine.

Photo ci-dessus : Ici la verdure a repris tous ses droits sur la pierre! (Photo gracieuseté de Gisèle Grégoire).

Nous voici au pied du mont Velez, à l’entrée de Mostar. Nous sommes dans les Alpes dinariques.

Il y a des vignobles dans la région. « Les vignes ont été durement touchées lors de la guerre de 1992-1995 », annonce notre guide. « Mais depuis la fin du conflit, tout au long de la vallée de la Neretva, de nouvelles vignes ont été plantées sur un sol pierreux. Deux cépages, le Zilavka et le Blatina sont propres à la région. »

Nous apercevons des mosquées, des cimetières et des immeubles criblés de balles… comme à l’aller.

Nous traversons Mostar et pouvons voir les mosquées d’un côté et les églises de l’autre. Nous voyons une église orthodoxe complètement détruite et non rebâtie.

« Cette région a beaucoup souffert de la guerre. D’ailleurs, il y a encore des mines enfouies, là où se tenait la ligne de front », nous fait remarquer Dino.

« Il y a bien une société de déminage internationale qui voit à enlever les mines, mais on estime qu’il faudra encore 15 ans avant que la Bosnie-Herzégovine en soit complètement libérée! »

Nous nous dirigeons vers Počitelj, la première ville où nous nous sommes arrêtés à notre arrivée en Bosnie-Herzégovine.

Nous arrivons à un croisement de routes. À droite, c’est la direction à suivre pour un pèlerinage à Međugorje. À gauche, là où le car s’engage, on file vers Dubrovnik.

Nous apercevons un immense feu de forêt au loin!

Puis, voici la frontière croate. Il est 11 h 35. Notre chauffeur descend, puis un douanier monte dans le car avec lui pour contrôler nos passeports. Rapide vérification et nous repartons dix minutes plus tard.

Un peu plus loin, le car s’immobilise sur l’accotement et notre accompagnatrice, Johanne Duhamel, descend en compagnie de Dino pour acheter figues et mandarines… Comme lors de notre arrivée en Bosnie-Herzégovine.

Le ciel est d’un beau bleu, sans aucun nuage.

Une affiche indique que nous sommes à 82 kilomètres de Dubrovnik.

Nous y allons d’un autre petit arrêt un peu passé midi. Le chauffeur en profite pour faire le plein. Pendant ce temps, nous savourons figues, mandarines… et grappa. C’est très venteux et frais malgré le soleil qui brille de tous ses feux!

Nous repartons à 12 h 20.

La route est en lacet dans les montagnes. Tout en bas, la vallée est fort jolie avec ses champs de culture. C’est le delta de la Neretva, là où il n’y a pas si longtemps il y avait des marécages. On nomme cet espace « le champ des mandarines ».

Champs des mandarines sur la Neretva, Croatie.

Photo ci-dessus : Des marécages de jadis, il n’y a plus aucune trace. Aujourd’hui, la végétation a repris ses lettres de noblesse! (Photo gracieuseté de Gisèle Grégoire).

Nous longeons maintenant la côte croate de la mer Adriatique! Dans la mer, nous retrouvons les îlots que nous avions aperçus à l’aller. Il y a de nombreuses cultures d’huitres et de moules.

« Les olives sont petites cette année », souligne notre verbomoteur de guide. « C’est à cause de l’extrême chaleur que nous avons connue au cours de l’été qui vient de se terminer. C’est donc dire que la production sera limitée. »

« Le prix des olives et surtout de l’huile d’olive sera en hausse. Toutefois, la production de vin elle, sera excellente. »

De retour en Bosnie-Herzégovine
Nous arrivons à un autre poste frontalier, celui de la Bosnie-Herzégovine que nous avons pourtant quitté il y a quelques minutes.

Curieusement, la Croatie est coupée en deux par un corridor de 23 kilomètres qui permet à la Bosnie-Herzégovine d’avoir une partie de son territoire sur la mer Adriatique. On y retrouve le port de Neum, la seule ville maritime de la Bosnie-Herzégovine. Cette ville compte 3 000 habitants permanents… et 15 000 vacanciers l’été.

Au poste frontalier, le mercure affiche 20 degrés Celsius. Wow!

Nous reprenons notre route à 12 h 45.

Il y a de très belles maisons en flanc de collines et en bordure de mer. Cela contraste grandement avec celles que nous avons vues jusqu’à présent en Bosnie-Herzégovine.

À l’époque turque, ce territoire faisait partie de celui de Raguse, l’ancien nom de Dubrovnik.

Puis, la Bosnie a acheté ces terres à bon prix.

Notre deuxième incursion en territoire bosnien aura été de très courte durée. Après quelques minutes de route, nous nous retrouvons à un autre poste frontalier qui nous ramène de nouveau en Croatie!

La muraille de Ston
Au loin dans la montagne, nous apercevons une muraille de pierre. « Elle a été édifiée au XIVe et XVe siècle par la République de Raguse pour délimiter son territoire », soutient Dino. « Les fortifications s’étirent sur cinq kilomètres de la ville de Veliki Ston jusqu’au village de Mali Ston. Ce sont les plus longues fortifications d’Europe. C’est comme une mini muraille de Chine. »

Murailles de Ston, Mali Ston, Croatie.

Murailles de Ston, Mali Ston, Croatie.

Photos ci-dessus : Une partie des murailles de Ston.

Murailles de Ston, Mali Ston, Croatie.

Photo ci-dessus : Puis dans le petit port de Mali Ston, on retrouve une des tours du fort Koruna datant de 1447!

Nous apercevons la baie de Ston, réputée pour ses de moules et d’huitres.

C’est d’ailleurs ici que nous allons dîner… justement dans un restaurant spécialisé dans les moules.

Nous arrivons au restaurant à 13 h 10. Il se nomme « Vila Koruna ». C’est un immense restaurant au bord de la baie. Plusieurs groupes y sont déjà lorsque nous arrivons, dont des Japonais.

Restaurant Vila Koruna, Mali Ston, Croatie.

Photo ci-dessus : Un restaurant qui semble tout petit vu de l’extérieur, mais qui est immense avec une vue magnifique sur la baie.

J’en profite pour commander un spaghetti aux fruits de mer. Il est servi dans une énorme coquille! Céline opte pour un spaghetti sauce tomate.

Restaurant Vila Koruna, Mali Ston, Croatie.

Photo ci-dessus : Dans aucun de nos précédents voyages, je n'ai dégusté autant de repas de poissons et de fruits de mer. Ce midi, un spaghetti « Frutti di mare »... servi dans une énorme coquille qui me semble-t-il, était naturelle. Dans la baie de la mer Adriatique où est situé le restaurant... on élève moules et huîtres! Une garantie de fraîcheur.

Restaurant Vila Koruna, Mali Ston, Croatie.

Photo ci-dessus : Pour ce repas, nous bénéficions, Céline et moi, d’une table à deux! (Photo courtoisie de Robert Benoit)

Bénéficiant d’une des rares tables pour deux personnes de tout le restaurant, nous avons été servis très rapidement. Nous avons terminé notre repas alors que certains membres de notre groupe en étaient encore à commander!

Nous en avons donc profité pour nous promener sur le port et dans les environs.

Mali Ston, Croatie.

Photo ci-dessus : Céline devant la baie de Ston, fouettée par le vent de la mer!

Mali Ston, Croatie.

Photo ci-dessus : Une maison avec une vue imprenable sur la montagne.

Il est 15 heures lorsque nous reprenons la route.

Mali Ston, Croatie.

Photo ci-dessus : Voilà nous reprenons la route.

Quelque cinq minutes plus tard, le car s’immobilise sur l’accotement. C’est à cet endroit que notre guide local des trois derniers jours, Dino, nous quitte. Il prendra l’autobus en sens inverse pour revenir à Sarajevo. Avant de le laisser partir, le groupe lui chante deux petites chansons en guise d’appréciation! Il est soufflé! Il n’a plus de voix. Il verse quelques larmes et retrouve son aplomb pour nous dire merci!

À 15 h 50, nous arrivons en vue de Dubrovnik, le lieu de résidence de notre chauffeur. Nous voyons le port de Dubrovnik où trois bateaux de croisière sont accostés. Nous y allons d’un arrêt photo

Port de Dubrovnik, Dalmatie, Croatie.

Photo ci-dessus : Deux gros paquebots de croisière et un autre plus petit!

Nous reprenons la route et traversons un magnifique pont à haubans qui nous amène directement au cœur de Dubrovnik.

Quelques minutes plus tard, à 16 h 10, nous arrivons à l’Hôtel Grand Villa Argentina. Magnifique!

Hôtel Grand Villa Argentina, Dubrovnik, Dalmatie, Croatie.

Photo ci-dessus : L’Hôtel Grand Villa Argentina de Dubrovnik!

Nous pénétrons dans un immense hall d’entrée, d’où nous apercevons une vaste étendue de mer par les grandes baies vitrées. Un peu partout, des fauteuils sont installés face à la mer!

L’employé à la réception nous donne les indications d’usage… en français! Il nous remet également de la documentation sur la ville et sur l’hôtel. Notre accompagnatrice nous informe que le reste de l'après-midi est libre. Le prochain rendez-vous est ce soir à 20 heures pour le souper.

Pour la première fois du voyage, nous recevons deux clés! Nous avons la chambre 520… avec un balcon privé qui nous permet d’avoir une vue incroyable sur la mer!

Notre grande chambre est meublée d’un lit grand format, d’un fauteuil, d’une causeuse et d’un bureau avec une chaise. Nous disposons d’un coffret de sûreté vaste et fonctionnel (je peux même y remiser mon appareil photo), d’un frigo débordant de petites bouteilles et d’une grande salle de bain! Nous sommes enchantés.

Hôtel Grand Villa Argentina, Dubrovnik, Dalmatie, Croatie.

Hôtel Grand Villa Argentina, Dubrovnik, Dalmatie, Croatie.

Photos ci-dessus : Notre chambre à l’Hôtel Grand Villa Argentina!

L’hôtel est situé à l’entrée de la vieille ville de Dubrovnik. Nous partons pour découvrir cette cité couramment nommée « La perle de l’Adriatique ». Avec le soleil qui resplendit, nous n’avons pas cru bon de nous vêtir chaudement. Mais c’est frisquet, car le vent de la bura souffle avec vigueur. Nous rebroussons chemin assez rapidement. Nous y retournerons à un autre moment. Je m’installe avec mon ordinateur dans le superbe lobby de l’hôtel. Mais, je regarde beaucoup plus la mer que l’écran de mon ordi!

Puis, nous nous préparons pour le souper qui a lieu à 20 heures au 4e étage.

Nous partageons le souper avec un couple du groupe, Louise et Jacques. Le repas est délectable : entrée de lasagne, filet de porc avec légumes et dessert au chocolat avec crème glacée à la framboise! Qui plus est, nous avons sélectionné une excellente bouteille de vin.

À suivre
Les bouches de Kotor au Monténégro!!

Bouches de Kotor, Monténégro.

Photo ci-dessus : Des paysages à couper le souffle nous attendaient au Monténégro!

Bibliographie
Encyclopédie libre Wikipédia, Croatie, Istrie, Opatija, Poreč, Rovinj, Dalmatie, Pag, Zadar, Trogir, Šibenik, Split, Hvar, Bosnie-Herzégovine, Počitelj, Mostar, Sarajevo et une foule d’autres pages;

Atlas en fiches (La Croatie, l’Istrie, l’économie de la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, Sarajevo, l’économie de la Bosnie-Herzégovine) , Éditions Atlas, 2008;

Bosnie-Herzégovine, Turistička Naklada D.O.O. Zagreb, 2008, 160 pages;

Croatie, merveille de l’Adriatique, Éditions Minerva, 2004, 128 pages;

Dalmatie, Histoire, culture, patrimoine artistique, Forum, Zadar, 2008, 156 pages;

Dubrovnik, Histoire, culture, patrimoine artistique, Forum, Zadar, 2011, 128 pages;

Guide Voir, Croatie, Éditions Libre Expression, 2008, 296 pages;

L’agonie yougoslave (1986-2003), Renéo Lukic, Les presses de l’Université Laval, 2003, 613 pages;

Le croate pour les touristes, Extrade, 2007, 159 pages;

L’Istrie, Turistička Naklada D.O.O. Zagreb, 2007, 128 pages;

Lonely planet, Croatie, Lonely Planet Publication, 2011, 352 pages;

Patrimoine mondial de l’UNESCO , Éditions UNESCO, 2009, 832 pages.

Venir au monde, Margaret Mazzantini, Robert Laffont, 2010, 460 pages.

Commentaires (1) Trackbacks (0)
  1. Toujours d’excellents textes accompagnés de magnifiques photos.

    Chacun de tes récits nous emballent et nous fait revivre ces bons moments .

    Merci aussi à Gisèle pour le partage de ces beaux paysages.

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