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La locution du jour : pousser des cris d’orfraie

Textes et recherches de Jacques Lanciault

On consigne ici le fruit de recherches sur le sens, l’étymologie, l’écriture ou encore la prononciation de certains mots ou expressions sur lesquels je bute, ou qui tout simplement suscitent ma curiosité, au fil de mes lectures...

 Une  orfraie pêcheuseMercredi 15 septembre 2010

Source de la recherche : la phrase suivante, tirée d’un texte de Christian Rioux, publiée dans le quotidien Le Devoir du 10 septembre 2010 : «Les appels cyniques à déchoir de la nationalité française certains criminels ont joué le même rôle. Une fois les cris d'orfraie poussés, on apprenait que la mesure ne touchera que ceux qui attenteraient à la vie d'un représentant des forces de l'ordre. Autant dire quelques cas par décennie, en admettant que la loi passe le test du Conseil constitutionnel. Il y a deux ans, Nicolas Sarkozy avait fait la même chose en proposant d'utiliser des tests d'ADN pour contrôler la réunification familiale. La loi n'a même pas été validée. »

Définition :
Le dictionnaire du correcteur électronique Antidote définit la locution pousser des cris d’orfraie comme suit : pousser des cris stridents, hurler. »

Le dictionnaire des expressions que l’on retrouve sur internet (http://www.mon-expression.info) explique, quant à lui, la provenance de l’expression à qui elle donne la signification suivante : « Pousser des cris aigus, épouvantables. »

Cette expression est née d’une confusion.

En effet, l‘Orfraie est un rapace diurne friand de poissons d’eau douce et dont l’organe n’a rien qui puisse terrifier le commun des mortels. Par contre, l‘effraie est une chouette nocturne qui possède un cri strident propre à effrayer les voyageurs.

Soulignons en outre deux points importants :

· La bible considère l‘orfraie (pygargue à queue blanche ou pygargue vulgaire) comme un oiseau maudit qu’on ne doit pas manger ce qui a pu renforcer le caractère terrible de cet animal dans l’imaginaire populaire de l’époque.

· Pierre Belon (ornithologue de la Renaissance) écrit, en 1555, dans un de ses livres: L’oiseau qui vole la nuict par les villes et faict un cri moult effrayant, nous l’avons nommée une fresaye, ou bien effraye…ce qui souligne le caractère sinistre du cri de la chouette effraie.

Ainsi, de effraie à orfraie il n’y eut qu’un pas vite franchi.

Remplis sous: La folie des mots Mots clés:
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