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Ragusa Ibla : le fleuron de l’architecture baroque… en flanc de montagne!

Texte et photos de Céline et Jacques Lanciault

Voici le treizième d'une série de reportages sur deux magnifiques périples en Italie effectués en 2008 et 2009.

Le Giardino Ibléo, Ragusa Ibla, Italie.

Ragusa Ibla, Italie, mardi 14 octobre 2008 — La vieille ville de Ragusa Ibla, reconstruite après le dévastateur tremblement de terre de 1693, est toute en hauteur. On y retrouve une grande avenue le corso XXV Aprile jalonné de belles églises et de superbes édifices fleurons de l’architecture baroque. Puis, la ville fait place à de petites rues étroites et de nombreux escaliers qui tantôt montent, tantôt descendent au gré des caprices des architectes du XVIIe siècle. Une cité médiévale où la pierre, encore une fois, règne en maître… malgré quelques superbes fleurs.

Notre photo : Le « Giardino Ibléo », une allée bordée de majestueux palmiers, tout juste avant d’accéder à la vieille ville de Ragusa Ibla.

Pour agrandir les photos, il suffit de cliquer sur celles-ci.

Hourra! Une autre journée chaude et ensoleillée en vue!

Notre itinéraire du jour doit nous mener à Agrigente où nous dormirons ce soir. Mais, en cours de route, une visite, celle de la ville baroque de Ragusa Ibla. Au programme une chouette flânerie dans l’ancienne ville, une cité aux belles maisons de briques couleur ocre.

Nous grimpons dans l’autocar à 9 h 10. Le mercure oscille déjà entre 17 et 18 degrés Celsius.

En cours de trajet nous croisons de nombreux cours d’eau complètement asséchés. « L’été a été torride », précise notre guide accompagnatrice, Gracia di Blazi.

D’un pont que nous traversons, nous apercevons la ville de Modica. La vue est magnifique, car une partie de la ville est perchée sur une colline. Ici, le chocolat artisanal est très réputé.

Les montagnes qui tapissent l’horizon sont plutôt dénudées et pierreuses.

Flore sicilienne, Italie.

Flore sicilienne, Italie.

Photo ci-dessus : Lors d’une pause santé en cours de route, partout il y avait de superbes fleurs.

Soudain Hybla Heraia, le nom donné par les Grecs à la ville de Ragusa Ibla, apparaît, bâtie en flanc de montagne. C’est la vieille cité. La ville moderne construite suite au tremblement de terre de 1693 est tout à côté sur un plateau.

Ce sont les Sicules qui ont fondé Ragusa dans l’Antiquité. Puis, la vile est devenue une colonie grecque. C’était à l’époque une voie commerciale importante.

Sous les Grecs, Hybla Heraia était un lieu de culte voué à la déesse Héra, épouse de Zeus et déesse de la fertilité. Aujourd’hui, la ville se nomme Ragusa Ibla.

Rappelons que Ragusa Ibla est l’une des sept villes du baroque tardif de la vallée du Noto classée au patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO.

Nous descendons du car à 11 h 35, après presque deux heures trente de route. Nous sommes à proximité des jardins. Nous voyons le magnifique portail de San Giorgio Vecchio, datant du XVe siècle, un des derniers vestiges visibles d’une église médiévale détruite lors du tremblement de terre de 1693.

Portail de San Giorgio Vecchio, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Le magnifique portail gothique de San Giorgio Vecchio où l’on voit Saint-Georges tuant le dragon.

Clocher de l'église San Vincenzo Ferreri, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Le ravissant clocher de l'église San Vincenzo Ferreri recouvert de majoliques.

Le saint patron de la ville de Ragusa Ibla est Saint-Georges, San Giorgio. Il y a une cathédrale datant du XIVe siècle, de style gothique catalan. Elle possède un magnifique portail. Mais, une autre cathédrale a aussi été construite, un peu plus loin, suite au tremblement de terre de 1693.

Nous entrons dans le « Giardino Ibléo » bâti lors de la reconstruction de la ville. Il y a une grande allée bordée de palmiers majestueux.

Giardino Ibléo, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Dans les jardins, de petits espaces paisibles, avec banc de pierre, ont été aménagés.

Giardino Ibléo, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Une autre ville de Sicile aux multiples bougainvilliers en fleurs.

À proximité, il y a l’église Saint-François avec un clocher à bulbe d’oignons qui est tapissé de vraie faïence de Caltagirone (Pothier).

Nous poursuivons notre visite. Nous passons devant l’église médiévale Santa Maria di Valnerde datant du XVIIIe siècle. Peu après, il y a un ancien monastère de carmélites transformé en jardin d’enfants (crèche : asilo infantile). Lors de la réunification de l’Italie, beaucoup de monastères et d’églises furent réquisitionnés par l’État et transformés en école, en garderie, en centre communautaire.

C’est l’État qui a remplacé la multitude d’ordres religieux qui autrefois prenaient soin des plus démunis.

Nous voilà sur la place Pola, la Piazza Pola. Devant nous, il y a l’église San Giusseppe, datant du XVIIIe siècle avec sa façade tout en hauteur. Nous y entrons. C’est une petite église baroque avec sept rangées de bancs. Il y a un très beau plancher. Quelques religieuses sont à l’avant récitant des prières.

Église San Giusseppe, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Église San Giusseppe qui offre une étrange ressemblance avec la cathédrale San Giorgio que nous verrons bientôt. Normal, les deux sont l’œuvre de l’architecte Rosario Gagliardi.

Église San Giusseppe, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : L’intérieur de l’église San Giusseppe

Corso XXV Aprile, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Tout près de l’église San Giusseppe, sur le corso XXV Aprile, quelques artistes-peintes sont à immortaliser une autre petite église.

Le Circolo di conversazionne sur le corso XXV Aprile, Ragusa Ibla, Italie.

Le Circolo di conversazionne sur le corso XXV Aprile, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Le « Circolo di conversazionne », l’élégante demeure où se retrouvent les notables de la ville pour l’apéro avant le dîner.

La cathédrale Saint-Georges, le duomo San Giorgio
La cathédrale est un sommet de l’art baroque, le chef-d’œuvre de l’architecte Rosario Gagliardi. Elle a été construite entre 1738 et 1775 sur les ruines de l’église San Nicolò, détruite lors du fameux tremblement de terre.

Construite en hauteur avec un grand escalier monumental dans un style théâtral d’apparat. L’église est bâtie en calcaire doré et le portail est en marbre. Les vitraux ont été ajoutés un siècle plus tard, soit en 1820.

Nous ne pouvons y entrer. Assez bizarrement, l’entrée n’est permise que durant les offices.

Le duomo San Giorgio, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Le duomo San Giorgio, un sommet de l’art baroque.

Le duomo San Giorgio, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Une cathédrale très impressionnante.

Le duomo San Giorgio, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Une magnifique clôture de fer forgé ferme l’accès à la cathédrale San Giorgio.

Le duomo San Giorgio, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Une clôture somptueusement travaillée.

Il est maintenant 12 h 30. C’est l’heure du dîner. Nous sommes sur la piazza del duomo et il y a quelques petits "ristorante". Nous optons pour le restaurant Saracino. Nous avons droit à un agréable repas. Spaghetti sauce bolognaise, ravioli à la ricotta et au veau, le tout arrosé d’un bon vin blanc rafraîchissant! Excellent.

Le repas terminé, nous y allons d’une petite promenade où nous découvrons encore d’autres belles fleurs.

Fleurs sur la piazza del Duomo, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : De jolies fleurs sur la piazza del Duomo.

Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Une superbe assiette de mosaïque tenant lieu d'affiche pour annoncer les bureaux de « l’Azienda autonoma provinciale per l’incremento turistico di Ragusa», en d’autres mots : l’Office du tourisme de la province de Ragusa!

Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Une affiche présentant les fromages en vente à Ragusa.

Nous rejoignons le groupe et repartons à pied à 14 h 10 dans un dédale de petites ruelles. Parfois nous montons, d’autres fois nous descendons.

Nous sommes en direction de l’entrée de la ville de Ragusa Ibla. Nous voyons l’église Santi del Purgatorio, un lieu de culte de style Renaissance datant du XVIIIe siècle.

Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Des escaliers parfois très étroits.

Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Céline tout en haut de l’escalier de l’Alita Commendatore, qui relie Ragusa Ibla et Ragusa, la ville plus moderne.

La coupole de l’église Santa Maria dell’Idria, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : La coupole de l’église Santa Maria dell’Idria, datant du XVIIe siècle, est recouverte de céramiques de Caltagirone.

La coupole de l’église Santa Maria dell’Idria, Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Une artiste peintre était à dessiner la coupole de l’église.

Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : La ville sise au sommet de la montagne.

Ragusa Ibla, Italie.

Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : On lève la tête… et immanquablement il y a un clocher.

Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Le stationnement au pied de la ville

Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Et tout en bas… notre autocar!

Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Voilà, on redescend!

Ragusa Ibla, Italie.

Photo ci-dessus : Tout près du stationnement municipal, de l’eau coule à fort débit, provenant probablement du haut de la colline.

Nous remontons dans le car un peu après 15 heures et nous reprenons la route à destination d’Agrigente, un trajet d’environ deux heures.

Il fait 29 degrés Celsius… ce sera l’heure de la sieste.

Nous croisons la ville de Gela qui a été une superbe colonie grecque du VIIIe siècle av. J.-C. Aujourd’hui, elle est célèbre pour ses raffineries! Il y a eu un boom immobilier et tout s’est développé rapidement, trop rapidement, dans l’anarchie… et sans permis, évidemment!

Les magouilleurs de la mafia y étaient roi et maître tenant en otage dans leur giron moult politiciens véreux. Aujourd’hui, la ville est laide et sans l’infrastructure moderne nécessaire à assurer une vie agréable à ses citoyens.

Nous approchons de la mer, la Méditerranée. Nous sommes à peine à 240 kilomètres de la Libye. Au large, nous voyons une grosse plate-forme de forage.

Nous traversons une zone où il y a quelques mines de soufre. Il fut un temps où il y en avait 50 en activité.

Sur plusieurs kilomètres, il y a une belle plage sablonneuse.

Agrigente, où nous nous dirigeons est une ville de 65 000 habitants. Elle est très fréquentée par les touristes entre autres pour sa « Vallée des temples », qui renferme les vestiges de nombreux temples grecs, un autre lieu apparaissant à la liste du patrimoine de l’Humanité de l’UNESCO.

Déjà nous apercevons des temples, celui d’Héra et celui de la Concorde tout en haut sur une colline, puis derrière, la ville d’Agrigente.

Nous arrivons à notre hôtel, un Best Western, l’Hôtel Kaos. Il est un peu plus de 17 h 30.

Hôtel Kaos, Agrigente, Italie.

Photo ci-dessus : Notre chambre à l’Hôtel Kaos à Agrigente possède un balcon avec vue sur la piscine et la mer.

Le souper à l’hôtel est bien, mais expéditif. Un plat d’entrée de nouilles aux tomates, une escalope de veau servie avec pommes de terre et un petit dessert léger au citron.

Après le souper nous reprenons le car pour une petite balade dans la vallée des temples, magnifique lorsque ceux-ci sont illuminés!

Méli-mélo
Les Siciliens valorisent beaucoup trois grandes étapes de la vie : la naissance, le mariage et la mort.

Ici, le 2 novembre, le jour de la fête des Morts chez les chrétiens, il y a foule dans les cimetières. Les visites se font généralement en famille. On apporte des fleurs… et on pique-nique autour de la tombe, se remémorant la vie du défunt. Outre d’honorer la mémoire du mort, on tente d’exorciser le fantôme de la mort chez les tout petits.

Mais, aujourd’hui, comme les cimetières sont pratiquement pleins, on a de plus en plus recours à l’incinération.

Pas moins de 80 % des Siciliens sont catholiques.

La Sicile compte sur une société plutôt machiste et pauvre.

Le taux de chômage en Sicile est de 17 %! Par ailleurs, le chômage touche 43 % des jeunes. Le quart des familles vivrait sous le seuil de la pauvreté. Cependant, il existe en Sicile une économie parallèle qui est des plus florissantes.

À suivre
Demain, le musée archéologique d’Agrigente et la magnifique vallée des temples!

Agora grecque au musée d’archéologie d’Agrigente, Italie.

Photo ci-dessus : Sur le terrain du musée archéologique d’Agrigente, le troisième en importance en Sicile après ceux de Palerme et de Syracuse, on retrouve une agora grecque dans un très bon état de conservation.

Commentaires (3) Trackbacks (0)
  1. Je vous félicite et vous remercie pour ces quelques instants magiques .
    C’ est une ville qui me fait rever étant donné que mes ancetres y ont vécu.
    De plus,une rue porte leur nom en souvenir du statut de mon arrière grand-père dans la ville à l’ époque.
    Ce fut le Baron Nicastro.
    Si Dieu le veut,je m’ y rendrais en septembre prochain.
    Effectivement,je n’ ai pas encore eu l’ occasion ni les moyens de visiter cet ile majestueuse.
    Je suis née en Belgique et j’ avoue avoir commencer à visiter l’Italie depuis novembre 2008.
    Adolescente,j’ ai vu le Val d’ Aoste;en 2008 Rome et Campobasso;et en septembre 2009 sous la pluie la Sardaigne.
    Pour terminer,vos photos donnent plus que l’ envie de visiter la Sicile car elles sont à mes yeux féeriques.
    Merci pour ce récit historique enrichissant.
    Madame Boi Carmela.

  2. Bonjour, j’espere que ce petit coin de paradis vous a plu ! tout ce ce vous raconter est vrai ! et je crois que je ne cesserais jamais d’y retourner ! cela fait maintenant plus de 20 ans’y ai mon rendez vous du mois d’aout et plus quand le temps me le permets heureux de savoir que cet endroit est un pur bonheur ! et surtout si vous allez par la, aller au devant des gens et ce sera encore meilleurs !mes amitiés,

  3. Très intéressant voyage et merci pour les commentaires.

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