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« Qui n’a jamais vu Séville, n’a jamais vu de merveilles »

Texte et photos Jacques Lanciault

Ce texte constitue le 13e d’une série de reportages sur un magnifique voyage en Espagne effectué en septembre 2005

L’impressionnant clocher de la Giralda, la Cathédrale de Séville en Espagne.Trois nuits dans la même ville, trois nuits au même hôtel. Pour une première fois depuis dix jours, nous rangeons nos vêtements ailleurs que dans nos valises. Quelle joie!

Mais, après deux jours complets à côtoyer les Sévillans et leur ville, force nous est de constater que c’est nettement insuffisant. Encore ici, le temps manque. Séville aurait mérité beaucoup plus, il y a tant à voir : l’Alcazar royal, l’ancien quartier juif de Santa Cruz aujourd’hui investit par l’aristocratie Sévillane, ses rues étroites, sa rue des bizous, les magnifiques patios privés où murmurent les fontaines, la maison de Pilate, le site de l’Exposition universelle de 1992 où subsistent encore plusieurs pavillons, le fabuleux parque Maria Luisa, ses jardins, ses ponts, ses blanches colombes, la place d’Espagne, la place d’Amérique, les berges du Guadalquivir et les petits ponts qui le traversent, la Vierge de la Macarena, le sensuel flamenco, les immenses haciendas où l’on se consacre à l’élevage des taureaux de combat, la plaza de toros de la Real Maestranza, les innombrables bars à tapas et bien évidemment l’imposante Giralda, la troisième plus grande cathédrale d’Europe. Vraiment, une ville de merveilles. À voir, et surtout à revoir un jour.

Sur la photo ci-dessus, l’impressionnant clocher le la Giralda, la Cathédrale de Séville en Espagne, se dresse sur la toile azur dressée par le ciel de la capitale de l’Andalousie. Seules les cathédrales Saint-Pierre de Rome et Saint-Paul à Londres sont plus grandes que la Giralda.

N. B. — Pour agrandir les photos, il suffit de cliquer sur celles-ci.

Céline pose pour la postérité sur un pont qui enjambe le fleuve Guadalquivir.

Séville est la capitale de la province qui porte son nom et également le siège du parlement d’une des 17 communautés autonomes d’Espagne, l’Andalousie. Cette merveilleuse cité située dans la région sud-ouest de l’Espagne, s’érige au cœur de la plaine fertile du Guadalquivir, un fleuve déjà croisé à Cordoue et qui se jette, à son embouchure ouest, dans l’océan Atlantique.

La Torre del Oro se dresse comme une sentinelle sur les rives du fleuve Guadalquivir à Séville en Espagne.

Au fil des ans, grâce à son port, Séville a joué un rôle de premier plan dans les relations commerciales espagnoles avec l’étranger, plus particulièrement avec l’Amérique, et ce, en raison notamment du monopole du commerce avec les colonies que le pouvoir royal lui a accordé du XVe au XVIIIe siècle. À cette époque, Séville était la grande gardienne des trésors rapportés des Amériques par les conquistadors. Le pactole était conservé dans la Tour d’Or, la Torre del Oro (notre photo). Encore aujourd’hui, l’achalandage du port de Séville est l’un des plus importants de la péninsule ibérique, même si l’ère des conquistadors est bel et bien terminée.

Les fortifications romaines et mauresques sont encore bien présentes à Séville.

Après les Phéniciens, les Grecs et les Carthaginois, les Romains se sont installés sur les rives du Guadalquivir, eux qui nommaient ce fleuve le Bétis. La présence romaine dans la région immédiate de Séville se prolongea sur un peu plus de sept siècles, puis les barbares chassèrent les descendants de Jules César d’Espagne. Plus tard, aux Wisigoths, qui s’étaient rendus maîtres du territoire, succédèrent les musulmans, de 711 à 1248, eux qui ont laissé sur la ville une empreinte indélébile, et ce, avant que le roi Ferdinand III ne fasse de Séville une des étapes de la Reconquête.

Aujourd’hui, la population totale de l’Espagne se chiffre à plus de 40 millions d’habitants, alors qu’à elle seule Séville compte quelque 700,000 Sévillans, ce qui en fait la 4e ville d’Espagne en importance à ce chapitre.

Le pont Alamillo qui enjambe le Guadalquivir, vue du sommet de la Giralda. Séville, Espagne.

Devenu une grande ville moderne, Séville est pourvue de sept ponts, d’une salle d’opéra dotée de 1,600 places et qui offre la meilleure acoustique en Europe, d’un aéroport international, de plus d’une quarantaine d’hôtels, d’une infrastructure routière construite ou reconstruite spécifiquement pour l’exposition universelle de 1992. D’ailleurs, sur la photo ci-contre on voit, du sommet de la Giralda, le pont Alamillo, qui enjambe le Guadalquivir, et qui a été construit spécialement pour l’Exposition internationale de Séville de 1992. Il a considérablement contribué à améliorer les infrastructures routières de la capitale andalouse à la veille de l'exposition universelle. Créé par l'artiste et architecte Santiago Calatrava, le pont est vite devenu un monument du patrimoine architectural de Séville. L’artiste-architecte s'est inspiré d'un voilier en concevant ce pont qui ressemble à une harpe géante.

Vue des pavillons de l’Exposition internationale de Séville de 1992.

Cette exposition internationale, la seconde à avoir lieu dans la capitale de l’Andalousie a également permis de fêter le 500e anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. De la première exposition tenue en 1929, L´Exposition Ibéro-américaine, il reste encore certains pavillons qui sont aujourd’hui utilisés par l’administration espagnole.

Séville est une ville chaleureuse à plusieurs aspects. Un de ceux-ci est certes son climat. L’hiver, le mercure oscille entre 16 et 20 degrés Celsius, l’été, il voltige entre 42 et 47. Ouf! C’est le coin le plus chaud d’Europe. C’est d’ailleurs en partie ce qui justifie la grande animation des nuits sévillanes.

La région étant fertile, le climat clément à l’année, les Sévillans produisent donc en conséquence : de l’huile d’olive, du liège, une grande variété de fruits, du vin et des huiles essentielles.

Au terme d’une danse endiablée, une danseuse de flamenco de Séville salue la foule.

Adorée de la gent touristique, Séville transcende sa sensualité entre autres par le flamenco. Au fil des ans, les plus grands danseurs de flamenco au monde ont brillé sur les scènes sévillanes. Ah! le flamenco, ce chant profond où le chanteur, le danseur ou la danseuse et les guitaristes, souvent gitans, fusionnent dans un élan de passion sur scène.

La belle andalouse a également inspiré quatre opéras connus mondialement : Le Barbier de Séville, Don Giovanni (Don Juan), Le mariage de Figaro et Carmen.

Vue d’ensemble de la Cathédrale de Séville en Espagne : la Giralda.

Séville, c’est aussi la capitale religieuse de l’Espagne. On y retrouve la plus grande cathédrale gothique au monde : la Giralda. Construite sur le site d’une ancienne mosquée où le minaret (d’une hauteur de 97 mètres) a été conservé, la Cathédrale tire son nom d’une statue-girouette (de quatre mètres de haut et lourde de plus d’une tonne) qui coiffe justement le sommet de l’ancien minaret devenu clocher. L’immense tour carrée de cet ancien minaret (notre photo ci-dessous) a été érigée par les Maures… sur des fondations romaines.

La Giralda. L’ancien minaret devenu clocher. Séville, Espagne.

La Cathédrale de Séville, qui a été mise en chantier en 1402, est le lieu de dernier repos du roi Ferdinand III et de son épouse. Celui-ci, qui fut canonisé au XIX siècle, a libéré Séville de l’emprise des Maures en 1248. Un autre personnage célèbre est inhumé dans la Giralda : Christophe Colomb. La dépouille du découvreur de l’Amérique n’a été amenée à Séville qu’au début des années 1900. À sa mort, dans la déchéance, son corps avait été plutôt envoyé à Saint-Domingue, puis par la suite à Haïti.

Hacienda Dehesa la Calera, Séville, Espagne.

Les grands propriétaires terriens de Séville et de ses environs sont passés maîtres dans l’art d’élever des taureaux pour le combat. Nous avons eu l’immense chance d'être reçus à l’hacienda Dehesa la Calera et de visiter un de ces élevages. (reportage à venir).

Plaza des toros, la Maestranza, Séville, Espagne.

Évidemment, qui dit taureaux de combat, dit corridas. À Séville on retrouve le deuxième stade en importance en Espagne pour les corridas, un lieu où 18,000 spectateurs peuvent prendre place : la plaza de toros de la Real Maestranza. C’est ce stade que nous apercevons sur la photo ci-contre, et ce, encore une fois vu du sommet de la Giralda.

À suivre… reportages, photos et film sur les Alcazars royaux de Séville, sur le quartier juif de Santa Cruz, sur la maison Pilate, sur le parque Maria Luisa, sur notre visite à l’hacienda où on élève des taureaux de combat et finalement sur un merveilleux spectacle de flamenco auquel nous avons assisté.

Entrée des jardins d’un des palais royaux de Séville.

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  1. Usually I do not post on blogs, but I would like to say that this article really forced me to do so! Thanks, really nice article.

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